La Malle aux Livres noirs

Dans la brume écarlate – Nicolas Lebel

12 avril 2019

Les monstres.
Ceux qui enlaidissent un monde déjà bien défiguré.
Ceux qui laissent des cicatrices difformes. Ou des plaies béantes que l’on ne parvient pas à refermer.
Ceux qui nous donnent la nausée.
Ceux que l’on aimerait simples cauchemars irréels.

Ceux qui sévissent en Syrie, au Mali, au Yémen, au Tchad, au Soudan, en Palestine, au Mexique, au Pakistan…

Ceux qui ont sévi partout à travers le monde. Depuis des siècles. 

Chez nous ou à nos portes. Aussi.

Car c’est ceux là que Nicolas Lebel nous montre ici.

Les monstres qui ont fait se jeter des gens désespérés sur des embarcations précaires, ou à l’arrière de camions brinquebalants, fuyant dans l’espoir de vivre une vie meilleure dans un Eldorado qui n’est finalement qu’une anti-chambre des Enfers pour certain(e)s.  Ou beaucoup. 

Les monstres qui ont torturé, humilié, tué des innocents qui avaient eu l’audace d’espérer que leur pays devienne meilleur en dénonçant parfois silencieusement, cette dictature roumaine avilissante et d’une cruauté sans nom.

Ces monstres qui enlèvent,violent, tuent impunément. Qui balancent le corps de gamines à la Seine, exsangues. Et qui se cachent derrière des papiers diplomatiques, envoyant leurs sbires accomplir des tâches ignobles.  

Et les monstres qui ne disent rien. Qui regardent faire, ferment les yeux et ne veulent pas savoir. Par facilité, par lâcheté ou par opportunisme. Aveuglés par une brume écarlate. Ou noire. Vous savez, le « Nous ne savions pas »…

Et au milieu de ces monstres, il y a des hommes qui les combattent avec une véritable humanité et un espoir en des jours moins sombres. Un monde de justice et d’honnêteté. Une utopie qui nous permet de ne pas sombrer. 

Des hommes comme Daniel Mehrlicht. Et ses collègues. Qui essaient de comprendre, d’analyser, de savoir et de sauver ce qui peut l’être.

Et entre ces deux genres d’hommes, il y a des Taleb, des Yvan et des Mickael. Des hommes qui sont horrifiés par l’injustice. Qui ne comprennent pas l’impunité. Et qui peuvent, aussi, se transformer en monstres pour tenter de réparer l’irréparable.

Pas de manichéisme chez Lebel. Chaque personne a une part d’ombre en elle. Parfois si grande qu’on ne parvient même pas à apercevoir un interstice de lumière. Et oui. Un homme bon peut aussi se transformer en monstre. Parce que la vie ne lui a pas fait de cadeau, parce que ses blessures passées saignent encore, parce que la colère le dévore et l’aveugle. Et que parfois, nous parvenons même à le comprendre…

Un récit brillant qui entremêle les histoires de Lucie, de Noura, de Marie, livrées à la sauvagerie des hommes. Des vies de femmes qui se croiseront, parce que tout le talent de Nicolas est aussi celui de nous mener d’un point à un autre en faisant des arabesques complexes parce que riches de tant de choses.

Un grand roman.

A lire absolument. Aux Editions Marabout.

 

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Nicolas,

Tu sais tout le bien que je pense de toi, de tes romans et de Daniel. Et du Côte Rôtie.

J’admire désormais ton talent de parolier et oui, je préfère aussi ta version. Et de loin.

J’ai craint l’épisode du mouchoir à chaque quinte de toux. Inutile de te dire que je t’ai détesté, l’espace d’un instant en lisant la dernière ligne.

J’avais espéré que Taleb et Yvan soient les pieux sans pitié de ce vampire. Ensemble.

Et sinon? Niveau tricot, t’en es où? La bise à l’autre tricoteur quand tu le vois!

Merci pour ta confiance. Depuis le début.

Je t’embrasse.

Nath.

[ssba]

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