La Malle aux Livres

23 idées de lectures pour vos vacances.

12 juillet 2018

L’été serait propice à la lecture. Sans doute la décontraction des vacances, des congés. L’envie de souffler et de s’évader. 23 idées de lectures pour passer un bel été…

La chambre des merveilles – Julien Sandrel

Thelma, maman solo et femme très dévouée à son travail, voit son monde s’écrouler, le jour où Louis son fils unique se fait renverser par un  camion sous ses yeux.

A l’hôpital, le médecin en charge de Louis, sceptique quant au pronostic vital de l’enfant, annonce, une date fatidique. Si Louis ne donne pas de signe clinique ou n’est pas sorti du coma au bout de 4 semaines, le protocole cessera.

En tant que parent, la détresse de Thelma est palpable. On la ressent, on a mal, affronter une possibilité tragique,  n’est pas concevable…Que ferions-nous à sa place, pas grand chose. tout comme elle au début j’imagine…Puis vient un soutien inespéré, sa propre mère qui au fond n’a jamais cessé de veiller de loin sur elle, comme autrefois elle s’occupera d’elle et reprendra ce doux surnom de « petit chaton chaud »… Au bout de quelques jours,  Thelma pénétrera dans l’antre de son fils, et découvrira le « cahier des merveilles » . Un cahier de souhaits qui sont cher à Louis et qu’il espère un jour réaliser…(Tous ces souhaits sont faisables…) C’est ainsi que Thelma prendra l’initiative d’exaucer les vœux de son enfants en réalisant chacun d’entre eux en. Lui contant chaque récit via une caméra, avec l’ultime espoir, que dans son sommeil profond celui-ci l’entende et lui revienne.

En effectuant ces démarches. Thelma va prendre conscience de tout ce qui lui a échappé jusqu’à présent. De ses priorités et des choses inutiles dont il faut se débarrasser…

A la fois poignant, et hilarant ce roman est une belle découverte. Il est vrai que peu importe notre âge nous devrions songer à l’idée d’écrire à notre tour, notre propre « cahier des merveilles »…

La pâtissière de Long Island – Sylvia Lott

Novembre 1932, Marie est envoyée à New York par ses parents pour l’éloigner de l’homme qu’elle aime. L’instituteur de ce petit village de Frise orientale (Allemagne du Nord), Arthur, qui a cet immense défaut d’être protestant. Elle rejoint ses frères partis vivre le rêve américain quelques années auparavant. Marie va découvrir la vie américaine et la petite paysanne va devenir une jeune femme qui va apprendre à s’émanciper et à grandir dans un pays dans lequel tous les rêves sont permis. Pendant 3 ans , elle va écrire à son amour de jeunesse avec une candeur et un idéal amoureux qui peuvent nous paraître désuets. La rencontre avec Walter, riche héritier d’un empire agro-alimentaire, va chambouler sa vie. Et puis surtout, elle va apporter au café de ses frères un succès incroyable en cuisinant le  fameux « cheesecake » de sa tante Frieda dont elle seule est dépositaire de l’ingrédient qui rend les gens heureux et qui le rend unique.

Mai 2003. Rona accompagne son grand-père Jonny à Long Island, pour fêter les 90 ans de Marie. En pleine crise sentimentale et professionnelle, elle espère que ce voyage lui permettra de se changer les idées. Auprès de Marie, elle va apprendre à reconsidérer les priorités de sa vie et sa façon d’envisager l’avenir. Le récit de la vie de sa grande tante la replonge dans ses racines, sa propre histoire, Et quand marie décide de lui donner la recette de son fameux gâteau, comme un secret à ne jamais révéler, elle voit sa vie prendre un nouveau tournant.

La couverture de ce roman peut laisser croire à une histoire guimauve, légère… Or elle ne l’est pas. Sylvia Lott aborde des sujets graves comme la politique, les préjugés, le racisme, la montée du nazisme, les difficultés des immigrés, la Prohibition… Avec ce petit plus délicieux qu’est l’effet de son cheesecake sur le monde qui entoure les héros de ce roman à déguster sans tarder!

