Anonym'us

Interview du trophée Anonym’Us : CLOE MEDHI

8 mars 2018
  1. Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?

    Après deux manuscrits refusés partout et une jolie collection de lettreS de refus (une bonne quarantaine) j’ai rencontré Françoise Guérin, auteure de A la vue, à la mort, que j’avais beaucoup aimé. Je venais d’achever un autre roman et j’essayais de cibler des éditeurs sans être sûre du genre auquel il appartenait. Je lui ai demandé si elle pensait qu’il s’agissait d’un polar, je lui ai envoyé les premiers chapitres et elle m’a conseillé de l’envoyer de suite aux éditions du Masque : c’était la période des sélections pour le prix du premier roman policier du festival de Beaune, mais ça je l’ai compris plus tard. Du coup je l’ai à peine retravaillé. Hélène Bihéry, qui a quitté le Masque peu de temps après, m’a informée qu’elle le retenait pour le présenter au jury, et un mois plus tard elle m’a appris que j’étais l’heureuse élue (publication à la clé avec un très bon tirage pour un premier roman). Ça faisait un peu conte de fées. Ensuite il y a eu le fastidieux travail éditorial et j’ai déplané, retour à la réalité !

 

  1. Ecrire… Quelles sont vos exigences vis à vis de votre écriture ?

    Elles varient tout le temps à mesure que j’identifie les problèmes qui ont tendance à revenir dans mes textes. Plus j’écris et plus je fais gaffe à ce que ce soit le plus concis possible. J’ai notamment tendance à faire beaucoup de redites. Je pense que ça se voit surtout dans mon premier roman.

 

  1. Ecrire… Avec ou sans péridurale ?

Pas besoin de péridurale, on dit qu’écrire un livre c’est comme avoir un enfant mais personnellement je pense que ça me fait quand même beaucoup moins mal… Ecrire est un plaisir, sinon je n’écris pas.

4. Ecrire… Des rituels, des petites manies ?

La clope malheureusement. J’essaie de réduire mais mon cerveau a enregistré l’équation inspiration = cigarette et sans fumer j’ai du mal à écrire…

5. Ecrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plait dans chacune d’elles ?

En fait, je suis loin d’être à l’aise avec le format nouvelle. J’ai essayé d’en lire mais à ce jour il n’y en a aucune qui m’ait marquée (contre des centaines de romans). Je tente d’en écrire uniquement quand on me le demande, ou à de très rares occasions quand une formidable déferlante d’inspiration me balaie (si si). J’en ai écrit quelques-unes du temps où j’écumais les concours de nouvelles, avant d’être éditée. J’ai besoin de m’attacher aux personnages pour apprécier une histoire, que j’en sois l’auteure ou la lectrice, et je trouve ça très difficile en quelques pages. Le roman permet de prendre le temps qu’on veut pour dérouler son propos.

 

  1. Votre premier lecteur ?

    Ma môman.

  2. Lire… Peut-on écrire sans lire ?

Aucune idée. Mais j’ai du mal à allier la lecture et l’écriture. Je me suis remise à lire très récemment après une période de jeûne littéraire de plusieurs années, et j’ai compris pourquoi j’avais arrêté : un bon roman, c’est merveilleux, mais je n’arrive pas à en émerger pour écrire et j’écris beaucoup moins.

 

  1. Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?

    Il n’y en a pas vraiment, j’aime des romans mais jamais toute la bibliographie d’un auteur. J’admire quand même Ryu Murakami pour la bizarrerie et la violence malsaine de ses romans, Daniel Pennac pour sa capacité à mêler le tragique et la joie de vivre et à faire aimer ses personnages, même les moins aimables.

9. Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?

Ça ne m’est jamais arrivé avant d’être publiée… et beaucoup après. J’ai très peu écrit depuis la parution de mon dernier roman, il y a plus d’un an. Après je ne suis jamais dans l’incapacité totale d’écrire, mais je n’arrive pas à tenir un projet et je recommence un nouveau truc tous les mois. Ne pas pouvoir écrire du tout ne m’est jamais arrivé. Ce que je ferais ? J’essaierais de me mettre au dessin (après quelques sanglots hystériques quand même).

10. Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym’us ?

C’était proposé si gentiment !

 

  1. Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes?

    Je ne sais pas, je me demande toujours à quel point la demande suscite l’offre, ou l’inverse. Si tu allumes la télé tu vois des séries policières ou des reportages du style « 24 H avec la BAC » sur toutes les chaînes. Télévisuellement il y a clairement un culte de l’uniforme et une fascination pour les méchants voyous/criminels/terroristes, est-ce que ça se répercute sur les lectures ? Est-ce que le monde est plus violent ou est-ce que la peur est davantage un moteur politique et médiatique qu’il y a vingt ans ?

 

  1. Vos projets, votre actualité littéraire ?

    Nada pour l’instant.

13. Le (s) mot(s) de la fin ?

Dans le citron tout est bon !

 

[ssba]

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Un commentaire

  • Inma@www.segusan.es'
    Répondre Inma 12 mars 2018 à 21 h 02 min

    Oh que je te comprends! En attente de mini two, jai moi aussi pas mal les pépètes daccoucher à nouveau Je me suis sentie dépassée par la douleur puis assommée par la péri Alors très clairement je pense que je finirais pas avoir une péridurale, mais cette fois ci jai envie dapprendre à mieux « gérer » la douleur (en priant très fort pour ne pas vivre un déclenchement à nouveau) Il y a une sorte de mode retour à un accouchement « naturel » mais je dirais que cest plus pour mettre en lumière-éviter des actes médicaux pas forcément toujours nécessaires (injection docytocine pour accélérer le travail, episo). Il ny a aucune culpabilité à prendre une péridurale Avec ou sans on est tout autant maman

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