Le Boudoir des Nanas

De la télé en général et de sa connerie en particuliers…

22 mai 2015

Immobilisée suite à une intervention chirurgicale, je viens de passer quelques moments à digérer la morphine et la codéine en faisant un petit tour très instructif dans le paysage télévisuel français.

La télé… Sans doute la première chose que les gens achètent quand ils emménagent. Cet obscur objet capable de vous transmettre des choses, des émotions incroyables.

La dernière émotion en date? Admettre effectivement que le but principal de ces programmes est de lobotomiser, de rendre encore plus con le téléspectateur lambda… Je ne regarde quasiment pas la télé. Quelques incursions parfois pour un bon film, une belle émission. Mais pas plus. Trop de choses à faire, de livres en retard pour me laisser  tenter par un programme abrutissant. Alors quand j’entends parler de certaines émissions, je suis  dubitative, incrédule.

Alors, là, un peu diminuée physiquement, (oui je sais, il faut parfois donner de son corps pour les causes désespérées), je me suis attelée à la tâche limite insoutenable de passer 2 jours complets devant les programmes télés…

Et je vous avoue que l’idée de descendre une bonne bouteille de Pinot noir d’une traite m’a traversé l’esprit mais la présence de morphine et de codéine dans mon corps m’aurait envoyé en réanimation puis certainement en cure de désintox.

Les émissions …

Le choix est vaste. Entre la déco, les récits de vie, les enquêtes « journalistiques », les télé-réalités…

La déco, soit. Si les gens peuvent améliorer leur cadre de vie…

Les récits de vie. Glauques. Malsains. Lamentables. Du voyeurisme de bas étage.

Les enquêtes « journalistiques »… Aucune analyse. Faire peur à la populace. Entretenir cette peur. Renforcer cette peur. Rappeler cette peur. La solution à nos problèmes de société? Accentuer cette peur, sans doute. Et la haine qui en découle.

Les journaux télévisés. Ouais. No comment. A quand une chaîne télé « Médiapart »?

Les télé-réalités. La lie des programmes télé. Mais comment peut on autoriser la diffusion de telles émissions? Le CSA touche combien pour laisser de telles inepties devenir des émissions cultes de notre jeunesse? Je suis ulcérée de voir combien on utilise, manipule, des jeunes gens pour entretenir la compétition débile, les images racoleuses, les discussions ineptes… Mon Dieu!!!!! J’ai failli jeter ma chaussure orthopédique à travers l’écran une paire de fois… On jette en pâture à des téléspectateurs avides de scènes « choc » des gamins à peine sortis de l’adolescence dont le seul CV est la perfection de leurs corps, des tatouages partout, des extensions capillaires, des seins refaits, et des lèvres botoxées. Niveau culture… Mes élèves de maternelle sont plus intéressants, vifs, curieux. Ils ont un point commun: la naïveté. Je ne dirai pas que ces jeunes sont cons, non. On leur a tant promis monts et merveilles, gloire. reconnaissance, qu’ils sont capables de tout et n’importe quoi  pour finir en première page des magazines people vomitifs, quittes à devoir finir à poil sur la couverture. De toute façon, on n’ignore rien de leur anatomie. C’est le principe de l’émission! Miami, Rio, Sydney… Pourquoi pas Reyjavik, Oslo ou le grand nord canadien? Pour cette seule raison: pas de nichons, pas de pognon!!!! Hé oui! le cul rapporte. Pas la culture. CQFD.

Les pubs…

Alors en ce moment, pour les femmes, nous avons: les appareils épilatoires, les pilules minceur, les machines culinaires qui coûtent un bras, les tampons ultra-absorbants pour les vacances qui arrivent…

Pour les hommes: déodorants (vous devez transpirer à un point les mecs, ça fait peur…), l’après rasage… Pas de pilules minceur pour vous (ouais on sait, c’est bon, vous prenez moins de poids que nous, gna gna gna….), épilation inexistante (inégalité à ce niveau aussi)…

Pour les familles: les réservations d’hôtels à l’autre bout du monde pour un prix modeste (euh… Avec 3 enfants vous partez dans les îles vous?), la voiture dernier cri qui limite vous repasse le linge, les plats tout prêts (avec cheval ou pas? A l’heure où la malbouffe est montrée du doigt par les nutriciens, c’est limite comique…Et triste),…

Les gens sensés représenter les différentes catégories sociales sont quand même peu crédibles. Les slogans publicitaires sont souvent débiles. Les messages subliminaux que véhiculent ces pubs sont à vomir: la famille parfaite irréprochable, il faut être parfait physiquement, dents blanches et brushing impeccable… Enfin là je sais que je ne vous apprends rien.

Mais je me posais la question: où sont les pubs pour les activités culturelles, les livres? Parce que je ne les ai pas trouvées, moi… Quelques CD de temps en temps: trucs bien commerciaux assez nazes. Plutôt nazes. Très nazes en fait. Donc le téléspectateur doit consommer, ok, ça on avait compris, mais en plus, il doit être con et inculte. Surtout con et inculte, d’ailleurs. Manquerait plus qu’il se mette à réfléchir, tiens!!!

