La Malle aux Livres noirs

De cauchemar et de feu – Nicolas Lebel

25 septembre 2017

Nicolas Lebel Il ne faut pas lire Nicolas Lebel. Je vous en avais expliqué les raisons, voilà quelques temps.

Je vais en rajouter quelques unes. Parce que faut pas pousser quand même. Ce mec n’a aucun droit de vous rendre accro de la sorte. C’est juste indécent d’avoir un talent qui ne fait que se confirmer au fil de ses livres.

Parfois on se dit qu’il va faillir, qu’il va bien vous décevoir à un moment donné. Et bien non. Au contraire. Plus vous le lisez et plus vous avez envie de le lire. C’est pénible, vous n’imaginez pas.

Dans ce 4ème opus, vous retrouvez Mehrlicht et ses collègues à la recherche d’un tueur qui enflamme ses victimes en laissant des petits messages qui intriguent et divulguent aux forces de police des indices assez troublants concernant des faits qui se sont produits des décennies auparavant en Irlande du Nord.

Et là, Nicolas Lebel est plutôt brillant. Si la narration de cette enquête se passe sur 3 jours, un week-end de Pâques, la seconde narration se passe de 1968 à nos jours. Deux rythmes différents. Deux rythmes haletants. Pas une seconde de répit. Les récits s’enchaînent et nous transportent d’uns histoire à l’autre. Nicolas tisse un lien lentement, que le lecteur ne saisit pas avant la fin. Il entrelace les histoires de manière magistrale, nous laissant dubitatifs, et il entremêle, aussi et surtout, au milieu de tout cela, l’histoire de l’Irlande du Nord, de l’IRA et de nombreuses choses que nous découvrons aussi.

Parce que oui, en plus du reste, l’auteur, se pose en historien, conteur captivant, et nous immerge complètement dans cette période violente contemporaine que nous suivions, minots, aux informations qui résumaient de façon basique « les gentils anglais contre les méchants terroristes irlandais ».

Sauf que cela n’était pas si simple. Et Nicolas nous l’explique brillamment. La désinformation bien pensante a sans doute oublié des passages moins glorieux que ceux énoncés. Les souffrances des familles. Une sorte de servitude politico-sociale établie depuis des générations. Les humiliations quotidiennes. Le poids d’une église d’un autre temps donneuse de leçons ayant sans doute oublié que la « Sainte » Inquisition était terminée depuis longtemps.

Donc, forcément, d’une telle haine, d’une telle violence ne peuvent sortir que des choses laides chez des personnes fragiles, ayant vécu des horreurs et ayant décidé de ne pas pardonner. C’est le cas de ce tueur qui terrorise Paris avec son phosphore incandescent et qui tue à tout va. Mehrlicht et ses acolytes sont malmenés par ce Far Darrig aussi angoissant que mystérieux. Sa vengeance a le goût du sang et de la terreur. Et au fil des chapitres, nous respirons cette odeur. Ainsi que celle de la colère et de la violence aveugle, sans aucune concession.

Peut-on pardonner? Peut on avancer sans lâcher cette haine viscérale? Cela peut paraître évident pour nous, mais quand la vie vous a malmenée à cepoint, quel avenir possible? Sans doute que les seuls sentiments avec lesquels on a grandi font foi… Et donnent ces pensées noires et fatales, rassurantes car ce sont les seules qui ont forgé l’homme qu’est ce tueur.

Est-ce que le feu purifie? Comme certaines cultures le pensent? Je l’ignore. Ce que je sais est que ce feu cauchemardesque  a donné une nouvelle puissance à l’auteur. Son roman est intelligent, et brillant. Comme les précédents. Mais avec cette nouvelle lumière noire qui fait définitivement de lui, un Grand.

Lisez le absolument. Une fois que vous aurez lu les précédents. Cela monte crescendo et c’est juste jubilatoire.

C’est ICI, CHEZ LES EDITIONS MARABOUT.

Nath.

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Nath? Tu t’arrêtes?? Tu veux quoi là???

Que des centaines de nanas se mettent à lire Lebel?

Et qu’elles tombent toutes amoureuses de Merlicht???

Non, mais t’as perdu la tête?

JE suis amoureuse de l’homme à tête de grenouille. De son humour. De ses connaissances. De son argot parfaitement maîtrisé. De sa sensibilité bien cachée. De ses failles aussi…

Alors, STOP!

Je viens de dépenser une fortune en Côte du Rhône – histoire d’amadouer le Monsieur…

J’ai même décidé de tolérer ses gitanes!

Alors, je te le redis : STOOOOOOOP!

Tu leur dis à toutes que ce bouquin est nul, que l’auteur n’a aucun talent, qu’elles passent leur chemin quoi!

Hein??

Comment??

Faut que ça marche un peu pour que Merlicht revienne?

Ah putain! T’as raison!!!

Bon foncez!!! C’est le meilleur des quatre – sincèrement et sérieusement…

Nicolas Lebel a réalisé un bon de géant dans son écriture et c’est plutôt émouvant de voir un auteur évoluer…

Et puis, quand même, il est parvenu à me faire piger ce conflit irlandais! Sacrée prouesse!

Alors… Allez-y…

Mais…. OUBLIEZ MERLICHT!

Sinon je vais devoir contacter certains amis, je vous aime bien, ça m’ennuierait…

Virginie.

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Mon cher Nicolas, 

Outre ton indéniable talent de conteur, c’est cette phrase qui m’a fait encore plus chavirer: « Mais c’est la vie qui est nocive, c’est pas le pinard! ». Sache que tu es désormais à égalité avec Baudelaire, Hugo et Whitman dans mon petit carnet des citations les plus brillantes. C’te classe!

Bon nous nous voyons bientôt dans ma Lorraine profonde. On parlera pinard et tricot!

Je t’embrasse.

Nath

 

 

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