Le Boudoir des Nanas

Juste pour eux.

22 février 2016

Trouver les mots justes dans des situations difficiles est souvent délicat.

Ce n’est pas simple de dire des choses que l’on voudrait réconfortantes sans qu’elles deviennent angoissantes ou oppressantes.

Ce n’est pas simple de dire des choses qui pourraient faire du mal, parce que vraies. Mais en a-t-on le droit? Peut on « secouer » quelqu’un sans risquer de le blesser?

Ce n’est pas simple de se retrouver face une personne chère, et de ne pas réussir à poser des mots sur ses maux, justement. Ne pas être capable de vider notre bouche pleine de mots par peur d’être maladroit.

J’ai des amis autour de moi qui vivent actuellement des choses douloureuses, difficiles.

Et moi je voudrais simplement leur dire…

Vous avez tout à fait le droit d’être mal. tristes, à la ramasse. Oui. Vous en avez le droit le plus absolu. Personne n’est assez fort pour vivre ce que vous vivez sans être malheureux.

Oui. Ok. Vous avez fait des choix pas forcément faciles. Des choix douloureux. Des choix violents.

Mais ce sont les vôtres.

Oui. Ces choix impliquent que des gens autour de vous vont souffrir, plus ou moins. Oui ces choix impliquent que vous allez faire du mal. Mais qui ici, peut se vanter de n’avoir jamais fait de mal? De n’avoir jamais blessé personne?

Hein? Qui?

Voilà. Personne.

Parce que nous avons tous, à un moment donné, été blessants. Indélicats. Mauvais, à notre façon.

Mais en faisant ces choix auxquels nous croyions, nous avons été nous-mêmes. Avec cette part obscure qui nous effraie souvent. Mais, je le répète, ce sont NOS choix.

Alors, oui, c’est vrai, certains de ces choix bousculent des vies quotidiennes. Les font voler en éclats. Remettent tout en question. Révèlent des côtés pas jolis de la personne en face. Ou de nous mêmes. Et c’est effectivement difficile à vivre. Cela nous prend aux tripes à chaque instant. Cela nous donne des nausées, des envies de pleurer ou d’hurler. Cela nous renvoie une image pas glorieuse de ce que nous sommes parce que parfois nous sommes méconnaissables. Parce que la peur qui s’immisce en nous est dévastatrice.

On se met à osciller entre l’envie de changer et la peur de l’inconnu. Et c’est on ne peut plus légitime.

On ressort de vieux cadavres des placards. Vous savez, ces vieux dossiers que l’on croyait classés. Mais qui ne l’ont jamais été en fait. On dit des choses dures, abjectes. Des choses que l’on regrette aussitôt. Ou plus tard. Ou pas.

Des choses que l’on sait blessantes. Juste parce qu’on veut se défendre en attaquant de front. En retrouvant ces arguments qui avaient été balayés d’un revers de main auparavant. Ces choses dont on ne parlait pas de peur d’ouvrir la boîte de Pandore.

Sauf que là, vous y êtes. La boîte de Pandore a été ouverte.

Et que vous vous retrouvez dans une tempête contre laquelle vous ne pouvez plus rien. Que faire à part encaisser, écouter, répondre, vous défendre, en sachant PERTINEMMENT que de toute façon rien ne sera entendu par l’autre. Quand vous êtes au creux d’une tempête, de toute façon,vous ne pouvez rien entendre. Sauf le grondement du vent et les bourrasques qui vous giflent. Vous ne reconnaissez même pas la personne en face. Floue à cause de ces gifles infligées par les  mots qui volent sans retenue. Hurler ne sert à rien. Absolument à rien. Il faut attendre. Attendre que la tempête se calme. Elle est longue parfois. Mais elle finit toujours par s’évanouir.

Et au-delà de cette tempête, il y a celle en vous. Celle qui vous fait vous effondrer. Vous fait culpabiliser. Vous fait regretter certaines choses. Vous donne envie de faire machine arrière. Vous fait vous considérer comme une connasse ou un sale con. Vous donne l’impression d’être un ou une minable de la pire espèce.

Cette tempête là, peu de gens la voient. Ils ne retiennent que celle que vous avez déclenchée à l’extérieur. (Beaucoup pensent que celui qui fait ce choix ne souffre pas! Quelle connerie! Sa souffrance est terrible, vous pouvez me croire.) Seuls vos plus proches amis savent par quoi vous être en train de passer. Parce que certains l’ont vécue. Ou vous connaissent assez pour lire dans votre regard, la peur et la colère contre vous-même. Ils ne trouvent pas toujours les mots. Parce que souvent il n’y en a pas. Tout se fait en vous. C’est votre combat à vous. Ceux qui vous entourent vous aident par leur seule présence. Et par des petits mots qui vous redonnent le sourire. mais il faut lutter contre vos démons pour grandir. Et c’est difficile. Cela fait mal au bide et à la gueule. Mais c’est salvateur.

Et puis les jugements. Les critiques. Des morsures au poison lent et douloureux. Des jugements avec des conséquences terribles. Pour soi. Parfois on les écoute. A tort. Parfois pas. Mais des jugements blessants souvent. Alors, il peut arriver que l’on s’éloigne de ceux qui ont jugé. Qu’on leur impose notre silence méprisant et rempli de colère et d’orgueil. On se retrouve parfois seul(e). Face à ces tempêtes. et c’est dur. Vraiment. Le pire étant de laisser certains nous rabaisser, nous regarder avec cette envie de nous voir mordre la poussière. Sans que eux ne se remettent en question.