 La meilleure façon de marcher est celle du flamand rose – Diane Ducret

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’écriture fluide, ironique, et parfois sarcastique de Diane Ducret. Celle-ci nous livre un roman personnel. Ou pas…? Dès l’instant où Enaid (palindrome de Diane je suppose…) reçoit un coup de fil du médecin de sa mère, l’informant que celle-ci se trouve en soin palliatif et qu’il lui reste peu de temps à vivre. Enaid va nous décrire le lien brisé, il y a fort longtemps, entre une maman et sa petite fille. Un papa  aux abonnés absent également. Puis la garde attribuée aux grands parents paternels.

On découvrira une enfant, une adolescente puis une adulte  fragile et vulnérable qui fit  les 400 coups pour réclamer un peu d’attention, et qui aurait pu baisser les bras une paire de fois… Malgré les nombreux aléas de la vie, celle-ci  a su puiser avec le temps la  force et le courage pour se construire. Un roman bouleversant, qui nous fait également réfléchir sans être  pathétique.  (Vanda)

 

C’est le cœur qui lâche en dernier – Margaret Atwood

Sans surprise j’ai découvert cette auteure grâce à « La servante écarlate« . Ce roman est dans la même lignée. A la fois sarcastique et  dérangeant, en  transposant à l’extrême, dans une actualité parallèle les vices et les dérives de notre société actuelle.

Projet ambitieux et aguichant, dans une réalité chaotique. Etats-Unis après une énième crise, des personnes hautement placées, décident pour relancer l’économie, de créer des villes basées sur des modèles idéalistes, bien précis régis selon des règles établies et une sélection très élitiste d’individus. Ainsi un mois sur deux les habitants vivront à tour de rôle dans une maison cossue et ne manqueront de rien dans la charmante ville de Consilience… Le mois suivant ils seront incarcérés dans une prison Positron et travailleront avec des rôle et actions bien définis. Stan et Charmaine jeune couple, vont signer un engagement dans ce monde dystopique sans réfléchir… Un mois sur deux ils échangeront leur vie avec un autre couple. Mais tout bascule le jour où Stan tombe sur un mot langoureux dissimulé derrière le frigo, par une certaine Jasmine occupante des lieux durant son absence et qui va le rendre fou de désir…  (Vanda)

 

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Ces gamins aux godillots crottés qui jouent dans une rue ou une cour que l’on devine en mauvais état, m’ont fait plusieurs fois m’arrêter devant ce livre… Et puis un jour de faiblesse, j’ai craqué.

Et puis j’ai craqué une seconde fois. En le lisant.

Un de ces coups de foudre magistral qui n’arrivent pas souvent.

Quand j’étais ado, j’avais été fascinée par « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone. Des mômes qui créent leur bande en revendiquant leur indépendance, la pauvreté, la misère des quartiers juifs et italiens de New York, la prohibition, la prostitution, les règlements de compte violents, l’arrivée des drogues dures et son trafic, l’amour et les violences faites aux femmes… Tout ce que vous retrouverez dans ce livre.

A quelques différences près. Et surtout la non des moindres: Luca Di Fulvio donne à son héros, Christmas, immigré italien arrivé à New York alors qu’il n’était qu’un nourrisson, un don. Celui d’inventer, de broder des histoires et de les raconter… Un don qui lui permettra d’ouvrir les yeux dans ce monde hostile et sans concessions. Un don qui lui permettra de s’échapper de ces rues… Tout en y restant…

Luca Di Fulvio raconte avec une aisance incroyable ces vies arrachées à l’Italie. Ces vies dans les bas fonds new yorkais mais qui sont cependant riches de tant de choses. J’ai été émue, vraiment, par l’histoire de Cetta, la mère de Christmas, arrivée à l’âge de 15 ans sur le sol américain et qui se prostituera une bonne partie de sa jeune vie pour subvenir aux besoins de son fils sans père, qu’elle aime plus que tout. Jamais elle ne l’abandonnera, lui accordant une confiance sans bornes, un amour sans limites. Et lui le lui rendra bien… Aurait-il vécu une telle vie sans l’Amour de sa mère? Sans son attachement à voir devenir son fils, quelqu’un de bien?

Ce livre est une pépite. A lire absolument.

