La Malle aux Livres noirs

Dedans ce sont des loups – Stéphane Jolibert

10 octobre 2017

« Dedans ce sont des loups », ça fait quelques temps qu’Eric Maravélias me l’a recommandé…

Je l’avais déjà cherché plusieurs fois, sans résultat.

Je l’avais oublié.

Et puis, Stéphane Jolibert a répondu aux questions de Lila pour le trophée Anonym’us.

Et certaines de ces réponses m’ont donné l’envie de le lire.

En urgence.

Lundi dernier, j’ai fait une razzia chez un de mes libraires préférés et, sauvée, « Dedans ce sont des loups » y était.

J’ai été happée le soir même, le lâchant le moins possible – et ça tombait bien puisque j’ai dû suivre une ou deux conférences soporifiques à souhait…

Je l’ai refermé ce matin.

A regrets.

J’aurais volontiers poursuivi ma route dans cet univers blanc – moi, l’allergique à la neige, c’est vous dire si j’ai aimé…

Ne plus pouvoir pleurer à six ans, c’était avoir déjà trop dépensé d’espoir.

Pourquoi?

L’histoire d’abors… qui entremêle habilement le présent et le passé des personnages – nous permettant de comprendre petit à petit leurs choix.

Imaginez… Une bourgade aux fins fonds du Grand Nord. Un territoire hors la loi où fuient tous les malfrats des pays frontaliers. Des hommes qui deviennent bûcherons parce qu’il n’y a pas grand chose d’autre à faire dans ces lieux où la neige ne fond vraiment jamais. Enfin… Ca c’est en ce qui concerne le boulot…

Parce que pour les distractions… il y a le Terminus, sa gnôle et ses prostituées…

— Ouais, ben t’imagines pas un seul instant qu’ils sont dedans comme dehors. Dedans, ce sont des loups.

Dans le coin, quelques fermes persistent – sans animaux, ni récoltes bien sûr, il fait trop froid.

Alors, voilà… Vous y découvrirez Nats, Sarah, le vieux Tom, Leïla, Twigs la levrette, l’Irlandais, Sean bien sûr et tant d’autres…

 A son idée, il n’y avait que deux manières d’aider son prochain, soit en lui procurant de quoi subsister et donc de quoi entreprendre, soit en le poussant dans la tombe.

Une galerie de personnages bien trempés, dotés d’une vraie profondeur, ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais – enfin presque…

J’aurais bien pris la place de Sarah durant quelques pages – faut peut-être que j’arrête de tomber amoureuse des personnages de roman, moi, en ce moment…

Et pourtant Natsume m’a émue, ses mots, son attitude, sa cuisine, son histoire…

Par-dessus, elle ajouta un sourire à corrompre une douzaine de paradis, leurs anges respectifs et leurs clients.

Et puis la flamboyante Sarah justement…

Et le Vieux Tom et son alambic aussi…

Je vous les laisse découvrir, ils valent la peine, je vous le certifie…

Il ne neigeait pas tout à fait, il ne pleuvait pas tout à fait. Il faisait un temps qui hésite à être lui-même.

Le style enfin… sans concession, âpre avec une touche de poésie, sombre, mais drôle aussi, incroyablement juste et émouvant, bien sûr…

Stéphane Jolibert m’a embarquée dans son univers, les pièces s’imbriquant parfaitement les unes aux autres, dans une construction totalement maîtrisée de bout en bout, où chaque passage est à sa place, chaque mot aussi…

Un immense merci à lui pour tout le plaisir qu’il m’a procuré…

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