La Malle aux Livres noirs

La prétendue Innocence des Fleurs – Calderon/De Moras

4 août 2016

Vous connaissez, vous, la signification, le langage des fleurs?

Moi non. A part la rose, symbole de l’amoooooouuur. Mais c’est tout.

Je sais juste que chaque fleur exprime un sentiment, une émotion…et que l’on peut s’en servir pour faire passer des messages.

Voilà. Voilà.

la prétendue innocence des fleursJe viens de terminer « La prétendue Innocence des Fleurs« de Franck Calderon et Hervé de Moras

(Et donc, en lisant ce livre, j’ai appris que si l’on m’offrait des iris, cela voulait dire « Je veux vous séduire », des hyacinthes « Voulez vous jouer à l’amour? », le glaïeul « Rendez-vous? », le pavot « Désir sensuel »… Donc la prochaine fois que l’on m’offrira des fleurs, je veillerai à vérifier leur langage avant de remercier la personne en question. Ou lui balancer en plein visage, c’est selon…Ah oui! J’allais oublier! Le petit bouquet de pâquerettes ou marguerites que votre enfant vous offre: « Fidélité et innocence », comme quoi…)

Un beau matin, le juge Marc Ferrer reçoit  un bouquet de fleurs qui le plonge 8 ans en arrière, au tout début de sa carrière, dans une affaire troublante. Si la composition de ce bouquet est une invitation à l’amour, lui y voit le symbole de la mort.

Alors jeune juge en fonction à Nîmes, il entame une relation platonique et floralo-épistolaire avec Véronica: ils communiqueront ainsi par bouquets de fleurs interposés, jouant à un véritable jeu de piste, avant de se rencontrer. Chose qui n’arrivera pas puisqu’elle se fera renverser par une voiture et mourra avant leur premier rendez-vous amoureux. Le chauffard ne sera jamais retrouvé. A la même période, une jeune fille est retrouvée morte dans un étang, et son assassin présumé sera relâché suite à un vice de procédure dû à l’inexpérience de ce même juge Ferrer.

Le bouquet arrivant sur son bureau ce jour là le pousse vers son passé, vers Nîmes… Il va essayer de savoir qui peut bien lui envoyer ce bouquet, le lien entre ces affaires et surtout quel rôle peut bien jouer l’avocat préféré de la pègre, Richard Albuquerque, qu’il cherche à faire inculper pour complicité d’évasion, dans cet étrange jeu de piste.

Les deux auteurs nous entraînent dans un récit oscillant entre affaires contemporaines et flash-backs réguliers, nous expliquant le passé de Marc Ferrer et la chasse aux fantômes d’une vie qu’il pensait loin derrière lui. Deux enquêtes qui se chevauchent: une personnelle et une professionnelle mais qui ne semblent pas si éloignées ou étrangères que cela, finalement…

Un voyage à travers la France, une échappée en Italie, des cimetières visités de nuit, des maisons ou châteaux renfermant de lourds secrets et souvenirs, des cadavres parsemés au fil de l’enquête, un amour perdu mais pas oublié, des personnages mystérieux et empathiques (ou pas), des masques blancs et noirs révélant des visages auxquels on ne s’attend pas, et des bouquets de fleurs.

Qui sont loin d’être innocents…

Un premier roman assez prometteur, riche et qui n’hésite pas à laisser la place à une certaine poésie. Malgré tout.

(Chronique écrite en partenariat avec le Livre de Poche)

[ssba]

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Un commentaire

  • judithvalleirnaude@gmail.com'
    Répondre Judith 27 mars 2018 à 23 h 48 min

    Bonjour,
    le second roman de Calderon- de Moras est sorti il y a quelques jours chez Robert Lafont (collection La Bête Noire) sous le joli titre: « Là où rien ne meurt ». Reprenant les codes de la « Prétendue innocence des fleurs », le duo de choc confirme son talent en nous offrant un superbe roman, profond, mystérieux… et addictif !

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