La Malle aux Livres

Désolée, je suis attendue – Agnès Martin Lugand

12 avril 2016

« Ma chère Agnès,

Je souris en commençant cette lettre. Nous nous sommes connues voilà deux ans, alors que j’écrivais à Nath, une lettre, après qu’elle m’ait fait découvrir « Les gens heureux lisent et boivent du café… »

Cette fois-ci, elle est pour toi, cette lettre.

Et je ne sais pas par où commencer.

Je t’ai écrit ce matin pour te dire combien ton livre « Désolée, je suis attendue » m’avait fait chavirer, quand je l’ai refermé, au creux de la nuit.

désolée je suis attendueTu m’as présenté Yaël, Marc, Jeanne, Alice, Adrien et Cédric. Un groupe d’amis que nous voyons grandir au fil des pages. Et puis, Bertrand, Angélique, Abuelo, Sean et les autres. Un sourire en retrouvant Iris et Gabriel, aussi…

Des amis que nous découvrons étudiants. Puis 10 ans après. Adultes. Aux vies différentes. Voire opposées.

Des parcours professionnels et familiaux propres à chacun. Comme nous tous.

Et au milieu de tout cela: l’amitié, l’Amour et surtout, oui surtout: leurs choix.

Et à travers eux, nos choix.

Ces choix qui nous façonnent, qui font de nous ce que nous sommes. Ou ce que nous voulons être. Malgré les obstacles, les difficultés, les blessures infligées ou reçues, les espoirs et les désillusions, les déceptions et les joies, petites ou grandes… Ces choix qui dessinent nos vies. Qui font voler en éclat ce à quoi nous croyions quelques années auparavant mais qui ne correspondent plus à ce que nous voulons être ou vivre. Ces choix qui nous rendent exigeants, qui font de l’ingratitude une alliée noire les soirs de peine. Ces choix que tout le monde ne peut comprendre. Ces choix qui appellent parfois la colère; parce qu’en les faisant, nous réalisons le temps perdu, éphémère, qui nous rend impatients. Ces choix que nous décidons de faire pour nous retrouver. Nous. Pour redécouvrir en nous les jolies choses qui nous rendent si vivants. Et savoir que quels que soient ces choix, nous trouverons des mains tendues pour nous relever, nous secouer, et qui auront de petit geste, simple qui dit « Je suis là. Nous sommes là. »

Chacun de tes personnages a fait des choix. Différents. Surprenants. Discutables. Mais ce sont leurs choix. Avec ce fol espoir: toucher, du bout des doigts, le bonheur. Pas forcément très simple. Voire même très ambitieux. Qu’est ce que le bonheur en fait?

Tu nous le montres avec ta délicatesse des mots. Avec l’intelligence de ton analyse. Avec la bienveillance de ton regard sur ce monde qui nous entoure. Avec cette perspicacité descriptive dans ton écriture.

L’espace de cette lecture, j’ai humé le parfum âcre et suranné des meubles anciens. J’ai entendu les cigales chanter au petit matin. J’ai observé la vie des gens. J’ai tendu mon visage vers le soleil par la fenêtre de la voiture de Marc.  J’ai goûté aux sushis que Bertrand affectionne. J’ai chantonné Gainsbourg. J’ai senti le goût des peaux imprégnées de soleil et de chlore. J’ai entendu le bruit des escarpins de Yaël sur le parquet de son appart. J’ai sursauté à ses crises de colère. J’ai essuyé les larmes d’Angélique. J’ai admiré la montre de Marc…. Et j’ai souri à toutes ces vies auxquelles tu nous mêles.

Je ne peux pas en dire plus sur l’histoire, tu es bien d’accord? Ceux qui te lisent et te liront savent que l’espace de cette lecture, leurs vies seront les leurs. Les nôtres. Parce qu’il y a un peu de nous dans chacun d’entre eux.

Et puis… Après nos messages ce matin, j’ai décidé d’éteindre mon téléphone. Pour quelques jours. Le temps de redescendre et de regarder les choses autrement. La leçon que nous donne Yaël est juste évidente…

Je t’ai expliqué pourquoi tes mots m’avaient autant touchée. Tu sais, maintenant… Et je t’imagine sourire. Je ne me trompe pas?

Tu connais cette phrase de Richard Bohringer?

« Il  a dans le fond de l’âme une putain de petite fleur qui se transforme en phare quand il fait trop noir. »

Sans cet espoir que tu nous montres tendrement, sans cette certitude que le meilleur est toujours à venir, nos vies n’auraient plus aucun sens.

Voilà…

Là, moi aussi j’aimerais dire « Désolée, je suis attendue« , laisser ma vie en plan, le temps de venir boire un verre avec toi sur une vraie terrasse, à Paris, à Lourmarin, à l’Île sur la Sorgue, au bar « El Pais »… Un petit bout de temps. Juste pour sourire. Et nous raconter nos vies, nos choix et nos espoirs.

Je ne sais comment te remercier pour tout cela. Merci. Merci. Merci.

Je t’embrasse.

Nath. »

 

[ssba]

Vous aimerez sans doute

2 Commentaires

  • natrado@aol.com'
    Répondre NathNath 13 avril 2016 à 8 h 33 min

    J’ai hâte de retrouver son écriture, ses mots, ses personnages, son nouveau livre ! Je le veux et vite… tu viens boire l’apéro jeudi ?
    Des bisous

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 13 avril 2016 à 8 h 39 min

      Coucou ma Nath!!!!
      Oh oui avec plaisir!!!!!! 😀

    Laisser un commentaire

    %d blogueurs aiment cette page :