La Malle aux Livres noirs

Le Noir et nous. Ou sombrer du côté obscur de la littérature.

22 novembre 2016

Quand Nath m’a proposé d’écrire un article à 4 mains sur ce que représentait le Noir pour moi…

J’ai dit oui tout de suite.

Et j’ai réfléchi – après.

(Comme souvent dans la vraie vie, sans commentaire)

J’ai toujours lu beaucoup de thrillers/polars, des bouquins qui vous tiennent en haleine, que vous n’avez qu’une hâte, c’est de terminer pour savoir…. Savoir si le méchant va mourir. Savoir si le gentil va mourir. Savoir qui est le coupable…

Et puis cela m’a un peu lassée. Parce qu’à force d’en lire, on devine de plus en plus tôt ce qui va se produire, et l’on on est évidemment beaucoup plus souvent déçu aussi…

D’où mon besoin de polars « plus » pour ceux qui ont suivi!

Le Noir, pour moi, c’est autre chose. Et cela n’empêche pas le suspense, loin s’en faut, mais cela apporte une autre dimension.

Et je crois que c’est Eric Maravelias, à qui j’expliquais que ma fille avait eu beaucoup de mal à lire Zola, qui a mis le doigt sur ce que je ressens.

Il a eu ces mots : « Zola, très noir aussi ».

Et ça résume parfaitement ce qu’est le Noir pour moi : cette dimension sombre de notre réalité, cette capacité à la dépeindre sans fard, sans en rajouter non plus, cette manière de nous faire toucher du doigt les horreurs que recèlent notre société, mais qui ne relèvent pas pour autant du tueur en série…

Dans la catégorie Noir, je glisse donc « la Faux soyeuse » d’Eric Maravélias, « Lux » de Maud Mayeras, « Nous rêvions juste de liberté » de Henri Loevenbruck, « Le Diable, tout le temps » de Donald Ray Pollock, « Grossir le ciel » de Franck Bouysse… Je leur trouve un vrai réalisme, ils me parlent de notre société, de mes angoisses, me questionnent…

Et autant je lis les polars/thrillers comme de vrais divertissements qui jamais ne me touchent, autant les romans noirs peuvent me foutre en l’air, me donner la nausée, me chambouler, me laisser un sale goût dans la bouche…

Voilà pour moi toute la différence… Qui est toute personnelle et ne correspond pas à la vraie définition du roman noir par exemple…

Mais plus j’avance, plus j’aime le Noir! Même si je dois l’entrecouper de petites douceurs, hein…..

Histoire de ne pas finir complètement plombée!!

Virginie.

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Sombrer du côté obscur … de la littérature…

Et sombrer dans le Noir. Dans cette littérature qui inclue des écrits sombres, justement. Quel que soit leur nature. Pour moi. Chacun a sa propre définition du « Noir »… Des catégories et sous-catégories. virginie et moi ne voyons pas les choses de la même façon. Mais peu importe… L’important est de lire ces livres et non de les classer.

Bon. Donc…

Je découvre, lis, dévore… Polar, noir, thriller. Terreur? Ben euh, non pas encore… Faut pas pousser Mémé dans les orties. Avoir lu de nombreux Stephen King dans mon adolescence, a déjà fait de moi une névrosée des caniveaux, clowns, longs couloirs d’hôtel, labyrinthes… Pas les cimetières? Ben non figurez vous! J’adore les cimetières et les caveaux en ruines. Promis je vous tiens au courant de ma thérapie.

Je ne lisais, ces dernières années, que des polars « ultra-convenus », des auteurs qui sont en « tête de gondole », les plus grands vendeurs de livres dans cette catégorie. Et puis je me suis lassée. Pas assez surprenants. Et pas assez curieuse pour aller découvrir d’autres lectures noires.

Réconciliation avec le polar au printemps 2015. Rencontre avec Nathalie et Jérôme au salon du Livre à Paris. « Euh… Par quel de vos livres je commence? » Nathalie m’a mis dans les mains « W3, le sourire des pendus ». Ok. J’essaie.  J’ai passé une partie de la nuit à le dévorer. ENFIN! LE polar que j’attendais. Celui qui m’a pris aux tripes et m’a offert des heures de lecture incroyables. Je suis devenue accro aux Camhug. Là, j’ai l’intégrale des « Voix de l’ombre » qui m’attend sur ma montagne à lire. J’ai peur de m’y mettre. Parce que j’ai un travail dans la vraie vie qui ne me permet pas de lire des heures durant. En classe, du moins. Faut pas pousser Mémé dans les orties, 1.2.

