La Malle aux Livres

Ghostfather – Eric Calatraba

7 mars 2017

Il y a quelques temps, Eric a posté cet extrait de Ghostfather sur sa page facebook :

Je pris un vol British Airways pour Heathrow. Quelques heures après, je réservai une Suzuki Swift automatique et je m’installai dans un hôtel sur Kensington Road, en face du parc. Je m’y rendis et marchai directement jusqu’à la statue de Peter Pan, l’enfant qui refuse de grandir, égocentrique, incapable de compassion, s’évadant au pays imaginaire à la moindre occasion. Je ne pus m’empêcher de murmurer « Clément ». Mais j’étais injuste, je le savais. Après tout, je venais aussi à Londres pour récupérer mon ombre, régler mes comptes avec le capitaine Crochet.

Et, immédiatement, j’ai eu envie de me précipiter vers ma librairie préférée pour en connaitre la suite.

Je le lui ai donc dit.

Sauf que, sauf que… Seulement disponible en numérique… Pas encore distribué… Sauf chez lui!

ghostfatherJ’ai donc commandé et point regretté : le format atypique m’a conquise et la couv’… tout simplement magnifique…

Ensuite, j’ai laissé tomber mon livre en cours… Rarissime!

Et j’ai glissé quelques heures dans la fausse douceur de ces pages.

Quelques mots? Vite hein, j’aime que vous découvriez…

Alors… Clément… surdoué de la musique et de la guitare, quelque chose de Kurt Cobain peut-être.

Sa Fender, rouge, à la voix si particulière.

La jolie Iza…

Une histoire d’amour, alors?

Y a de ça, mais pas que : Clément a grandi sans père.

Et il l’a cherché.

Et il va même le trouver…

Mais je n’en dirai pas plus…

J’ai entendu sonner les rifs, j’ai fait marcher Deezer à fond, j’ai réentendu les classiques de mon père avec un pincement au cœur…

J’ai adoré ce principe de narrations croisées et ce choix judicieux de donner la parole à la Fender.

J’ai aimé basculer petit à petit dans un univers plus sombre, sans jamais cependant tomber dans l’imagerie facile…

Eric met en effet au point un habile mécanisme qui nous conduit vers une inéluctable fin…

Je me suis sentie bien dans ces pages… Je les ai gardées longtemps en moi après que j’ai eu tourné la dernière page. Comme un livre à tiroirs. Comme si ses acteurs voulaient encore me livrer quelques secrets.

Ce sera d’ailleurs mon seul bémol : j’aurais bien encore fait un bout de chemin avec eux tous…

Virginie

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Lire des écrits d’Eric Calatraba, c’est comme envisager un festin de choses fines et délicates. Comme le sont ses mots. Fins et délicats. C’est s’en régaler par avance, imaginer le plaisir inéluctable qui en découlera; une délectation à chaque page. Un délice pour nos neurones. Une nourriture riche et rare pour nos émotions.

J’ai ouvert « Ghostfather » dimanche matin, aux premières lueurs du jour. Je l’ai refermé une poignée d’heures après, lovée dans mon gilet informe, dans mon fauteuil crapaud d’une autre époque, un café à la main. Au diable le dimanche matin réservé aux enfants et à leurs activités, au diable les tâches ménagères. Je vadrouillais, le temps de quelques heures entre Londres et Paris, écoutant Clément, sa Fender, Iza, etc, me raconter une histoire. Un concert privé. Rien que pour moi.

Une histoire qui chamboule. Une histoire qui nous donne envie de ressortir nos vieux albums de Dire Straits, une histoire qui donne à la lecture tout son sens. Découvrir et prendre un plaisir fou. Avec ces play lists que l’on fredonne en lisant paroles et traductions, nous retrouvant plongés dans nos années plus ou moins lointaines, quand nos potes faisaient un boeuf avec leurs guitares, dans les volutes de fumée et les parfums d’alcool, dans un appart minuscule mais qui nous paraissait immense à l’époque. Oui, c’est cela. Prendre un plaisir fou.

Et être ému. Parce que oui, ce livre est comme mes précédentes lectures d’Eric, un concentré d’émotions. De vraies émotions. Celles qui font qu’une fois le livre refermé, on y pense encore, encore et encore. On ne se pose aucune question: on apprécie cet ensemble musico-littéraire qui nous a porté là où on ne s’attendait pas. Ou alors, un peu. Oui c’est noir. Juste ce qu’il faut. Mais aussi rempli d’un espoir en la vie, en nos choix, en ce qui fait que nous sommes nous et que nous assumons. Forcément, la tristesse est présente. Mais elle n’est que la garantie qu’il y a autre chose. Cette autre chose qui nous fait sentir si vivants. Qui nous donne envie de bouffer la vie. Avant qu’elle ne nous bouffe.

Nous avons tous des Clément, des Iza, des Thomas, autour de nous. Ces artistes qui insufflent de la Beauté dans nos vies. Peu importe la forme que cette beauté peut prendre. Musique, théâtre, peinture, poésie, sculpture… Ces choses qui nous font nous poser, nous émerveillent et nous font sourire, avec parfois des larmes de beau dans les yeux.

Eric fait partie de ces artistes.

Lisez le. Absolument.

Nath.

« Ghostfather » est publié aux Editions de Londres. C’est ici.

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Mon cher Eric,

Nous t’avions prévenu. A deux sur ton livre. (Je n’ai pas dit « sur toi » car certains y auraient vu un fantasme sans équivoque!)

De nombreuses similitudes dans nos musiques, dans nos instants culturels… (Eicher et Djian sur scène, ce fut un des plus beaux moments de ma vie de spectatrice toujours en quête de Beau….)

Merci. Merci pour tout.

Tu peux relire ces lignes, ok, mais après tu files écrire la suite d’Haïku, car moi je l’attends avec une impatience non feinte…. Entendu?

Nous t’embrassons.

Nath.

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