Mes Confidences

Faire une pause. Absolument.

3 février 2018

Il est 15h. Un samedi après midi comme tant d’autres.

Non. Pardon. Pas comme tant d’autres.

Aujourd’hui, j’ai décidé de ne rien faire. Rien de rien.

A part faire le légume sur mon canapé, sous un plaid; regarder des séries à la con; réchauffer des restes.

Rien d’autre.

Ni ménage, ni lessive, ni courses, ni rangement, ni travail, ni visites/café/klatsch. Rien. Absolument rien.

Et c’est d’ailleurs assez amusant comme on arrive à ne rien faire quand on l’a décidé. Et le pire? Sans mauvaise conscience. Sans interrogations.  Sans regret. Sans frustration éventuelle. J’ai décidé de ne rien faire, donc je ne fais rien.

J’ai un bouquin à côté de moi que je dois terminer et chroniquer incessamment sous peu mais non. Pas envie.

Je suis rentrée dans un mode végétatif avancé.

SI certains voient cela comme une fainéantise, une paresse évidente, et bien moi je leur réponds, haut et fort: OUI C’EST VRAI. Et alors?

J’ai le droit une fois de temps en temps de ne rien faire. De mettre mon quotidien en pause et ne plus passer en coup de vent dans les pièces de ma maison mais prendre le temps d’y flâner, de boire un thé affalée sur un fauteuil en regardant mes plantes pousser. J’ai le droit de m’allonger sur mon lit et de laisser mon esprit vagabonder. J’ai le droit de snober ma pile de linge à repasser, de ne pas regarder celle qui attend d’être lavée, de ne pas ranger le joyeux bordel de ma maison, de mépriser la liste « à faire rapidement » affichée dans ma cuisine, de ne pas répondre à mon courrier, de ne pas cuisiner sainement, de ne pas me refaire une tête parce que là, j’avoue, apparaître sur une affiche de Walking Dead serait dans le domaine du faisable. Rassurez vous: mes mômes ont l’habitude. J’ai le droit de ne pas aller chez l’opticien commander mes nouvelles lunettes alors que les miennes sont dans un état lamentable; en plus, sachez au passage, que mon ophtalmo m’a quand même miné le moral pour les semaines à venir en me déclarant avec le sourire « Presbytie, Madame! On passe aux verres progressifs. » Connard. Merci Docteur. Sourire crispé. Larmes ravalées. Prochaine étape? La ménopause? Donc vous comprendrez ma réticence à aller chez un opticien qui me demandera sans doute si j’ai contracté une mutuelle senior +++.

Ah oui! Il faut que j’aille regonfler les pneus de ma voiture, aussi. Ouais ben j’imagine que cela vous fait sourire. N’empêche que moi cela me gonfle (ha ha ha!) ce genre de truc. Déjà, les appareils ne marchent qu’une fois sur deux. En plus, le temps que je comprenne la pression idéale en regardant leur plan et les consignes sur la portière de ma voiture et les JO de Pyeongchang seront terminés, et une fois que j’ai appuyé sur le bouton, que cela fonctionne et que j’enlève la valve, et ben pfffffffffffff, cela se redégonfle! C’est pénible ce truc. Sans compter que cela salit les doigts, que je dois faire cela sous la pluie, et que souvent des mecs qui font le plein de leur bagnole me regardent, sourire narquois aux lèvres, et que leur manque évident de galanterie me navre au plus haut point. Et que l’on ne vienne pas me dire « Vous avez voulu l’égalité homme/femme hein, alors apprenez   à vous débrouiller! » Parce que je signalerai à ce genre de commentaires débiles qu’à 26 ans j’avais une R18 dont il fallait enlever la tête de Delco les jours de pluie, la sécher au séche cheveux et la remettre sans se tromper de câble de bougie, que j’avais scotché un essuie glace parce qu’il s’enlevait sans arrêt, que je devais purger le radiateur tous les 250 kms (je sais plus pourquoi), que je devais rajouter de l’eau dans ce même radiateur quand il faisait trop chaud et que j’avais bidouiller une fermeture de portière arrière parce que celle ci s’ouvrait en grand dans les virages! Quand elle a dû passer le contrôle technique, le mec a ri, pensant que je plaisantais. Quoi? Elle est bien ma voiture, gros naze. Paix à son âme. A ma R18, nous sommes bien d’accord? Pas au mécano. Autres questions?

