La Malle aux Livres

Beaux Rivages – Nina Bouraoui

2 septembre 2016

L’Amour.

Le Grand Amour.

La Rupture…

beaux rivages« Beaux Rivages » est une histoire de rupture. D’un amour qui se termine. D’un Grand Amour qui se termine… Une histoire que nous avons tous vécue ou que nous vivrons peut-être encore…

Quand Adrian la quitte, la narratrice s’effondre. Comme emportée par une tempête qui dévaste tout sur son passage. Sauf que là, c’est elle qui est dévastée, qui sombre dans des souffrances insupportables, physiques et morales, dans des questionnements incessants, et dans une haine et une colère envers l’autre, celle par qui et pour tout arrive. Avec toujours cette envie: le voir revenir vers elle; essayant de subtiles stratagèmes pour le reconquérir, en vain.

Avec sa plume majestueuse, Nina Bouraroui nous assène des coups, nous rappelant que la fin d’une histoire est cruelle, violente. Parce qu’on plonge au fond de nous, essayant de trouver des explications, des raisons, des réponses, alors qu’il n’y en a peut-être pas.  C’est fini. Point.

L’amour va et vient à un rythme qui nous échappe. Nous ne maîtrisons rien et il faut savoir l’accepter. Ou du moins, apprendre à l’accepter.

Accepter les moments de désespoir, le manque physique de l’autre, les souvenirs cachés dans le moindre objet, les moments où l’on imagine son amour enfui vivre et dormir dans les bras d’une autre… Et puis elle va essayer de se reconstruire, tout doucement. Elle va aller vers les autres en cherchant des conseils, un soutien, pour ne plus avoir cette impression d’oppressante solitude. Et elle va la reprendre en main sa vie…

Nina Bouraoui décrit magnifiquement bien tout cela. C’en est parfois troublant. Notre vécu sans doute… Un roman imprégné d’un réalisme déconcertant…

S’il est pessimiste? Négatif? Non. Absolument pas. Parce qu’on finit toujours par se relever… De tout.

La fin est brillante, en cela. Un acte de paix avec soi-même. Celui que l’on a recherché pendant tout ce temps, pendant ces épreuves, pendant ces nuits d’insomnies, pendant ces semaines de larmes, pendant ces heures de discussions stériles, pendant cette attente… Mais il ne venait pas. Et là. Il se pose. Délicatement. Comme une évidence. Et c’est simplement beau.

« Je n’attendais pas qu’Adrian me sauve. Il me semblait être à égalité avec lui: Je ne le possédais pas plus que lui me possédait. Nous étions d’un seul bloc, avec nos différences. (…) J’aimais assez Adrian pour accepter de tomber avec lui s’il avait dû un jour tomber. Je n’ai jamais pensé qu’il puisse être à l’origine de ma noyade. »

« Je souffrais de leur tendresse. Je souffrais de leur douceur. Je souffrais de leurs attentions. Je souffrais de leur délicatesse. L’amour est supérieur à la jouissance physique, rien ne pouvant l’égaler ou le suspendre sinon sa fin; eux, commençaient. »

« L’amour véritable est rare et discret. Quand il survient, il est aisé à reconnaître. Il rend grand alors que l’on se croyait petit. Il rend brave alors qu’on se croyait lâche. Il ne demande rien et n’attend rien en retour. Il se déploie en silence, avec lenteur. Il a tout son temps, car le temps est son allié. (…) »

A lire absolument.

En partenariat avec les Editions JC Lattès.

Chronique sur France Bleu Lorraine.

[ssba]

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Un commentaire

  • Répondre Octobre à moitié pluvieux rend le lecteur joyeux. - Lila sur sa Terrasse 5 novembre 2016 à 11 h 47 min

    […] Un gros coup de cœur de cette rentrée littéraire! A lire absolument, que l’on ait vécu une rupture, ou pas. Ou pas encore…  […]

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