La Malle aux Livres

« Du commencement à la fin, Mars a des lectures et des bouquins. »

30 mars 2015
Marilyn Monroe en train de téléphoner allongée sur le dos sur un lit, fermant un livre.
Véritable dicton:

« Du commencement à la fin, Mars a du poison et du venin. »

Les tribulations d’une jeune divorcée – Agnès Abécassis

Les Tribulations d'une jeune divorcée Agnès AbecassisUn livre de la truculente Agnès Abécassis

Elle ? Déborah, la trentaine, un seul homme au compteur, divorcée, empotée, complexée mais terriblement optimiste au fond ! Elle n’a pas fait l’amour depuis plus d’un an, l’épilation du maillot lui pose un problème métaphysique. Elle est incapable de tuer un cafard sans vomir. La mention divorcée, deux enfants sur son CV a mis son patron en transe. La dernière fois qu’elle s’est laissé draguer c’était il y a 11 ans. Ses copines sont 15 ans dans leurs têtes. Elle attire tous les tordus de la terre. En retrouvant sa liberté, cette femme au foyer soumise et assistée a découvert une vie de chef de famille, de femme active et d’objet sexuel qu’elle avait ignorée jusqu’ici.

Missions : apprendre à se déshabiller devant un autre homme que son mari, résister à un patron harceleur, tout en s’occupant de ses deux enfants sans faillir.

Mais comment reconstruire une vie de famille quand les hommes que l’on rencontre sont plus pitoyables les uns que les autres ? Déborah va devoir faire l’apprentissage de sa nouvelle indépendance… Entre les regards condescendants de la famille et les moments de déprime accompagnés de boulimie, les soirées entre copines à casser du mâle et à rire, ces fameuses copines tordues et parfois même carrément barrées (on en a toutes des comme ça et c’est d’ailleurs pour ça que ce sont des copines et qu’on les adore !).

Je crois que si vous êtes divorcée, que vous avez entre 30 et 40 ans, vous vous reconnaitrez facilement en Déborah et vous reconnaîtrez aussi facilement la galerie de loosers qu’elle rencontre via un site : l’homme marié qui ment, le mauvais coup au lit et même celui qui n’a toujours pas coupé le cordon ! Le style est vif, on se laisse entrainer dans les aventures avec Déborah. J’ai ri, beaucoup, je me suis marré tant cette jeune divorcée est exactement comme nous, à pleurer sur ses kilos en trop, ses cheveux en friche. Elle est exactement comme nous, bourrée de contradictions jurant de vivre ses histoires d’amour naissantes au jour le jour mais tombant amoureuse en moins de temps qu’il faut pour le dire… (By Coralline)

Le trottoir au soleil – Philippe Delerm

Le Trottoir au Soleil (couverture)Quand on aime les petits bonheurs du quotidien, on aime lire Philippe Delerm. Il a une plume douce et délicate qui nous entraîne dans ces petits moments auxquels on ne fait pas attention, parce qu’on n’a pas forcément cette poésie en nous. Il photographie des instants de vie et nous fait partager ses émotions. Le plaisir de s’asseoir sur un banc et de se laisser vivre. Le plaisir de fumer un bon cigare. Les hypocrisies d’une fête de mariage. L’intensité émouvante d’une rencontre dans une gare.

Un lilas qui résiste, fleurit au bout d’un quai vide de toute vie…
Autant de petits moments remplis de cette joie quotidienne, celle qui nous entoure et que nous devrions apprendre à observer, à apprécier… Il nous rappelle doucement combien la poésie quotidienne est indispensable et belle. Tout simplement.

Extraits?

« Avec les mots, rester solaire. Je sais ce qu’on peut dire à ce sujet: l’essentiel est dans l’ombre, le mystère, le cheminement nocturne. Et puis comment être solaire quand l’humanité souffre partout, quand la douleur physique et morale, la violence, la guerre recouvrent tout? Eh bien peut-être rester solaire à cause de tout cela. Constater, dénoncer sont des tâches essentielles. Mais dire qu’autre chose est possible, ici. Plus les jours passent et plus j’ai envie de guetter la lumière, à plus forte raison si elle s’amenuise. Rester du côté du soleil. »

« Toutes mes contradictions qui ne me font certes pas brûler comme une cire très pure, mais cette consumation extatique ne me tente guère. Je préfère brûler en vacillant au moindre souffle. Oublier, me souvenir, connaître le plaisir ou la tristesse, et le remords. Sentir que le bonheur est à la fois possible et impossible. Vivre cette éblouissante absence de certitude. Refuser toute sagesse trop longue. Être un homme et pas un séraphin. Jouer le bonheur contre la joie. »

