La Malle aux Livres

… et ils vécurent heureux – Aline Baudry Scherer

22 novembre 2015

Aline Baudry Scherer Recevoir un mail d’une/un auteur vous proposant son livre à chroniquer est un moment toujours très touchant pour moi. Pour tout ce que cela implique.

Quand Aline m’a contactée pour me proposer le sien, j’ai accepté sans hésiter.

Honnêtement? En voyant le titre, je me suis dit « Oh merde! Pourvu que cela ne soit pas une comédie romantique, parce que je vais dire quoi, moi? » Pas trop mon truc.

Et puis je suis allée voir les articles le concernant…

Et puis je l’ai reçu avec un gentil mot.

Et puis je l’ai ouvert.

Et puis j’ai plongé.

Véritablement.

Parce que non! Ce n’est pas une comédie romantique, loin de là.

C’est un livre poignant  sur le deuil, sur la force qu’on peut trouver en nous pour surmonter des moments terribles, sur l’amitié, sur la famille, sur l’inégalable force que l’on tire de nos enfants… Sur la vie, tout simplement.

Quand son mari disparaît tragiquement, Elise se retrouve perdue. Perdue mais pas seule. Parce qu’elle a la chance d’être entourée. Très bien entourée. Et malgré cela, elle va perdre pied. Un temps. Le temps d’apprendre une nouvelle surprenante  qui ne lui laisse guère le choix….

Oui elle va devoir se battre pour faire face à tout cela. Oui elle va devoir réapprendre à être heureuse pour voir sourire ses enfants. Oui Gabriel va lui manquer, au point qu’elle lui parle quand elle est mal et seule. Oui la vie vient de lui jouer un putain de sale tour. Mais elle va se battre. Oui elle va flancher, faire des conneries, craquer, se sentir incapable de certaines choses. Mais elle va prendre la vie à bras le corps et avancer, régler ses comptes avec ceux qui l’entourent et qui la jugent, mais surtout avec elle même. Et ensuite renaître de ses cendres.

Et c’est beau.

Parce qu’à aucun moment, Aline Baudry-Scherer ne sombre dans le mélodrame, ni le pathos. Jamais. Bien au contraire.

Elle a une plume drôle, ironique, forte qui sait dire des choses terribles avec un humour qui défie l’entendement. Même dans des scènes difficiles, je me suis surprise à sourire. Et surtout, surtout, elle a une lucidité qui nous gifle parfois. Une lucidité qui sait remettre les choses à leur juste place. Une lucidité qui ne laisse pas de place à l’apitoiement.

La reconstruction d’Elise ne se fait pas sans mal. Ceux qui ont un vécu similaire le savent. Mais elle se fait. Avec sa famille, ses amis, et surtout ses enfants. En regardant ce qu’elle faisait avant. Et ce qu’elle souhaite, ELLE, faire après. Sans se soucier du regard des autres. Même si c’est difficile. Et surtout, elle va apprendre à regarder autrement les autres, à leur poser la question « Et toi ça va? », simple question que l’on oublie parfois de poser quand tout va mal. Quand on ne sait pas regarder autre chose que notre proéminent nombril.

 » Sérieusement, j’admets que ta couche est encore chaude, et que coucher avec quelqu’un c’est légèrement plus impliquant que de prendre un café. Mais objectivement, une demi-heure de plaisir dans une année pourrie, ce n’est pas le bout du monde, si? Et franchement, est-ce que j’ai encore des comptes à te rendre? En tout état de cause, tu es quand même mort. Sur une échelle de un à dix, c’est le plus haut niveau d’absence! (…) Alors voilà Gabriel, j’ai couché avec un inconnu, et j’ai aimé ça. Du coup je me sens coupable. Et je demande l’absolution, pour me sentir plus légère. Parce que j’en peux plus, parce que j’en ai marre, parce que je veux que tu reviennes, parce que je t’aime comme une dingue et que tu m’as laissée tomber. »

« Mais je les emmerde les pédiatres, Les Dolto, les Naouri, les Bettelheim… Ils m’ont élevée, moi, maintenant c’est à moi d’élever mes enfants! Tu veux que je te dise? Quand tu pars le soir, Gaspard dort avec moi. Ça me fait plaisir et à lui aussi. Ça nous fait du bien à tous les deux, on pleure moins comme ça. Pourquoi tu crois que je n’osais pas te dire ça non plus? parce que tu juges. Toi la mère parfaite. (…) La vérité ce n’est pas tant que tu tiennes au rythme, tu as surtout peur que je t’échappe. … »

« C’est le moment de porter un toast. Je me mets debout au milieu du brouhaha, et lève mon verre. Petit à petit, le silence se fait, ils attendent mon discours. J’aimerais leur avouer que les émotions fortes ont été mon lot quotidien ces derniers mois, et qu’on ne peut pas dire que j’aie fait preuve de la plus grande sérénité. Je voudrais qu’ils sachent que leur présence est un cadeau, qu’ils m’ont soutenue, portée, entourée quand je ne me rendais pas forcément compte d’avoir besoin d’eux. (…) Que je sens que j’avance vers le meilleur, et même si je n’ai pas fini mes tours de montagnes russes, les chutes devraient être moins violentes désormais, et qu’ils n’y sont pas pour rien. Qu’aujourd’hui je prends la mesure, mieux vaut tard que jamais, de leur affection, de leur gentillesse. De leur amour, même, allons y franchement. Il me semblait ne plus avoir de larmes, pourtant j’ai encore envie de pleurer, de gratitude cette fois « Merci pour le coup de main. Qui veut encore de la pizza? ». « 

Tout en pudeur, Aline Baudry-Scherer nous entraîne dans l’histoire d’Elise. Et on s’y sent bien. On referme ce livre en souriant. Parce que les dernières pages sont jubilatoires. Et surtout… Parce qu’au-delà de nos souffrances quotidiennes, petites ou grandes, il existe en chacun de nous l’espoir, cette certitude que le meilleur reste à venir, que tout va aller mieux. Malgré tout.

Une fois qu’on a compris cela, on a tout compris.

POUR ACHETER LE LIVE D’ALINE, C’EST ICI!!!!

[ssba]

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3 Commentaires

  • natrado@aol.com'
    Répondre Nath'Nath' 23 novembre 2015 à 0 h 11 min

    Hâte de l’avoir comme livre de chevet… Des bisous ma Nath

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 23 novembre 2015 à 18 h 44 min

      Tu vas l’adorer ma Nath!

  • Répondre Quelque temps qu'il fasse en novembre, lis dans ta chambre. - Lila sur sa Terrasse 2 décembre 2015 à 19 h 38 min

    […] Pour ceux qui n’ont pas lu cette chronique, c’est ici… […]

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