Moi je n’ai retenu que ce slogan « Consomme et tais toi! »

Les séries

En toute honnêteté, elles ne me dérangent pas. Certains aiment les films d’auteur, d’autres les films commerciaux, d’autres, les films des années 60’… et d’autres raffolent des séries. Comme en matière de musique: les goûts de chacun sont indiscutables. Et puis il faut bien avouer que certaines séries sont vraiment très bien faites. Les séries Tv ont toujours existé. De plus ou moins grande valeur. Mais certaines sont devenues mythiques au fil des décennies.  Et puis, j’avoue que je ne suis pas la dernière à sourire quand j’aperçois le bout d’un abdo de ces médecins de Grey’s Anatomy. Non mais c’est vrai quoi… A défaut de pouvoir manger du chocolat (je suis immobilisée encore pour quelques jours, alors je diminue l’apport calorique ok?), je me régale de leurs plaquettes à eux!

Et puis l’avantage des séries est que même si vous avez râté plusieurs saisons, vous pouvez quand même vous laisser tenter par un épisode. Dans des séries comme « Les Feux de l’Amour », la même scène s’étale sur 48 épisodes donc ça va, vous avez le temps… Et dans les autres, à un moment donné, vous comprenez pourquoi truc a marié machin alors qu’il était destiné à bidule qui en fait avait une aventure avec trucmuche… Donc pas de panique… J’ai râté 6 saisons de Desperate Housewives et en 4 épisodes, hop! Tout compris!!!!! Et quand je vois les compétences des médecins de Grey’s Anatomy, je me demande pourquoi je ne suis pas allée à Seattle me faire opérer du pied, car je suis persuadée que eux m’auraient opéré les 2 pieds en moins de 15 mns, que je n’aurais presque pas de cicatrices, et que je ressortais le soir même avec une oeillade d’un de leur Apollon. (Bon là je pousse le bouchon… Parce que mon chirurgien à moi renvoie tous les médecins de cette série au vestiaire!!! Si la beauté masculine devait avoir un prénom ce serait le sien! Bref, ceci est un autre sujet dont je parlerai plus tard…)

En conclusion…

Deux jours devant ma télé…

La journée, hein, pas le soir. Faut pas pousser. Le soir, je lisais pour réveiller mon intellect passablement endormi et anesthésié, non pas par la morphine et la codéine, mais par le niveau quasi zéro des chaînes de grandes écoutes. Je ne parle pas ici, nous sommes bien d’accord, des chaînes culturelles, passionnantes, éveillant la curiosité des jeunes et des moins jeunes…

Le niveau de la télé française est terrifiant. Alarmant. Désespérant.

Je plains de tout cœur ceux qui n’ont pas cette conscience et se laissent abrutir par ces programmes.

Mais je respecte les choix et les goûts de chacun.

Et qu’on ne vienne pas me faire chier avec le niveau intellectuel des jeunes d’aujourd’hui, ok? Parce que rien ne les oblige à regarder ces programmes à la con. En revanche, tout autorise leurs parents à les éduquer, à leur ouvrir les yeux sur les vraies choses, à ne pas les laisser regarder n’importe quoi, histoire qu’ils leur lâchent les baskets…. mais ça, je suppose que c’est une belle utopie…

La morphine ayant visiblement disparu de mon organisme, ma forme revenue presque à son maximum, j’ai éteint cette télé, j’ai rallumé cet ordi et j’ai repris mes bouquins.

Et ce passage dans « Vernon Subutex » de Virginie Despentes

« (…) En parcourant son dossier, avant de s’en faire pour le RSA qu’on lui retirait, il s’était senti terriblement embarrassé pour elle. La conseillère devait avoir trente ans. (…) Mais les gens de cette génération avaient été élevés au rythme de la voix dans la maison des secrets: un monde dans lequel le téléphone pouvait sonner à n’importe quel moment pour te donner l’ordre de virer la moitié de tes collègues. Eliminer son prochain est la règle d’or de jeux dont on les a gavés au biberon. Comment leur demander, aujourd’hui, de trouver ça morbide? »

… résonne de façon juste, vraie et effrayante…

(Et je remercie mes visiteurs venus s’affaler dans mon canapé avec moi pour m’avoir permis de faire des pauses dans cet abrutissement sans fin…)

[ssba]

Vous aimerez sans doute

2 Commentaires

  • Répondre La Petite Maison dans la Prairie - Lila sur sa Terrasse 30 mai 2015 à 9 h 46 min

    […] Vous avez tous en mémoire Carrie, cette pauvre fillette qui inlassablement au générique de chaque épisode s’étale lamentablement dans les herbes hautes alors qu’elle gambade (en pleine descente) […]

  • Répondre 25 idées de livres à lire ou relire cet été... - Lila sur sa Terrasse 19 juin 2015 à 13 h 05 min

    […] du tout mon genre de série ! Ceux qui me connaissent pourraient témoigner, moi je suis plutôt Grey’s Anatomy, Desperate Housewives, Friends voire La petite maison dans la prairie . J’ai vu les 4 premières saisons en un coup et ma […]

  • Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    %d blogueurs aiment cette page :