 

 Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie – Virginie Grimaldi

Il y a quelques années j’avais lu le premier livre de Virginie , je l’avais trouvé sympathique, le parallèle avec les musiques de Golman était amusant…

Le weekend dernier j’avais envie d’un roman frais…Naturellement, j’ai pris ce livre en tête de gondole…Le début fut quelconque…Une femme, dont l’époux souhaite mettre un terme à leur vie maritale va se mettre en tête de le récupérer au travers de lettres, relatant les bons moments de leurs vie de couple. De leur rencontre, leur tout premier toit, le mariage et sa demande burlesque, à l’enfant tant attendu…

On va se prendre d’affection pour ce couple, qui n’en est plus un. Nous chercherons aussi, des explications du pourquoi, du comment ils en sont arrivés là. Et puis l’époux, prendra à son tour la parole, et l’on comprendra mieux leur histoire. Il faut être deux pour s’aimer avec un grand A. Et une certaine vérité s’impose également: on est souvent à deux à se déchirer, lorsque sonne le glas de la séparation.

Au fil des pages qui se tournent comme un rien, je fus happée par la profondeur des personnages…Je me pris une claque en plein visage, une belle leçon sur la perception que l’on a de soi, de celle que l’on renvoie aux autres aussi…Du jugement  qu’on émet après de simples suppositions… Des non-dit et des mensonges qu’on occulte volontairement… Des choses que l’on voudrait parfaites mais qui au fond ne peuvent pas l’être…

Une ode à la famille magnifique. Je remercie Virginie pour ce livre très personnel, (mais non autobiographique) pour ses confidences, et ce partage émotionnel. (Vanda)

Le jeune fille et la nuit – Guillaume Musso

En un weekend ce monsieur a joué avec mes nerfs… Purée mais comment fait-il, après tant de best-seller pour maintenir en haleine le lecteur, et ce, d’une façon magistrale?

Thomas le narrateur m’a baladée, entre les années 90 et l’année 2017. Que de souvenirs avec ces références cinématographiques , musicales et sportives ( je suis plutôt d’accord avec Thomas, l’OM est un grand club et la coupe d’Europe de 93 sera la notre à tout jamais…). J’ai adoré également sa théorie sur « la malédiction des gentils. »

Mais si le passé vient frapper Thomas, c’est également pour lui rappeler qu’autrefois, Vica la jeune femme dont-il était éperdument amoureux, s’est enfuie avec son professeur de philo. Et parallèlement, lui et ses amis ont commis un crime, un meurtre. Inexorablement, 25 ans après leur terrible et lourd secret menace d’être révélé… (Vanda)

 

Vers la beauté – David Foenkinos

Un roman en hommage aux femmes, écrit et narré par un homme.

Antoine Duris, éminent professeur des beaux arts à Lyon se réfugie dans un musée parisien,en tant que gardien de salle. Un changement de vie radicale, décision prise sur un coup de tête, suite à un  drame personnel dont personne ne connait la raison, bien au delà de la rupture sentimentale qui l’a brisé, se cache un lourd secret bien dissimulé.

En compagnie de la charmante RH du musée, il va retourner à Lyon affronter ses démons et comprendre d’où vient son mal être et sa dépression.

Dans ce roman, j’ai retrouvé la ribambelle d’émotions que « La délicatesse » avait provoqué en moi…Livre qui fut ma révélation littéraire en 2014. S’en suit Charlotte bien évidemment.

David, dans ce roman aborde différents sujet tantôt avec humour, tantôt avec une profonde sensibilité et une certaine justesse là où il faut. A la fin on se questionne, on s’interroge tant les émotions que ce livre nous procure nous touchent. On pourrait comparer celui-ci, à  une oeuvre au musée qui nous trouble et nous laisse sans voix,  par sa beauté ou sa différence qui ont attiré toute notre attention.

 

 Ta putain de vie commence maintenant – Louise Pasteau

Alors autant vous le dire immédiatement, ce livre est la lettre ouverte d’une professeure destinée à nos charmants  adolescents. Une sorte de livre feel good écrit avec un franc parlé et un langage familier, parfois cru, que seuls eux comprendront.

Tout y évoqué, les potes, les cours, la transformation du corps… Ils y trouvent des conseils, des anecdotes…Bref tout..! Je l’ai trouvé fort intéressant. Car cette période de la vie n’est pas simple, elle fait de nos loulous l’adulte de demain. Bon je ne dis pas que ce livre est la réponse à nos/ leurs  questions si je puis dire, cependant il interpelle avec son titre accrocheur et ses couleurs vives. Et on s’aperçoit malgré tout que l’adolescent d’aujourd’hui n’est pas si différent de celui d’hier… Ce qui change en réalité, c’est notre perception… Il faut se rendre à l’évidence, à notre tour, nous sommes devenus des adultes mais surtout des « parents ».

