Le Boudoir des Nanas

Du mensonge et d’autres démons.

26 juin 2015
Mensonge

MensongeLe mensonge…

Qui peut affirmer ici qu’il n’a jamais menti, ne ment pas et ne mentira jamais? Personne.

Le mensonge fait partie de la nature humaine. Nous mentons pour préserver les apparences, pour nous préserver ou préserver les autres. A différents niveaux.

Le mensonge pour faire du mal. Pour blesser. Pour se venger. Dans l’espoir de faire souffrir. Le pire de tous. Le mensonge assumé et violent. Pour le plaisir de voir la personne se décomposer, se mettre à genoux. Pour avoir la satisfaction de l’avoir touchée. Insidieusement. A défaut d’avoir su la toucher intelligemment.  Le mensonge qu’on endosse telle une seconde peau. Parce que l’on ne sait plus s’en défaire.

Le mensonge pour préserver…

Dire que tout va bien, alors que cela ne va pas. Dire qu’on n’a pas eu le temps de faire ce qu’on avait dit, alors qu’on n’en avait pas envie. Dire que l’on n’a pas faim, alors qu’on n’aime pas ce qui nous est proposé. Dire que c’est la fatigue qui nous rend exécrable alors qu’il existe de nombreuses autres raisons. Dire que l’on n’aime pas alors qu’on crève d’envie de le crier haut et fort. Dire tout alors que l’on pense le contraire.

Il est souvent plus simple de mentir que de dire la vérité, si tant est qu’il y en ait une.

On ment  si l’on dit que l’on se  moque éperdument de ce que l’on pense de nous? Régulièrement oui. Parce qu’on ne veut pas afficher cette faiblesse qu’est l’importance du regard des autres.

On ment si l’on dit que tout va pour le mieux? Souvent oui. Pour éviter d’avoir à raconter ses malheurs, ses angoisses et qu’on n’a pas envie de s’épancher et qu’il paraît plus simple de ne rien dire.

On ment si l’on dit qu’on n’a besoin de rien d’autre que ce que l’on a? Parfois oui. Pour ne pas avoir à afficher notre dégoût de notre éventuel échec, notre infinie tristesse de ce qu’on aurait aimé faire et que l’on n’a pas su ou osé.

On ment si on prétend ne pas aimer celui qui ne nous regarde pas? Evidemment oui. Pour ne pas être jugé(e). Parce qu’on a peur de ce que nos sentiments dévoilés peuvent engendrer. Parce qu’aimer fait peur. Terrorise. Et que cette peur est annihilante. Qu’on la hait au plus haut point et qu’on n’a pas assez confiance en nous pour l’affronter, la faire voler en éclats.

On ment si on affirme que la vie est belle? Parfois oui. Parce que la vie sait être dégeulasse. Infâme. Et que cette infâmie est capable de nous mettre à genoux, nous faire hurler en silence, ou pas. Et faire couler des fleuves salés, enfouis dans l’obscurité de nuits solitaires, même si on n’est pas « physiquement » seul(e).

On ment si on dit que l’on plaisante en disant certaines choses? Souvent oui. Dire les choses en prétendant que ce sont des mensonges pour ne pas subir les foudres de l’autre, des autres. Pour se préserver des conséquences d’une franchise, d’émotions trop vite avouées.

On ment en prétextant que des paroles indélicates ne nous ont pas touchées? Toujours oui. Parce que les mots sont souvent plus blessants que les actes. Et que ceux ci ouvrent des plaies béantes qu’il sera parfois impossible de refermer. Ou alors avec une cicatrice monstrueuse qui nous rappellera combien on a souffert Et que l’on mentira pour éviter d’en parler. Ne pas toucher à cette cicatrice pour ne pas risquer de l’ouvrir à nouveau.

On ment si l’on dit que l’on a tout pardonné? Parfois oui. Parce qu’on a pardonné par obligation. Même en étant conscient de ce nouveau mensonge. Parce qu’il est plus simple de penser, de faire croire que nous avons oublié.

