La Malle aux Livres

En septembre, s’il tonne, les lectures sont bonnes.

5 octobre 2015
Photo de Marilyn Monroe en peignoir de bain, lisant allongée la main droite tenant sa tête

Véritable dicton « En septembre, s’il tonne, la vendange est bonne. »

Le Goût des Souvenirs – Erica Bauermeister

le goût des souvenirsEn découvrant ce livre, j’ai souri: j’ignorais que « L’Ecole des Saveurs » avait une suite…

Si le premier a été une très agréable surprise et a réussi à me redonner l’envie de cuisiner… (Enfin… Non… J’avais envie de m’y remettre mais ce roman a été la petite flamme qui me manquait… )

Le second m’a laissé plutôt perplexe… Peu de choses se passent dans la cuisine de Lilian; on découvre de nouveaux personnages; on apprend à beaucoup mieux connaître les anciens; mais de cuisine, point… Ou juste 2/3 minuscules passages… Les relations entre les protagonistes sont intéressantes, certaines réflexions sur la vie de couple font sourire… Mais de piment, point! Le charme du premier n’a pas été reconduit ici, et c’est bien dommage, car Erica Bauermeister a malgré tout une jolie plume.

 

 

Le liseur du 6h27 – Jean-Paul Didierlaurent

le liseur du 6h27Sms de ma chère Corinne en juillet « Si tu ne l’as pas lu, tu dois! Le Liseur du 6h27… »

Je l’ai donc lu…

Ce livre se lit avec un sourire, c’est une ôde à la lecture, à l’objet « livre », aux lecteurs et à ce plaisir incommensurable qu’est le plaisir de partager. Jean Paul Didierlaurent aime les livre et cela se ressent dès les premières lignes. Guylain travaille dans une usine « broyeuse de livres »: une machine monstrueuse broie, lamine, écrase les invendus, les fins de série… Chaque jour, Guylain sauve des mâchoires métalliques quelques pages. qu’il garde précieusement: il les lira aux passagers de son RER de 6h27. Comme un ultime hommage… Ses lectures sont attendues. Ses lectures plaisent. Il va rencontrer des personnes qui vont lui faire découvrir que le partage est bien l’une des choses essentielles de notre époque… Et petit clin d’oeil à la technologie moderne (?), il va rencontrer Julie, virtuellement, en lisant le contenu de la clef USB oubliée dans ce même RER, avant de partir à sa recherche… Un conte moderne, une déclaration d’amour à la lecture. A découvrir!

 

« Arrive un vagabond » – Robert Goolrick

Arrive un vagabondRoman limite jouissif!!!! Si, si! Je vous assure!

Pour plusieurs raisons.

Déjà, l’univers des campagnes ou petites villes américaines de l’après guerre  me fascine toujours… Ne me demandez pas pourquoi… Sans doute le talent narratif de ces auteurs rencontrés au fil de mes lectures…

Et surtout par le talent de Robert Goolrick pour nous plonger dans cette histoire, au goût de cafés dégustés dans les rocking chair sur les terrasses en bois des maisonnettes, dans le vent chaud de l’été, dans la torpeur des journées de repos ou dans la gaieté des fêtes dominicales…

Ah oui…. Aussi… Pour la description de l’élégance de ces femmes qui, à l’époque, prenaient un soin tout particuliers à se vêtir comme des princesses, alors qu’elles étaient  loin de l’être…

Dans une petite ville paisible de Virginie, la vie avance doucement, réglée au son des cloches des différentes églises… Des vies paisibles, « droites » au chemin tout tracé, « dans la crainte de dieu et le respect des convenances »…

Puis arrive Charlie Beale, un « vagabond », qui va éveiller la méfiance de la population avant d’en devenir la coqueluche…

Il se lie d’amitié avec un enfant un peu spécial… Avant de tomber amoureux de Sylvan, femme-enfant sublime mariée de force à un vieux goujat mais riche…

Et tout doucement, le roman nous entraîne dans une histoire belle mais périlleuse, dans laquelle on se laisse absorber, lisant jusqu’à la dernière syllabe, en étant convaincu d’avoir là, un petit bijou entre les mains… Tout y est abordé: la politique à cette époque, le racisme envers les noirs qui ont leur propre église, vivent à l’écart de la ville  et qui refusent de se mélanger au reste de la population (mais qui ont un rôle à part entière dans ce tourbillon littéraire), l’omniprésence de l’église dans la vie quotidienne, les différences hommes/femmes… Un roman d’une époque pas si lointaine…

Si l’on comprend vite que leur histoire d’amour sera difficile, voire un échec, la fin vous laisse sans voix, émus et bouleversés.