 

Tension extrême – Sylvain Forge

La place du numérique dans nos sociétés. Et si un jour nos appareils connectés se mettaient à obéir à des hackers sans foi ni loi, pouvant même tuer à distance? Ceux ci prendraient possession de tous les systèmes informatiques et feraient tomber la France dans un chaos terrifiant. Est-ce possible?

Sylvain Forge nous pose cette question à travers un polar intéressant qui met en avant l’emprise de l’informatique et du numérique dans nos vies.

Par vengeance et par profonde amertume, un hacker lance des cyber-attaques et décide de viser la PJ de Nantes. Il a créé un logiciel qui semble être doté de réflexion et qui prend des décisions seul. Sans commande humaine et donc une émotivité glaciale. Enfin… Non! un appareil est dénué d’émotivité… Sauf que celui là est un programme d’une rare intelligence et que de sa seule décision dépend l’ordre ou le désordre dans notre pays…

Quand les flics éteignent toutes les machines connectées de leurs bureaux et se lancent dans une chasse à l’homme, à l’ancienne, sans aucun outil informatique, que se passe-t-il? Un polar intéressant, au rythme soutenu du début à la fin… A cause de qui je salue en souriant mon ordi à chaque fois que je l’allume et lui glisse des mots doux… Sait on jamais…

Quatre murs et un toit –  Camille Anseaume

Je remercie Camille de se remémorer le côté symbolique qu’évoque pour elle,  la  maison familiale de son enfance avant que celle-ci ne soit vendue. Au « Soixantedouzealléedelaprimevère »  je me suis baladée avec nostalgie et sourire dans chaque recoin de la maison. C’est fou, le nombre incalculable de souvenirs  gravés pour toujours dans chaque pièce… J’y ai découvert une famille  ordinaire et touchante à la fois, avec son quotidien qui la rend unique.

Le plus extraordinaire dans ce roman c’est que vous mêmes, lecteurs, vous ravivez votre propre passé, avec un certain émoi. On voit Camille grandir au fil des pages, grâce aux nombreux flasback, avec en toute discrétion un adorable clin d’oeil à son tout premier roman « Un tout petit rien ». ( Vanda)

 

 

Jour J – JP Pécau / F. Duval / F. Blanchard

Je suis depuis longtemps un amateur de BD… Les dernières que j’ai achetées font partie d’une série que je ne connaissais pas: « Jour J ». Le principe est simple: et si, sur la base d’un simple changement, l’Histoire tel que nous la connaissons, avait pris un autre chemin ? C’est le principe bien connu en science-fiction, appelé « uchronie » (il faudra que je vous parle un jour de Philip Kindred DICK et du « Maître du haut château », un chef d’œuvre),

Dans les 2 tomes de l’histoire que j’ai lue « Sur la route de Los Alamos » et « Opération Downfall », l’auteur imagine que Robert Oppenheimer (le « père » de la bombe atomique américaine dans le cadre du « projet Manhattan« ), désabusé par les conséquences de ses recherches, fuit le centre de Los Alamos (où a été conçue la bombe A), et rencontre Jack Kerouac (auteur de « Sur la route ») dans un bar. La bombe atomique ne sera pas créée, Hiroshima ne sera pas bombardée… Un futur différent s’ouvre.

La rencontre avec Jack Kerouac et son ami Neil Cassady est surprenante, ainsi que celle d’Elliot Ness (l’incorruptible… ).

Si vous aimez revisiter l’Histoire, ces BD sont pour vous !! Très bien ficelé et raconté !! (Marc)

A la lumière du petit matin – Agnès Martin Lugand

Celui qui me parle de roman guimauve je l’assassine! Ce livre est un bijou, une bouffée d’oxygène. L’écriture d’Agnès est fluide, et les pages se tournent d’elles mêmes…  Ce roman remue, et fait réfléchir… C’est fou comme les imprévus de la vie nous bousculent au moment où nous sommes vulnérables…J’ai passé deux jours intenses et profonds, dans la vie d’Hortense. J’ai repoussé jusqu’à très tard dans la nuit les 20 dernières pages de ce roman. Parce que je l’avoue je redoutais la fin… Je ne vous la raconterai pas, je peux simplement vous dire que mes larmes ont coulé…

Le destin, d’Hortense professeur de danse à Paris, chavire lors d’une banale chute, la contraignant ainsi au repos afin de préserver sa cheville . Face à elle même, durant sa convalescence, elle n’aura pas d’autres choix que de se confronter à sa réalité, ses mensonges et ses illusions.