On ment si on continue à faire comme si de rien n’était? Régulièrement oui. Pour ne pas remettre en question son équilibre que l’on croit infaillible.

Mais en fait… Rien n’est infaillible. Il existe des failles partout, en chacun de nous. Des failles que l’on essaie d’oublier, de colmater, de nier. Des failles qui ont fait de nous ce que nous sommes, ce que nous donnons l’impression d’être, à nous et aux autres. Des failles qui ont permis à cette terrible chose de s’ancrer au plus profond de nos entrailles. Mentir. Donner l’illusion. Fuir et surtout ne pas affronter cette vérité qui serait peut être salvatrice. Qui peut être nous sauverait, une fois nos failles refermées.

Mais comment fait on pour les refermer ces failles? En est-on seulement capable? Pourquoi se jette-t on a corps perdu dans une réalité qui n’est pas celle que l’on souhaiterait?

Parce qu’on a peur. Parce que le souvenir de ces souffrances sera souvent plus fort que l’idée d’une éventuelle guérison, qui passera par de nouvelles souffrances, de natures différentes mais qui nous paraissent effrayantes.

Je dis souvent que la peur n’est qu’une illusion. Parce que nous n’avons pas peur des mêmes choses. Et qu’elle est impalpable. Mais c’est faux. La peur existe et nous la combattons chaque jour. A notre façon. La peur existe. Comme celle qui nous fait nous retourner dans la rue quand nous rentrons, seul(e), entourée par une obscurité oppressante. Parce qu’on sait que le danger est présent et qu’il peut surgir à tout moment, comme un mal qui patiente en attendant de nous frapper de plein fouet. Le mensonge naît de cette peur.

Ne plus mentir, ne plus avoir peur, ne plus fuir, ne plus se cacher derrière des forteresses intérieures. Voilà le combat quotidien de chacun d’entre nous.

Il ne faut pas prétendre vouloir préserver ou se préserver derrière des faux semblants. Il ne faut pas avoir peur de regarder une réalité, une vérité, en face. Ne pas avoir peur de dire ce dont on rêve, ce que l’on souhaite.

Existe-t-il des pieux mensonges? Des mensonges pour éviter ce mal? Il paraîtrait. Si l’on évite le mal aux autres, on se fait du mal, en se mentant à soi même. Par lâcheté. par facilité. Et ce mensonge reste en nous. Personne ne devrait avoir à se mentir à soi même. Mais qui d’entre nous est indemne de cela? Personne.

Et puis il ne faut pas se leurrer. Les personnes les plus proches savent quand vous mentez. Parce que les yeux ne savent pas mentir, eux. Les regards sont éteints, absents et vagues. Les sourires deviennent feutrés, évasifs.  Et même si on essaie de les  persuader du contraire, ils ne seront pas dupes. Ils accepteront, ou vous pousseront dans vos retranchements. Que vous le vouliez ou pas.

La vérité fait mal. Mais le mensonge est pire encore car il brise cette confiance que l’on avait en l’autre, ou en soi,  parce qu’il fait voler en éclats ce que l’on pensait acquis, ce qu’on croyait acquis. Rien n’est jamais acquis. Jamais. Tout est à conquérir. Toujours. C’est cela qui est difficile.

Daniel Darc écrivait et chantait très justement, dans sa bouleversante chanson « La pluie qui tombe »:

« (…) Les regrets, ça va droit au coeur

Et ça y reste jusqu’à ce qu’on meurt

Quand on est mort, que reste-t-il? (…) »

Ne pas, ne plus mentir, pour ne pas regretter.

C’est ce que je vous souhaite. A tous et à toutes.

Love.

 

[ssba]

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Un commentaire

  • Répondre Être amourophobe... - Lila sur sa Terrasse 17 août 2015 à 9 h 46 min

    […] Vous avez déjà lu sur cette terrasse des articles concernant la vie de couple, la vie de maman, le mensonge…. […]

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