La solitude que l’on s’impose dans ces moments est assez révélatrice. On n’est pas capable de voir les mains tendues. Notre culpabilité devient notre meilleure amie. On refuse de voir du monde; pas envie de parler. On s’effondre tout seul, la tête dans les coussins de notre canapé. On crie. On évacue cette violence. On se méprise. On se déteste. Et puis… On apprend tout doucement à regarder les choses autrement. A apaiser cette tempête intérieure. C’est long mais on comprend.

On comprend.

Que oui le temps apaise tout. Il faut le laisser faire son ouvrage. Apprendre la patience.

Que oui, on a le droit de plus aimer la personne avec qui l’on vit depuis tant d’années sans forcément être un ou une imbécile.

Que oui, on a le droit de penser à soi sans se considérer comme le/la pire des égoïstes. Que non, nous ne sommes pas mauvais, ni cons, ni monstrueux. Nous sommes simplement humains.

Que oui, on a le droit de se retourner, de faire un bilan de sa vie et de se dire qu’on a envie désormais d’en vivre une nouvelle, remplie de projets et de jolies choses qui nous correspondent réellement.

Que oui, la personne que l’on a blessée ne méritait peut-être pas cela. Mais que nos choix de vie n’étaient tout simplement plus compatibles. Et que l’on n’a pas su le dire simplement. Par peur de faire mal. Le sentiment de culpabilité s’efface alors doucement.

Que oui, les jugements n’ont désormais plus aucune place dans nos vies. On apprend à regarder ceux qui ont jugé avec un certain pardon dans ce regard. Ils ne pouvaient pas forcément tout savoir ou comprendre. Et ce n’est pas si grave, tant que l’on est en accord avec soi-même. Et mine de rien, on réalise qu’on ne jugera plus jamais quiconque fera des choix qui nous échapperont. Parce qu’on a grandi.

Que oui, nous avons trahi. Trompé. Mais que parfois la vie que nous menions était toute aussi une trahison au regard de ce que nous nous étions promis bien des années auparavant. Parce que les choses évoluent. Et que c’est difficile d’évoluer de la même façon. Nous sommes des êtres humains avec des envies différentes. Et que dès que nous avons décidé de les assumer, nous sommes redevenus cet essentiel NOUS. Ou MOI.

Que les gens qui vous aiment vraiment seront toujours là.

Que cette quête du bonheur implique des moments difficiles mais incontournables. Rien n’est simple. Jusqu’à ce moment où on retrouve une paix intérieure. Où le regard des autres glisse sur nous et que nous l’appréhendons désormais avec cette sérénité qui nous paraissait inconcevable quelques temps auparavant.

Que nous sommes désormais capables de parler posément. De dire les choses simplement. Avec sincérité. Et c’est terriblement bon.

Que toutes nos peurs se sont estompées. Ou en partie. Il en reste toujours des stigmates, mais on les appréhende de manière différente.

Que oui, putain de bordel de merde, nous avons fait un choix difficile mais qu’il était essentiel pour que l’on puisse continuer à être soi. Ou le réapprendre.

Que la colère que nous avions envers l’autre a disparu. Et quand ce pardon tacite est réalisé, je vous assure que c’est un moment magnifique. La haine ne mène à rien. Si ce n’est à l’annihilation de soi.

Que notre côté obscur est désormais infime. Mais il est toujours là, nous sommes bien d’accord. N’est pas Yoda qui veut.

Que la vie peut être sacrément belle. Malgré tout.

Voilà…

J’en ai presque terminé.

Je rajouterai juste cela. Dans ces moments difficiles, il faut accepter les mains tendues. les mains de vos ami(e)s, de vos proches. Même si c’est difficile de les saisir. D’accepter ces aides que l’on ne pense pas mériter. Parce que je sais, pour avoir vécu ces moments, que lorsque vous êtes à genoux, elles vous aident à vous relever. Sans elles, je ne serai pas qui je suis. Je ne les remercierai jamais assez.

Il ne faut pas céder au désespoir. Jamais.

Ou alors si.

Quelques instants.

Le temps de s’écrouler.

Et de se relever.

Parce que nous en sommes tous capables. Il faut juste trouver la force au plus profond de nous.

Ça va aller, ok?

Love.

Nath

[ssba]

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6 Commentaires

  • ax-l.cie@orange.fr'
    Répondre Ax-L 22 février 2016 à 20 h 57 min

    J’aurais aimé avoir une amie comme ça dans ces moments-là !

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 22 février 2016 à 21 h 09 min

      j’ai eu la chance d’en avoir plusieurs. Elles sont inestimables…
      Merci…

  • Contact@mamzeldree.fr'
    Répondre Mamzeldree 22 février 2016 à 22 h 15 min

    <3

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 24 février 2016 à 17 h 19 min

      <3 <3 <3 <3

  • MonoCroc@outlook.fr'
    Répondre MonoCroc 24 février 2016 à 12 h 30 min

    Lila sur sa terrasse elle m’a captivée.
    J’erre de blogs en blogs depuis que je suis revenue sur la blogosphère & j’ai débarqué chez toi au grès de mes clics.
    Comme le dit si justement le commentaire précédent d’AX-L, avoir des amis comme ça est inestimable… On ne dit pas toujours les choses les plus justes; la main tendue peut parfois sembler maladroite. Mais être sincère & présente, c’est l’essentiel. (Aussi clichée que puisse sembler ma phrase, je le pense.)

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 24 février 2016 à 17 h 19 min

      Merci infiniment… C’est très touchant.
      Ben oui… C’est cela… Être sincère et présente. C’est essentiel…
      A bientôt!

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