Le Boudoir des Nanas

Ces choses qu’il faut taire. Ou pas.

14 février 2017

Nous sommes le 14 février et nous venons de modifier le titre de cet article…

Nous avons été accusées par les administrateurs des réseaux  sociaux de faire l’apologie de la sexualité et de la pornographie… 

Peu d’entre vous l’ont donc lu… 

Ce que nous trouvons révoltant, c’est de constater au quotidien la violence, l’irrespect, la bêtise, la haine de certaines publications et de recevoir, nous, une notification nous expliquant l’impossibilité de diffuser cet article à grande échelle… Alors qu’il est rempli de jolies choses, et n’incite qu’à aimer…

Ce sont les aberrations d’un tel système… 

Et sinon? La B.O des Nuances de Machin, elle n’incite pas à la sexualité et à la pornographie, elle? Ah oui, c’est vrai, Lila n’a pas le même budget pour promouvoir ses écrits…

Bref.

Merci d’être là… Merci de nous lire. 

Virginie et Nath

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Vous vous demandez ce qui nous est passé par la tête ??

Tout a commencé par une boutade de Nath : « On n’a jamais chroniqué le Kama Sûtra…. Qui s’y colle ? »

M’en fallait pas plus pour rebondir… « Euh… Moi je veux bien chroniquer l’Amour d’Eluard et de Breton – où il est aussi question de positions… (si vous ne connaissez pas, drôle à souhait !) Mais…. Et si on faisait plutôt un article choral sur l’érotisme ? »

Acquiescement général – enfin surtout de Sébastian !

Je commence donc… par la définition (suis instit, ah non… maîtresse, rappelez-vous !) :

  • Description et exaltation par la littérature, l’art, le cinéma,… , de l’amour sensuel, de la sexualité.
  • Caractère érotique de quelque chose, de quelqu’un ; évocation de l’amour sensuel.
  • Recherche psychologique et physiologique de l’attraction et de l’excitation sexuelles.

Voilà, ça c’est fait…

Et maintenant ?

Je vous parle de mon rapport à l’érotisme ?

Pour moi, l’érotisme se cultive comme un art de vivre.

Je lis donc des textes érotiques – tous ne sont malheureusement pas bons (cf Fifty shades of grey), mais il en existe de sublimes, de provocateurs, de plus ou moins imagés, doux ou beaucoup plus… tourmentés.

Le spectacle l’Or d’Eros d’Arthur H et Nicolas Repac où le chanteur lit quelques-uns des plus beaux écrits érotiques du 20ème siècle me paraît à ce sujet un bon commencement pour qui ne saurait par quoi débuter…

Il y remercie d’ailleurs « toutes les femmes sexuelles » et précise qu’ « il n’y a aucun mot pour les décrire ».

J’ai trouvé cette dédicace bouleversante (non, non je n’exagère pas !).

Pourquoi ? Parce qu’il me semble que dès que la femme avoue son goût pour l’érotisme, bon nombre de clichés débarquent aussitôt (du style, « doit être une belle salope, celle-là » ou « pense qu’au cul » ou « putain, doit être bonne » – vous remarquerez comme ces clichés s’accompagnent souvent d’un vocabulaire assez imagé).

Alors… Remettons les pendules à l’heure….

A mon sens, la sexualité est un des derniers bastions où nous sommes libres, complètement libres.

Et l’érotisme constitue une prodigieuse manière de vivre cette sexualité – l’imagination et la liberté y étant reines.

Lire des bouquins ou BD érotiques, imaginer des scénarii, choisir une lingerie sensuelle, mettre en scène sont autant de façons d’entretenir, de cultiver le désir et le plaisir.

Tout est suggestion, imagination, sensualité.

L’érotisme participe à cela : attiser, via l’esprit notamment, tous les sens.

Et à se sentir femme également…

Je ne développerai pas davantage la façon dont je vis l’érotisme, c’est beaucoup trop personnel et cela m’appartient.

J’ai juste envie de dire à ceux qui ont des préjugés, essayez!, à ceux que cela rebute – parfois par confusion avec la pornographie, expliquez-moi…, et aux autres, belles aventures…

Virginie.