« A Burano, sur la Planète Terre, il y a cette lumière de l’été, de tous les étés rassemblés. Le voyage est en soi, il commence quand on s’arrête. Il a le goût profond, léger, d’une poignée de cerises noires. »

« (…) Elle parle vite : « J’ai perdu mon mari il y a un mois. Je relis vos livres. C’est le détail qui me permet de tenir. » (…) Le cadeau qu’elle m’a fait est merveilleux et triste. Si affectif, mais en même temps si littéraire. C’est le détail qui me permet de tenir. »

« Je reçois ainsi assez souvent des témoignages de plaisirs minuscules. Ils prennent moins la forme de suggestions d’écriture que celle d’une complicité discrète. Une façon de partager le monde. De partager, pas de confondre. Au demeurant, je n’éprouve jamais l’envie d’écrire sur un sujet ainsi évoqué. Mais je n’ai pas non plus le désir de les goûter. Pour ténu, humble qu’il puisse sembler, le plaisir minuscule est une possession personnelle dont les racines ont bien souvent à voir avec l’intensité des sensations d’enfance. Chaque individu reste une île. Une île courtoise, qui se laisse accoster, mais pas envahir. »

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier – Patrick Modiano

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier (couverture)Un couple étrange rapporte à Jean Daragane son carnet rempli de notes… L’obligeant à rechercher dans son passé des éléments qui lui ont échappés… Il se replonge dans ce passé obscur et très flou pour lui. Il ne se souvient que de très peu de choses. Et se sent oppressé par les demandes incessantes de précisions de ce couple. Lui qui vivait reclus et sans aucune vie sociale va devoir enquêter. Et ne trouver finalement que des réponses vagues, qui nous laissent dubitatifs.

Ce roman a un côté polar… Mais trop lent.

Trop grave et pas assez prenant… Je n’ai pas accroché… Argggghhhhh…… C’est mal de penser cela d’un livre de notre dernier Nobel de littérature?

« – Et l’enfant ? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l’enfant ? – Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu’il était devenu… Quel drôle de départ dans la vie… – Ils l’avaient certainement inscrit à une école… – Oui. A l’école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d’une grippe. – Et à l’école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage… – Non, malheureusement. Ils ont détruit l’école de la Forêt il y a deux ans. C’était une toute petite école, vous savez… »

L’anneau maudit – Selma Lagerlöf

L'anneau maudit (couverture)« Tiens! Lis ce livre! C’est excellent! Tu vas le dévorer en deux heures. » Oui. Voilà. C’est à peu près cela. Il ne m’a fallu plus de temps…

Un petit trésor…

L’anneau des Löwensköld est volé à son propriétaire, au sein même de son tombeau, lors d’une nuit calme et apaisée. Dès lors, plus aucun jour du voleur ne le sera:  calamités et malheurs seront les deux mots maîtres des vies de ceux qui au fur et à mesure du temps, récupèrent l’anneau, plus ou moins volontairement…

Une malédiction qui touchera même ceux qui en deviennent les propriétaires involontaires.

En lisant ce livre, vous retombez en enfance, celle des histoires de fantômes, des temps anciens où la misère, la violence d’un quotidien rude vous happait dans des aventures romanesques., où vous  attendiez le dénouement d’un conte avec une impatience non dissimulée.…

Cette histoire est un conte, raconté à des adultes avec une langue maîtrisée, soutenue, parfaite.

À lire absolument!

Mr Mercedes – Stephen King

Couverture du roman Mr Mercedes par Stephen KingStephen King et moi, c’est une histoire d’amour littéraire qui dure depuis plus de 20 ans… Presque 25 même… J’ai dévoré ses premiers romans avec une fascination qui ne s’est jamais éteinte. Ok, j’avoue, ces premiers romans étaient fabuleux mais j’ai moins accroché avec les derniers.

Stephen King est pour moi le maître de l’épouvante. Lire Simetierre a sérieusement entamé mon indifférence à rentrer dans un cimetière avec ma Nona. Lire Le fléau m’a longtemps fait me méfier des commerçants trop avenants. Shining a été la lecture la plus éprouvante de ma vie.  Lire La Part des Ténèbres me fait écouter le piaillement d’un groupe d’oiseaux avec méfiance. À cause de Christine, je dis bonjour à ma voiture chaque matin et je papote avec elle. À cause de Cujo, je me méfie des gros chiens plein de poils et un rien crades. Carrie: je frémis quand je croise une blonde, impeccablement lissée, aux yeux bleus.