En totale immersion,  je suis partie avec elle dans le Lubéron. Les yeux fermés grâce à Hortense, je voyageais, à mon tour. Je posais mes valises dans la charmante demeure, de « La bastide » occupée jadis, par ses parents tous les deux décédés dans un accident de la route, 4 ans plus tôt . Le mistral sur ma joue, j’humais dans mes songes, l’air frais et pur de la nature, je m’imaginais le panorama assise sur la terrasse en entendant les premiers chants qu’émettaient les cigales… Spectatrice, au fil de l’histoire, j’ai vu Hortense s’apprivoiser à nouveau, affronter ses peines…Se retrouver et s’aimer. S’apercevoir que l’on mûrit et que nos aspirations et nos ambitions divergent avec le temps.

Il m’est arrivé, d’avoir  envie de prendre Hortense dans mes bras, la consoler également, lui dire que je la comprenais…Mais je savais que quelque chose en elle, ce fameux soir où tout a basculé à Paris,  s’était ravivé.

J’ignore comment Agnès s’y est prise, mais tous les personnages, sans exception sont attachants. Tous je vous assure, jusqu’au plus méprisant… Pour moi, « A la lumière du petit matin » est son roman le plus abouti, le plus beau. (Vanda)

Un clafoutis aux tomates cerises – Véronique de Bure

C’est l’histoire de Jeanne, 90 ans, qui se met à écrire son journal intime. Elle y pose sa vie quotidienne, ses histoires passées, sa vie de famille, ses après-midi avec ses amies, ses états d’âme, ses espoirs, ses incompréhensions de la vie moderne, ses tristesses, et son amour pour son mari décédé, René… Chaque chapitre est un délice de tendresse et d’émotions. Car si Jeanne sait nous faire sourire, elle sait surtout nous émouvoir. Nous attendrir. Chez cette dame âgée, il y a un petit bout de nos grands mères à nous. Des petits plats mijotés, des escapades matinales dans le jardin, des gâteaux faits maison, des châles tricotés, des remarques détonantes sur la vie en général et la leur en particuliers… On imagine le parfum du savon à l’eau de Cologne, l’odeur de la terre mouillée du jardin, les bonbons donnés en cachette, les vieux réveils intemporels,  les draps toujours bien tirés… Un bout de leurs vies. Mais un bout des nôtres surtout. Un livre qui fait du bien, nous fait soupirer de nostalgie et nous fait aimer nos aïeux, ici ou ailleurs, encore plus, si tant est que cela soit possible… A découvrir absolument.

 

 L’instant précis où les destins s’entremêlent – Angélique Barbérat

C’est l’histoire du rock star, meurtri par le décès de sa mère sous les coups violents de son père, alors qu’il n’avait que cinq ans.

C’est l’histoire de Coryn épouse et mère modèle, totalement soumise à un homme aux apparences parfaites.

Un accident, deux vies qui basculent, deux vies qui n’étaient  jusqu’alors, pas amenées à se croiser.

Va naître un amour que les deux protagonistes se refuseront à admettre, puis à vivre … Mais combien de temps, peut-on se mentir, lorsque des liens qui paraissent jusqu’alors impossibles se sont tissés…? Une romance oui mais pas que, car Angélique Barberat dénonce avant tout le calvaire des femmes à travers le monde, qui décèdent chaque jour sous la violence d’hommes possessifs, jaloux et méprisants. L’emprise qu’ils ont sur elles. Et comment certaines d’entres elles arrivent à fuir, et essayent de s’en sortir… Peu importe d’où l’on vient, qui on est, la violence conjugale touche tous les milieux sociaux. (Vanda)