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Virginie a tout dit…

L’érotisme et la façon que nous avons de le vivre est propre à chacun. Nous le voyons différemment selon notre éducation, notre culture et surtout selon l’envie que nous avons de partager ces moments sensuels.

Virginie le dit: l’un des derniers bastions de notre liberté individuelle… Ce sont des moments qui n’appartiennent qu’à nous. Qui nous font nous sentir bien, qui nous donnent du plaisir, qui entretiennent la complicité dans le couple, l’envie de se retrouver, de s’étreindre et d’être ensemble… En parler librement, dire nos envies, proposer, avec cette tendresse propre à ceux qui partagent non seulement des sentiments mais qui savent aussi que ces moments sont essentiels dans la construction d’un couple… Vous savez… Cette construction qui ne doit jamais s’arrêter… Celle qui nous donne envie d’avancer toujours, de se surprendre encore et de regarder l’autre avec la même intensité des premiers jours… Cette intensité qui évolue, qui se transforme, mais qui est toujours présente, vivifiante, celle qui nous fait sentir si vivants…

Je n’ai lu que très peu d’ouvrages érotiques. La blague sur le Kama Sutra vient du fait qu’un monsieur m’avait donné des livres et que parmi eux, il y avait un ouvrage expliquant le Kama Sutra. Et non! Je ne l’ai toujours pas lu! Vous croyez qu’il m’a lancé un message subliminal? Mais je sais apprécier un beau texte quand j’en lis un… Il n’est guère aisé de parler délicatement de sexe, de sensualité… Certains auteurs l’ont fait avec intelligence. D’autres de façon plus crue… Quand j’étais jeune, j’ai lu Sade « La Philosophie dans le Boudoir »: je ne voyais rien d’érotique dans ces écrits là. Du cul. Une sorte de porno littéraire avant-gardiste. Je n’avais pas aimé, tout en lui reconnaissant une dextérité incroyable dans l’écriture. Peut-être parce que je n’envisage pas l’érotisme sans sentiments ou délicate complicité.

Et puis oui… Se sentir femme. Se savoir attirante, et se sentir d’autant plus attirée. Deviner le sourire quand une étreinte s’intensifie. Les jeux de regards, l’envie d’être belle et savoir que l’on vous trouve belle… Ne pas avoir peur, oser et  surprendre. L’autre et soi-même. Avec confiance en ce que nous partageons. En toute simplicité.

Le sexe et l’érotisme sont intimement liés. Mais ils sont différents. L’un sans l’autre, ils existent. Ensemble, ils peuvent devenir une merveille de chaque instant sensuel.

Chacun a le droit de vivre ces moments là comme il l’entend. C’est une chose qui m’effraie toujours de voir, d’entendre les jugements à l’encontre de ceux qui vivent leur sexualité de façon débridée. En quoi cela nous regarde-t-il? Vivons comme nous le souhaitons. Que cela soit cru, tendre, sensuel, bestial, émouvant, purement physique ou simplement bon… Si cette sexualité, empreinte d’érotisme ou pas, est épanouie, le reste n’a que peu d’importance….

Je me permets juste de dire que ceux qui ont perdu ce goût des belles choses doivent receler une tristesse certaine en eux… Des peurs qui inhibent, des choses qui les ramènent peut-être à une violence passée, des désirs inassouvis qu’ils pensent perdus. Et parfois, ou souvent, des sentiments qui se sont évanouis et qui font disparaître insidieusement cette envie d’être femme ou homme… L’Amour que l’on éprouve pour l’autre ne peut se passer d’érotisme… Ou alors c’est un amour fraternel, comme celui qu’on éprouve pour un(e) ami(e)… Mais l’Amour avec ce grand A, non, je ne pense pas… Et je les plains…

Pour conclure, je citerai cette phrase de Jean-François Somain:

L’érotisme réside dans la possibilité d’un geste ; il appartient au domaine du rêve.

A nous de le faire devenir réalité.

Love.

Nath.

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