Quant à Ça, j’évite soigneusement les bouches d’égouts… Bref. La liste est longue.Une vraie fan donc, puisque j’en redemande…

Avec Mr Mercedes, Stephen King renoue avec le polar.

Un conducteur au volant d’une Mercedes fonce dans une foule, écrasant plusieurs personnes. Un carnage. L’inspecteur Bill Hodges part en retraite peu de temps après. Espérant se détacher de ces histoires sordides. Mais c’est sans compter que Mr Mercedes a décidé de jouer avec ses nerfs: il le contacte et lui explique qu’il va recommencer, parce que tuer en masse lui a incroyablement plu… Une course contre la montre et un bras de fer psychologique s’engagent alors entre ces deux hommes aussi têtus l’un que l’autre…

Les dialogues sont savoureux. Stephen King maîtrise parfaitement cet art du suspens, cette façon de nous surprendre, de nous faire faire la grimace en détaillant des scènes sanglantes, mais toujours avec cette dextérité bien à lui. Et moi, je suis toujours subjuguée de voir avec quel talent il décrit la logique et la psychologie du tueur. J’ai eu l’impression, qu’il ne racontait pas ce que pensait Mr Mercedes mais qu’il ÉTAIT Mr Mercedes. C’est assez troublant. Et absolument fascinant.

Est ce que ce roman est bon? Oui!
La preuve? Je n’achèterai  jamais plus jamais de  glaces à un marchand de glaces ambulant…

Mémé – Philippe Torreton

Couverture du roman Mémé par Philippe TorretonPhilippe Torreton est un acteur que j’admire infiniment. Et un homme qui sait capter mon attention quand il parle de politique; et ça, je peux vous avouer que c’est un exploit! Non seulement parce qu’il est très charmant, mais parce qu’il a cette intelligence et cette sensibilité qui me touchent.

En lisant Mémé, j’ai découvert qu’à ses autres talents, s’ajoutait aussi celui d’écrivain.

Il nous prend par la main et nous emmène chez sa « mémé »… Dans cette maison au parquet qui craque, aux portes qui grincent, au jardin rempli d’aventures, de jeux… La maison de celle dont il parle avec une tendresse bouleversante: sa mémé… Chaque page est d’une tendresse infinie. D’une délicatesse incroyable. Une ode à l’amour qu’ils se portaient tous les 2, mais avec une évidente pudeur. Philippe nous la décrit dans le moindre détail: sa façon d’éplucher les pommes, sa capacité à cuisiner le même poulet, pendant 3 repas, de façon différente, son jardin et la certitude que cette mémé aurait à en apprendre aux écolos de notre époque, les réunions de famille… Et ce portrait tendre nous rappelle ces femmes qu’étaient nos « mémés », nos « mamies », nos « mémères », ou ma Nona: des femmes qui ont eu des vies compliquées mais qui savaient nous transmettre des choses simples; qui ont  mené des combats parfois courageux pour assumer leur quotidien, pour s’occuper de leur familles nombreuses.  Et au fil des pages, on sourit à cet hommage magnifique, à cette déclaration d’amour touchante. Et les dernières pages ont réussi à mouiller mes yeux…

« Toi tu t’en foutais avec ta blouse et tes rondeurs, tu avais gagné la bataille du temps, déguisée en immuable  jeune fille. Jean Paul Gaultier-Lacroix et Yves Saint-Lagerfeld ne pouvaient pas t’atteindre, tu avais deux mille ans d’avance… »

« C’est pour cela mémé que j’aime bien aller dans les écoles pour parler de mon métier de saltimbanque, que j’aime les mots des yeux de celui ou de celle qui découvre le théâtre, c’est toi que j’ai en face de moi, dans ces moments là… »

« Je l’embrassais beaucoup avant de monter dans la voiture, autant de fois que de jours sans se voir. Elle en riait. Elle me disait « Oh il est collant… As-tu bientôt fini? » Non. S’il ne tenait qu’à moi, je l’embrasserais encore… »

À lire absolument!

La vie secrète d’une mère indigne –  Fiona Neil

La vie secrète d'une mère indigne - fiona NeilLe titre à lui seul en dit déjà long sur la teneur de ce roman. Et on ne se trompe pas! La mère indigne ici c’est Lucy:  maman de trois garçons plus terribles les uns que les autres et débordant d’idées saugrenues pour passer le temps autrement qu’en faisant leurs devoirs. Lucy est tellement débordée, dépassée, submergée par son quotidien qu’il lui arrive d’emmener ses enfants à l’école en pyjama juste en enfilant un manteau par dessus ce vêtement  bien pratique parfois. Cette maman au foyer travaillait pour une chaine de télé avant d’avoir ses enfants Ce travail prenant n’étant pas compatible avec sa vie de maman elle arrête tout et là c’est le drame.