L’enfant perdue – Elena Ferrante

Enfin! Dire que je l’attendais avec impatience est un doux euphémisme. Je trépignais. Véritablement. C’est parfois troublant de réaliser combien des personnages de roman font partie intégrante de votre vie. Lenu et Lila sont de ceux ci. Il nous arrive parfois d’en parler avec mes amies qui ont lu. Comme si nous les connaissions. Comme si relater leurs histoires les rendait plus présentes. En ouvrant ce livre, j’ai pris une grande inspiration, sachant que ce serait le dernier. Et puis j’ai lu. Les premiers chapitres ont été déstabilisants. Parfois longs. Certaines choses semblaient m’échapper. Et puis la magie ferrantesque opère. Nous voici à nouveau à Naples. Avec elles. Elles nous bousculent et nous font entrer dans leurs vies avec une évidence déconcertante. C’est un peu comme une réunion de famille. Nous râlons, nous sourions, nous nous agaçons, nous ne disons mot, nous observons, nous jugeons… Et puis, le temps de réaliser qu’elles ont un peu trop grandi, nous refermons le livre. Terminé. Puis nous le réouvrons. Le refermons. Le feuilletons. Puis reprenons les autres. Comme pour nous assurer qu’elles sont toujours là. Comme si nous voulions nous convaincre de leurs présences. Or, cela, nous ne pouvons en douter. Elles sont bel et bien là. Et le resterons toujours. Une oeuvre magistrale à découvrir ou à terminer de toute urgence. 

Les Délices de Tokyo – Durian Sukegawa

Quand Tokue, une vieille dame aux doigts difformes, propose ses services de pâtissière à Sentaro, pour l’aider dans sa petite échoppe, il pense à une blague d’une grand-mère à la limite de la sénilité. Puis, il se laisse tenter. Ses ventes vont  alors augmenter comme jamais. Le secret des gâteaux délicieux  à la pâte de haricots rouges de Tokue? Elle écoute la voix des haricots en les fabriquant… Doucement, Sentaro va se laisser apprivoiser par cette vieille dame et son côté loufoque mais terriblement touchant. Wakana, une lycéenne qui vient quotidiennement manger ces pâtisseries va elle aussi tomber sous le charme Tokue et donner une touche de fraîcheur à ce duo improbable…

Elle va, au fil des jours,  apprendre à son « patron » à regarder la vie autrement et quand  elle décidera de plus venir travailler, il va, lui, chercher à comprendre ses mystères en partant à sa recherche.

Quand il la trouvera, souriante, chez elle, au milieu d’un lieu regorgeant d’histoires, il va faire un saut dans cette partie obscure de l’histoire du Japon. Et nous entraîner avec eux.

C’est beau. C’est juste. C’est émouvant. C’est poétique. Bref. C’est à découvrir véritablement.

La  tresse – Laetitia Colombani

Si comme moi l’été dernier, vous aviez adoré la chronique de Nath que je vous invite à lire, et qui vous a donné envie de découvrir ce roman. Il est, cet été, disponible en format poche. Une histoire touchante sur trois femmes défiant l’impossible jusqu’alors, pour changer leurs vies futures et qui seront liées sans jamais le savoir de la façon la plus surprenante…

 

 

 

Belgravia – Julian Fellowes

Quand la jeune Sophie Trenchard se rend en compagnie de ses parents, riches entrepreneurs, au bal si convoité de la Duchesse de Richmond, elle ignore que leurs destins vont basculer. Le jeune homme qu’elle aime part ce même soir pour Waterloo et sa célèbre bataille. 25 ans plus tard, les Trenchard ont emménagé dans le luxueux quartier de Belgravia au centre de Londres, très prisé par l’aristocratie britannique, qui méprise leur incroyable réussite sociale. La vie semble se dérouler paisiblement jusqu’à ce qu’un secret qu’ils pensaient enfoui, émerge du passé…

Je n’ai pas lu Downton Abbey, écrit par le même auteur, ni vu la série du même nom. Mais Julian Fellowes nous entraîne dans un drame familial et social du XIXéme siècle, aussi passionnant que bien écrit. La vie telle qu’elle était chez ces aristocrates est superbement bien décrite. Tout comme celle des bourgeois « parvenus » qui non contents d’avoir une réussite sociale insolente, ne peuvent s’empêcher de lorgner avec avidité sur les bals donnés par les gens de sang noble. Aucun manichéisme facile cependant. Ces deux catégories sociales nous livrent des personnages auxquels on pourrait ressembler… Humains, touchants, perdus, souffrants… aux traumatismes différents mais ô combien semblables…