On referme le livre sur les derniers mots du petit garçon, Beebo, devenu vieux et narrateur de cette histoire, en souriant…

« C’est le récit de ce monde, l’album de votre petite vie, et lorsque vous ne serez plus que poussière et ténèbres dans la tombe, il racontera votre histoire. »

A lire AB-SO-LU-MENT!!!

1, rue des Petits Pas – Nathalie Hug

livre septemebre1Ce livre de Nathalie Hug retrace la vie d’une courageuse sage femme à la fin de la première guerre mondiale dans la région de Verdun. Sage femme pas tout à fait car à cette époque le métier de sage femme était très strict quant aux actes qu’elles pouvaient pratiquer en dépit de la vie ou de la mort du nourrisson ou de la mère. Louise, une jeune femme qui a vécu des atrocités durant la guerre, se retrouve dans un petit village lorrain dans lequel elle va aider les femmes à sortir des affres de la guerre, à vivre avec le retour des hommes du front, à la réorganisation de la Vie au quotidien. Elle assiste durant cette période une étrange sage femme Vida avec qui elle va vivre une de ces histoires des plus passionnantes et surtout surprenantes. C’est ce mystère, la force du courage des femmes, qui sont bien plus courageuses et battantes que beaucoup d’hommes, qui ont fait que ce livre est selon moi, un hymne à la femme, à sa force de combattante. (Sophie)

 

Les deux messieurs de Bruxelles – Eric-Emmanuel Schmitt

livresptemebre2C’est cette couverture avec ce tableau de Magritte qui m’a fait m’arrêter sur ce livre. Il s’agit d’un recueil de cinq histoires d’amour complétement différentes les unes des autres. Toutes très surprenantes quant à la définition de l’amour qui y est apportée : amour d’hommes, de femmes, pour leurs semblables ou pour les animaux.

Si je devais en retenir une ce serait Ménage à trois. L’histoire d’une veuve qui s’est remariée à un homme qui voue un culte au mari défunt de cette dernière. Bizarre me direz vous? Et bien lisez-le vite et vous verrez qu’il n’y a rien d’étrange dans cette passion.

(Sophie)

 

 

Entre mes mains le bonheur se faufile – Agnès Martin Lugand

lectureseptembre3Vivre de sa passion, vivre pour sa passion, voilà le rêve d’Iris. Un rêve qui lui a d’abord été enlevé sans qu’elle le sache. Puis elle sort de sa coquille et se donne les moyens d’y parvenir  malgré le peu de soutien, voire même l’abandon, de son entourage.

C’est là qu’elle rencontre son Pygmalion qui la fait grandir, progresser jusqu’à atteindre la perfection. Mais quand le Pygmalion abandonne son élève, quand la trahison s’en mêle, Iris trouve l’énergie de se battre et de sortir  grandie afin d’attaquer une nouvelle vie, sa Vie.

Agnès Martin Lugand nous entraîne dans une histoire passionnante qui montre que la passion, justement, nous amène à vivre de belles choses. (Sophie)

 

Effroyables Jardins – Michel Quint

Effroyables jardinsUn histoire émouvante, dont le point de départ est la présence d’un clown devant le Tribunal de Bordeaux, à chaque jour d’audience du procès de Maurice Papon. Il aurait dit, lors de l’énoncé du verdict:

« Sans vérité, comment peut-il y avoir de l’espoir? »

Et ce livre bouleversant est un magnifique témoignage et message d’espoir. Le narrateur raconte la honte qu’il éprouvait lorsque son père abandonnait la famille durant quelques heures pour aller faire le clown devant des personnes malades, pauvres, revenant souvent sans le sou, juste pour leur apporter un petit bonheur. Jusqu’au jour où son oncle lui explique tout. Le passé de résistant de son père, la prison, le calvaire et l’espoir venu par le gardien, Bernhard Wicki , homme bon et providentiel qui faisait discrètement le clown pour leur redonner du courage, et leur donnait de la nourriture en cachette…

Avec une immense tendresse, une grande pudeur et une plume superbe, Michel Quint rend hommage et dédicace cet ouvrage à son père et son grand père …

« (…) qui m’ont ouvert en grand la mémoire de l’horreur et fait pourtant apprendre la langue allemande, parce qu’ils sentaient bien que le manichéisme en histoire est une sottise. (…) »

A lire absolument.

Dans le silence du vent – Louise Erdrich

lecturesPour ceux qui qui n’ont pas lu cette chronique en partenariat avec le Livre de Poche, on clique ICI!

 

 

[ssba]

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