Bref.

Je fais une pause.

Le temps d’un souffle, de quelques heures, d’une journée ou deux.

J’ignore si c’est cet interminable mois de janvier qui nous a tous anéantis, mais j’ai l’impression que nous sommes tous en mode « dépression passagère hivernale ». La pluie: je sais pas vous mais mes voisins ont une pompe qui sort de la cave pour déverser l’eau dans le caniveau. C’est con, ils pourraient faire un spa gratos. Eau fraîche et algues. Y’en a qui paient des fortunes pour ça! Se rendent pas compte les gens. J’vais peut-être aller leur dire. Z’ont peut-être pas eu l’idée. Oh pis non. J’leur dirai rien. L’autre jour, j’ai osé garer ma voiture devant chez eux, sur un emplacement public, je précise et j’ai eu droit à un mot doux sur le pare-brise « J’habite ici est vous? Garez vous plus ici la prochaine fois. » J’ai remis le mot dans leur boîte aux lettres avec une réponse mignonne. Hé hé hé. N’empêche que depuis mes pneus sont toujours dégonflés. Je ne veux accuser personne, soyez en certains. Je vais aller m’excuser pour ma réponse agacée en leur offrant un bescherelle. Vous en pensez quoi?

Donc, oui, c’est important de faire une pause.

Profitons de ce temps pour rester au chaud, faire du cocooning et ne rien faire. Je sais, je me répète. Que voulez vous? C’est l’âge avancé… Plus sérieusement, nous avons des vies de dingues! Nous courrons tout le temps, pour tout et rien. Entre le boulot, les gamins, le quotidien à assurer, les bricoles inattendues, et nos activités culturelles et sportives…. Oh merde! J’vous ai pas raconté! Je me suis mise au Badminton! La vache! Je suis étonnée. Déjà que je pensais que c’était pas un sport mais un jeu de plage, j’ai failli arriver en tongs et paréo. Imaginez ma tête en regardant ces échanges d’une force incroyable. Une vingtaine de joueurs pour 4 joueuses. Tous en tenue de sport, à fond. Je vous assure que pour une grande débutante, c’est super difficile de ne pas regarder si les autres se foutent de vous en vous observant attendre le rebond du volant, ou faire un service comme au tennis (plus de 10 ans de pratique… Pas facile à effacer…) sans compter les fous rires parce que oui, moi je fais du sport pour m’amuser. Au grand désespoir de mon cher et tendre qui est un bon joueur, et qui doit regretter à chaque fois que je rate un volant, (c’est à dire tous les 10 secondes) de m’avoir proposé cette activité commune. Pour l’instant je n’ai pété l’arcade de personne ni cassé ma raquette contre un mur, donc tout va bien.

Donc je disais: FAITES UNE PAUSE!

Je vais devenir sérieuse.

On s’en bat les couettes du temps. Objectivement parlant, les mois d’hiver sont faits pour se reposer. Donc on se repose. Point. On offre à notre corps les moments de répit dont il a besoin pour se ressourcer. Oui c’est chiant ce temps mais c’est un temps d’hiver, sombre et triste. C’est ainsi. Mon escapade dans le Lubéron cet été m’a effrayée quant à l’état des rivières complètement asséchées. Les nôtres ne le seront pas et c’est bien.  Pester contre la météo ne sert à rien. Il faut apprendre à transformer ces contraintes climatiques en éléments positifs. On se met au cocooning, oubliant activités superficielles dont on peut se passer le week-end. On bouquine, on profite des siens, on se laisse vivre au rythme de la pluie sur les vitres. Le soleil et les beaux jours reviendront. Et nous en profiterons, reposés et souriants. Alors pourquoi pester? Franchement? Il y a bien assez de sujets qui méritent vraiment notre indignation, non?

Il est essentiel de penser à nous. Ecouter notre corps. Notre moral. Il est en berne? Il a sans doute besoin d’énergie positive boostée par du repos, de belles lectures, et une accalmie potentielle dans nos activités sociales. Soufflons. Accordons nous des moments égoïstes. Des moments vides de tout et remplis de tant.

Allez. Essayez. Vous verrez, cela fait du bien.

(Et je ne vous ai pas parlé des siestes à deux sous la couette. Vous saurez vous débrouiller seuls, j’espère!)

Il est 16h47.

J’avais dit que ne faisais rien, bordel!

Love you.

Nath

[ssba]

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