Un fils en Or –  Shilpi Somaya Gowda

Ce roman je l’ai commencé l’été dernier, puis posé sur un coin de ma table de chevet. Entre temps je l’ai prêté à ma grand mère et en moins de quinze jours, celle-ci l’a dévoré, me répétant régulièrement à quel point il était magnifique. Il y a peu j’ai donc décidé de  (re)prendre sa lecture, et étrangement en trois jours je l’ai achevé. Mamie avait raison les premiers chapitres sont longs, mais essentiels pour comprendre les personnages, s’imprégner de deux cultures totalement opposées.  Voyager entre l’Asie et l’Occident. Apprendre et découvrir les coutumes, les cultures, les traditions en tant qu’émigrant ou habitant. La beauté et paradoxalement la médiocrité de chacune d’entres elles…Vivre l’entrée dans l’age adulte de deux amies, provenant de deux castes opposés dans une Inde profonde. Partir avec Anil jeune et brillant médecin aux Etats Unis  afin d’y achever son internat en médecine  dans un hôpital prestigieux à Dallas. Rester en Inde avec Leena issue d’une famille pauvre, mais très aimante, souhaitant pour son bien être, la marier… Il s’avère malheureusement que, l’homme choisit sera odieux et peu scrupuleux envers la jeune femme et ses parents… S’en suivent des destins croisés et une fin splendide sans sombrer dans le mélodramatique. A noter que ce roman convient également aux adolescents, puisque celui-ci à reçu récemment le prix des lycéens chez Folio.  ( Vanda)

 

La nuit a dévoré le monde – Pit Argamen

Quand on est en mode zombies, on est en mode zombies.

Franchement? Je ne pensais pas aimer ce genre de lecture. Moi les trucs glauques avec ces créatures immondes, j’aime pas. Honnêtement, le clip « Thriller » de Mickaël Jackson m’avait traumatisée. Puis vous connaissez la suite

En discutant avec ma bibliothécaire de mes pérégrinations avec mon fils, elle me dit « Tiens tu devrais lire celui ci. Il est vraiment bon! » Ok. J’essaie.  Si la nuit a dévoré le monde, moi j’ai dévoré ce bouquin.

Une soirée de grosse beuverie, Antoine s’endort dans la bibliothèque, isolé de tous. A son réveil, vision cauchemardesque. Du sang partout. Des cadavres qui jonchent les rues. Et surtout… Des zombies qui errent à la recherche d’humains à dévorer. Antoine va s’enfermer dans cet immeuble et observer le monde qui a basculé, du troisième étage de cet immeuble parisien. Il va apprendre à survivre seul. Si pendant les premiers temps, il se laisse aller à un fatalisme certain, il va finalement appréhender les choses autrement et organiser une nouvelle vie sur ces toits et à travers ses souvenirs, et ses espoirs. Parce que oui, il y a de l’espoir. Partout et tout le temps.

Pit Argamen / Martin Page nous livre ici un roman terrifiant, qui non seulement est brillant mais qui pose des questions sur notre société et son fonctionnement. Et si finalement les zombies étaient une image d’une société envahissante, exigeante, nous dévorant à petit feu… Ne faudrait-il pas la réinventer totalement? Ce que va faire Antoine à sa façon, en analysant les erreurs passées avec une lucidité troublante. A lire absolument et pas que pour les adeptes de ce genre!!!!

La ferme du crime – Andrea Maria Schenkel

23 idées de lectures pour vos vacancesEn 1950, toute une famille est découverte massacrée dans une ferme isolée dans la froide campagne allemande. Personne n’a échappé à cette tuerie furieuse. A chaque chapitre, une nouvelle personne témoigne. De la vie de ces gens , de leurs habitudes, de leurs réputations… Peu à peu les langues se délient. Rancœurs, jalousies, histoires de voisinage… Rien ne nous est caché de la vie d’une famille pas si innocente que cela. Entre détails sordides et récit passionnant, l’auteur nous attire dans un monde glacial, dénué de toute empathie, dans lequel seule la taille des terrains de la ferme est importante. Dans lequel certaines personnes ont moins d’importance et de valeur que le bétail. Avec une narration comme des dépositions policières ou des « docus fiction ». Andrea Maria Schenkel  nous happe dans ses filets et ne nous lâche plus. Jusqu’au dénouement final. Qui nous donne le nom de l’assassin rencontré au fil de la lecture. 160 pages que l’on dévore. Fiction tirée d’une histoire vraie qui s’est déroulée en 1920 dans un village bavarois.

[ssba]

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