Entre les factures et contraventions qui s’accumulent, les lessives qui ne se font pas ( pourtant sa belle-mère lui a bien dis qu’avec un jour par semaine consacré à la lessive et tout irait bien mieux … ) Lucy perd pied de jour en jour tout en gardant la tête haute et en trouvant pour chaque problème une solution. Pour arranger le tout elle est marié à Tom qui est encore plus maniaque que Monsieur Monk!! Donc évidemment ça explose parfois. Et comme toute femme, elle a son lot de copines, avec chacune une vie sentimentale bien particulière; celle qui attend qu’Il quitte sa femme et ses enfants pour le grand Amour et celle qui ne peut pas choisir entre les deux avec lesquels elle sort… Vous vous dites c’est bien compliqué tout ça et bien ce n’est rien comparé au cataclysme qui s’abat sur notre Lucy quand « Père-au-foyer-sexy » débarque à l’école et donc dans sa vie… Là Lucy touche presque le fond mais arrive encore et toujours à se sortir des pires embarras qui, croyez moi sont bien pires à gérer qu’une crise économique parfois… (by Sophie)

Elle et lui – Marc Levy

Elle et Lui Lila sur sa TerrasseLire un livre de Marc Levy, pour moi c’est un pur bonheur et lorsque celui ci fait un retour à la comédie romantique c’est un véritable délice.

« Elle et lui » … Elle c’est Mia, actrice anglaise, une de ces stars montantes qui en a marre de tout, surtout de l’amour, trompée par un mari volage, elle décide de faire un break incognito à Paris chez son amie Daisy. Lui c’est Paul, écrivain américain installé Paris depuis quelques années après le succès éphémère de son premier roman à San Francisco… Paul: les adeptes de Marc Levy,  vous en souvenez vous? C’est le meilleur ami d’ Arthur, oui Arthur ce même Arthur qui en 2000 faisait la connaissance d’une façon très étrange de celle qui serait sa future femme Lauren… Eh oui je l’ai dit! Un magnifique clin d’oeil à « Et si c’était vrai ». Elle et Lui c’est une histoire d’amitié avant tout, entre Mia et Paul, deux personnes qui se sentent seules. Tous deux ne croient plus en l’amour, tous les deux ne veulent plus aimer et comptent bien en rester là… Mais l’amour frappe toujours là où on ne s’y attend pas.

Extraits…

« Elle avança sur le zinc des toits de l’Opéra Garnier, découvrant une vue magistrale de Paris. Elle jura en Anglais et se tourna vers Paul.

-Vous ne venez pas? Pourquoi m’avoir conduite ici si vous avez le vertige?

-Parce que vous, vous n’en souffrez pas. Ce panorama est unique au monde. Continuez, je vous attends là.Emplissez vos yeux , ceux qui ont eu la chance de découvrir ainsi la Ville des lumières se comptent sur les doigts d’une main disons de quelques mains. Avancez, ne ratez rien du spectacle. Un soir d’hiver, devant votre cheminée d’un vieux manoir anglais, vous raconterez à vos arrières petits lords l’histoire d’un autre soir où vous admiriez Paris depuis les toits de l’Opéra.Vous serez si âgée que vous aurez oublié mon prénom, mais vous vous souviendrez d’avoir eu un ami à Paris. »

(by Vanda)

Le sourire des Pendus – Nathalie Hug Jérôme Camut

Photo de la couverture du roman Le sourire des pendus par Jérôme Camut et Nathalie Hug

Pour ceux qui n’ont pas lu cette chronique, on clique ici!!!

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2 Commentaires

  • Répondre Quand avril est froid et pluvieux, les lectures n'en vont que mieux. - Lila sur sa Terrasse 3 mai 2015 à 18 h 04 min

    […] sur la Terrasse, nous avons toutes craqué pour Agnès et ses différents livres. Et nous avons cette certitude qui devrait devenir un dicton, d’ailleurs: « Un […]

  • Répondre 25 idées de livres à lire ou relire cet été... - Lila sur sa Terrasse 19 juin 2015 à 12 h 31 min

    […] idées de livres à lire ou relire cet été… Et il y en d’autres dans notre sélection de mars, d’avril et de mai! celle de juin ne saurait […]

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