La Malle aux Livres La Malle aux Livres noirs

Glaise – Franck Bouysse

4 septembre 2017

Glaise…

LA claque de la rentrée.

LA claque de l’année.

De quoi définitivement considérer comme arrangés les prix de la rentrée s’il n’en recevait pas un, voire LE.

« C’est pas facile d’être l’homme qu’on voudrait être… on y arrive jamais vraiment. »

Quelques mots sur le contenu… pas trop… surtout pas trop….

Celui-ci est à découvrir, goûter, déguster encore plus qu’habituellement.

Victor part à la guerre… mais point ici de champs de bataille, d’obus ou de tranchées…

Non… cette histoire est celle de ceux qui restent dans les campagnes.

Des changements qui s’opèrent de fait, parce qu’on n’a pas le choix.

Un hommage aux femmes…

Fragiles, dures, fortes, pudiques…

Aux mères…

Elle savait ce qu’une femme peut accepter. Une mère, jamais.

De cet adolescent…. De ce premier amour qui vous marque à vie…

Ils n’étaient pas à un âge où l’on peut avoir peur des extrémités du désir.

Trois fermes… Trois familles… Destins croisés, liés, impactés par le départ de tous ces hommes valides au combat.

De leurs secrets habilement dévoilés tout au long de ce magnifique livre.

Une galerie de personnages denses, extrêmement bien campés, attachants, parfois révoltants aussi, mais jamais sans raisons…

J’ai vécu avec eux, plongé dans leur monde, tremblé, souri, pleuré à leurs côtés…

Ils m’ont hantée longtemps…

Penchée en avant, les mains posées sur ses cuisses, dans ce lit berceau où elle avait mis Eugène au monde, (…) elle sut qu’elle n’avait pas souffert en vain, que nul ne souffrait en vain (…).

Et puis…. et puis… La plume de Franck Bouysse… bouleversante évolution de roman en roman…

Poète, conteur, raconteur…

Il était trop vieux pour imaginer que la vie puisse offrir de nouvelles chances, mais en regardant Joseph conduire ses boeufs et faire des saignées dans la terre, il se prenait à croire que les épreuves n’étaient jamais totalement vaines, qu’elles étaient ces pierres faisant parfois dévier la charrue de la droiture du sillon, et qu’on tentait de rattraper aux passages suivants.

Cet homme possède le don de faire surgir les paysages, les atmosphères, de nous permettre de plonger dans une époque, un lieu et de n’avoir qu’une envie : poursuivre encore et encore avec les gens qui les peuplent…

Et puis… que dire de ces émotions profondément enfouies qu’il parvient à faire poindre au détour d’une phrase, d’une page…

Ces scènes d’amour, d’une sensibilité incroyable…

Chaque mot est à sa place…. Chaque phrase se déguste… sans emphase, ni snobisme… simplement le plaisir de la langue…

Vous l’aurez compris, cela faisait une éternité que je n’avais été emportée ainsi…

Tu sais, y a pas tant de belles choses qui passent à notre portée dans une vie, pour qu’on se retienne de ne pas les voir.

S’il est un livre à s’offrir et à offrir en cette rentrée, c’est celui-là…

Et même, tiens : vous avez le droit de venir vous plaindre en cas de déception!

M’en fous – je ne prends aucun risque!

Je vous abandonne : j’ai mille pépites à recopier dans mes carnets… Peut-être crayonnerai-je même les paysages de ce Cantal que j’ai de plus en plus envie de redécouvrir…

Ah…. Et merci infiniment Monsieur Bouysse…

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