Et puis, l’aventure Anonym’us. Voilà un peu plus d’un an, Olivier, dit Le corbac, ayant proposé à Eric Maravelias (cité 2 fois dans un seul article, Eric, c’te classe!) de m’intégrer dans le jury, je me suis retrouvée au milieu de lecteurs de noirs, confirmés ou experts. Et j’ai sombré au fil des mois, je lisais leurs commentaires, leurs références… et je découvrais cette littérature incroyablement riche. Depuis, je ne m’arrête plus. J’ai attrapé la peste noire littéraire.  Inguérissable. et je la souhaite contagieuse.

Lire du noir, c’est retomber, quelque part, pour moi, en enfance; quand j’étais effrayée par les monstres des histoires, les méchants des contes. Quand j’étais persuadée que les sorcières étaient des monstres et les belles-mères des femmes sanguinaires (pas si imaginaire?). Quand j’imaginais qu’un ogre allait arriver du fond du couloir qui menait à ma chambre chez mes parents. Ou que lorsque le parquet craquait, je croyais que des fantômes déboulaient dans ma chambre.

Là, c’est presque la même chose. je me réfugie sous un plaid, sous un arbre dans la douceur de l’été (éviter les forêts avoisinantes sous peine de crises cardiaques au moindre craquement de branches) et je me laisse happer. Je tremble, j’appréhende, je ferme les yeux, je grimace, je maudis l’auteur qui fait mourir un de mes personnages préférés ou qui écrit des choses dures et vraies, je soupire et je continue. Des histoires bien construites. Des intrigues savoureuses. Des récits parfois d’un réalisme saisissant. Des personnages hauts en couleurs. Ou pas. Mais qui rencontrent les mauvaises personnes au mauvais moment. Et n’imaginez pas que cela vous empêchera de dormir. A ceux qui me disent « Mais cela fait peur! », je réponds que l’actualité quotidienne est bien plus terrifiante. Et que leurs histoires sont bien en dessous de la réalité, parfois. Souvent. Donc, voilà.  Noir, polar, thriller… Tout y passe.

Et c’est terriblement bon. Affreusement bon. Désespérément bon. Démoniaquement bon.

Quels auteurs vous conseiller? Il en existe tant. Découvrez les dans notre « Malle aux Livres noirs »… Notre définitive et nouvelle catégorie dans laquelle nous avons transféré toutes les chroniques sombres…

Alors? Prêts à plonger du côté obscur?

Nath.

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4 Commentaires

  • rfliegeois@hotmail.fr'
    Répondre Herr Eiffel 22 novembre 2016 à 19 h 44 min

    Trop chouette votre article…
    Je vous embrasse.

  • anne.lefrancais@yahoo.fr'
    Répondre Lefrançais 22 novembre 2016 à 22 h 50 min

    J’aime vos définitions du Noir.
    Pour moi, le noir, ce sont des personnages, une atmosphère, bien plus qu’une intrigue. C’est notre société dans ce qu’elle a de plus tragique, de plus sombre. Ce sont des hommes, des femmes bousculé(e)s par la vie. C’est Zola, ou Ken Loach, c’est Steinbeck ou Maupassant. C’est cruel souvent. Pas dans le sens d’un serial killer démembrant sa victime à la hache, mais dans celui plus ordinaire des accidents de la vie, des parcours chaotiques, des grosses baffes que parfois la vie nous balance dans la gueule sans crier gare. Merci de votre article à quatre mains.

  • Répondre Lynwood Miller - Sandrine Roy - Lila sur sa Terrasse 23 décembre 2016 à 23 h 05 min

    […] ce genre, je me demande comment me dédoubler pour lire  de la littérature générale ET de la littérature noire. Si vous avez des solutions, je suis […]

  • Répondre Nos questions. Les réponses d'Eric Maravelias. - Lila sur sa Terrasse 25 février 2017 à 20 h 17 min

    […] vie? Non, faut pas pousser…. Mais qui ont changé ma façon de voir les choses au niveau lecture « noire ». Sans lui, je n’aurais pas plongé dans les limbes obscures de la littérature, et […]

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