Le Boudoir des Nanas

Être amourophobe…

16 août 2015

Inutile de chercher dans le dictionnaire! Ce mot n’a aucune existence étymologique vérifiée.

Mais bon vous aurez compris le sens en lisant « -phobe »… « Amourophobe=Qui a peur de l’amour »

Vous avez déjà lu sur cette terrasse des articles concernant la vie de couple, la vie de maman, le mensonge….

Mais sur l’amourophobie, jamais. Ce mot n’existe pas mais moi je le trouve très beau.

Même s’il regorge de choses pas forcément positives.

Parce que ce n’est pas beau la peur. C’est sans doute l’un des pires sentiments qui existent.

La peur nous tétanise, parce que nous craignons de souffrir, de faire souffrir, d’être confrontés à la dure réalité, de confronter les autres à notre dure réalité… La peur nous fait faire des actes que nous regrettons parfois… Instinctivement. Nous allons essayer de la faire fuir en agissant, en prenant des décisions qui ne nous ressemblent pas, que nous pensions justes mais que le temps nous montrera regrettables… La peur est souvent la conséquence de souffrances vécues ou imaginées…

Nous avons peur de l’avion, du vide, de la mort… Ce sont des peurs réelles issues de notre imagination, de nos appréhensions. Peu de gens ont peur de l’avion parce qu’ils ont déjà eu un accident, du vide car ils ont fait un grand saut involontaire ou de la mort qu’ils ne peuvent avoir vécu personnellement… Ce sont les accidents de la vie des autres qui ancrent ces peurs en nous… Nous les accentuons parce que nous avons  une imagination débordante, parce que nous nous identifions aux victimes, aux personnes qui ont souffert, que nous les connaissions ou pas…

Certaines peurs sont compréhensibles: insectes, douleur, piqûres (n’est ce pas messieurs?), feu… parce que nous avons vécu des expériences pas très agréables. Peut-on parler de peur « concrète »? Je l’ignore… C’est un sujet très philosophique que la peur…

Être amourophobe? Pourquoi?

Les raisons de cette peur de l’amour sont souvent très concrètes.

Nous avons tous et toutes vécues des histoires décevantes. Mais est-ce pour cela que l’on a peur de l’amour?

Non… je ne pense pas.

Nous avons peur de l’amour parce que nous avons souffert à de nombreux niveaux. Parce que nous avons aimé alors que nous l’étions pas. Parce que nous avons vécu un amour impossible. Parce que nous avons été trahi(e)s, humiliés… Etc…

Mais aussi et surtout parce que nous nous sommes trompés sur beaucoup de choses. Nous avons souvent idéalisé ce qui ne devait pas l’être. Rien ne devrait l’être d’ailleurs… Les idéaux sont des utopies. En amour comme ailleurs. Voire même plus.

Comment avons nous pu supporter les critiques régulières et infondées, sur notre façon de voir les choses, la vie… Ou encore pire, sur notre physique, nos défauts? Ces mots blessants, humiliants qui nous ont donné des complexes,  dont les stigmates se ressentent encore chaque jour. Des blessures qui nous empêchent de nous sentir beaux/belles, qui nous ont laissé ce besoin de nous cacher, de nous mettre en retrait… Des oiseaux aux ailes cassées… Ils survivent, mais ne volent pas. Ils sautillent, regardent le ciel mais ne peuvent plus s’envoler. A cause de mots… A cause de la bêtise de l’autre. Du désaveu de ce qu’on pensait être de l’amour. Ce en quoi on croyait…

Et surtout… Détester l’idée que nous avons laissé faire. Que nous n’avons rien su dire. Que nous avons encaissé les remarques sans un mot. Et que nous les avons crus. Au nom de ce prétendu amour.

Alors oui c’est con. Oui C’est idiot. Mais certaines blessures ne se referment pas.

Après tout cela… Tomber amoureux-se à nouveau?

Pour certains c’est essentiel.

Pour d’autres inconcevable.

Et pour beaucoup… Nous devenons amourophobes… Nous savons que l’amour existe mais cela nous fait peur…

Alors nous nous protégeons. Nous nous armons contre celui ou celle qui viendrait nous faire flancher.

Nous nous berçons d’une nouvelle illusion: après l’amour coûte que coûte, l’amour « de toute façon je souffrirai, alors… »

Nous n’avons plus ce sourire sarcastique en voyant un couple enlacé, complice… Non. Nous avons envie de leur dire « Profitez, c’est chouette d’être amoureux. Moi je n’arriverai plus à l’être. »

Nous ne ricanons plus en étant invités à un mariage, nous contentant d’apprécier ce moment où tous semblent heureux. Ou font mine de l’être.

Nous vivons tranquillement, sans coups de folie à 2, sans surprises remplies d’émotions. Nous sortons avec nos ami(e)s, nos potes et nous oublions de regarder autour de nous. Ou alors nous refusons d’éventuellement croiser un regard qui pourrait s’avérer troublant.

Nous apprenons à devenir égoïstes. A justifier notre choix en se regardant le nombril. « Ah non c’est bon hein! Pas de mec chez moi! J’suis trop bien toute seule! » Mais cette solitude est néanmoins pesante certains soirs.

Nous remplissons nos vies de petites choses fabuleuses; de celles qui nous font rire ou sourire. Et nous en oublions parfois cette solitude affective. Et nous citons Barbara Et sa phrase « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous! » à ses ami(e)s, grisés par le champagne, ou autre alcool…

Nous rions aux éclats, nous paraissons rayonnant(e)s et heureux-ses en soirée: certains osant parfois nous dire « La chance que tu as d’être seul(e)! » Et l’envie de cracher des mots cinglants, ceux qui feraient mal et qui remettraient les choses à leur juste place. Mais non… Nous continuons à nous amuser. Parce que la vie est chouette, malgré tout.

Nous savons rire des questions habituelles: « Alors? Toujours célibataire? T’as rencontré personne? » « Ben si j’ai rencontré mon voisin devant la porte, pourquoi? » Ou alors « C’est dingue qu’une fille comme toi soit encore célibataire! » « Ouais… C’est peut-être ça le problème, je suis trop parfaite! »

Nous regardons parfois en arrière. En nous demandant « Et si… », nous forgeant cette certitude « Je ne sais pas ce que je veux, mais je  sais ce que je ne veux plus. »

Nous devenons les confident(e)s de nos ami(e)s en pleine crise conjugale, comme si notre long célibat nous donnait une sagesse en la matière. Et nous leur rappelons que nous ne détenons pas la vérité absolue, la parole divine, et surtout qu’il n’y a pas de modèles, mais que des exemples…

Et surtout, surtout… Nous avons ce tort incroyable; nous faisons cette erreur incommensurable: nous refusons de lâcher prise. Nous nous obstinons à nous accrocher à nos convictions, refusant de les voir s’ébranler. Parce que nous avons peur. Terriblement peur. Nous craignons la déception. la souffrance; celles qui font partie intégrante de nos vies. Qu’elles soient petites ou grandes, elles existent. Il faut essayer de les accepter.

Y-a-t-il une guérison possible de cette « amourophobie »?

Oui. J’en suis certaine.

Le remède se trouve au début de ce mot, justement.

Il faut juste croiser la bonne personne.

Au bon moment.

Et là… A ce moment précis: accepter une seule et unique chose:  lâcher prise. Absolument.

(A tous ceux qui savent mieux que quiconque écouter nos états d’âme, nos craintes, nos questions… Et qui portent le nom d’ « amis » ou « amies »… Les miens sont inestimables.  Les miennes sont exceptionnelles… )

[ssba]

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6 Commentaires

  • Carjean57@gmail.com'
    Répondre Carole 17 août 2015 à 9 h 09 min

    Bonjour
    Quelques pensées trés personnelles suite à l article sur l amourophobie.
    Il n y a pas d utopie ou d idéal en amour..
    L amour te tombe dessus comme ça puis te porte ou pas..
    Se protéger de l amour, c est s interdire de vivre, de vibrer, de planer, de voler..
    L Amour rend fort, peut tout…
    Bien sûr on souffre mais ça vaut le coup pour l envol, le partage, les attentions, les calins,la tendresse.. Pour tous ces instants magiques en dehors de tout ,que seul l amour cree et permet..
    Sans Amour la vie est une petite chose
    L Amour c est le grand8,les frissons, le chocolat de 4h,le parfum des fleurs, des instants dérobés.. C est surtout la symbiose de deux êtres qui se serrent, se caressent, s attendent, se parlent, s égratignent et se blessent aussi.. Mais il y a des épines dans toutes les choses…
    Bien sûr qu on a peur…
    Mais quand l amour est partagé et qu’on se voit dans le regard de l autre c est si bon..
    Alors soyons gourmands d ´Amour et surtout ne nous l interdisons pas…

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 17 août 2015 à 10 h 04 min

      Oh que je suis d’accord Carole!!! C’est fabuleux! Tu vois: je ne suis pas découragée hein? juste craintive!!! 🙂
      Merci… <3

  • Rimoux.n@orange.fr'
    Répondre Nelly 19 août 2015 à 21 h 30 min

    Ah ! L’amour qui fait couler tant d’encre être larmes . Mais je suis d’accord que serait une vie sans amour . Avant d’avoir été perdu il a été trouvé et c’est que le rend malgré tout indispensable . Merci pour ce bel écrit et je vous souhaite plein de papillons dans le ventre et des étoiles dans les yeux pour ces années à venir ????

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 21 août 2015 à 18 h 07 min

      hé oui ma chère Nelly… Que serait on sans lui? Je suis amourophobe et j’en suis consciente: est – ce le début de la « guérison »? 😀 Enormes bisous

  • Répondre Conversion - Katherine HOWE - Lila sur sa Terrasse 2 septembre 2015 à 21 h 04 min

    […] ado attardé princesse que je partage avec certaines chroniqueuses de la terrasse mais pas avec toutes! Ne vous inquiétez pas on s’aime malgré nos différences! Bon j’en reviens à […]

  • Répondre Nos questions… Les réponses de India Desjardins - Lila sur sa Terrasse 21 octobre 2015 à 19 h 59 min

    […] sauté aux yeux et que j’ai ressorti un soir en terrasse à mes copines de la Team. Oui l’amourophobe ce n’est pas de moi, mais de :« Jasmine. » ou plutôt de India devrais-je […]

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