La Malle aux Livres

Lettre à Mathias Malzieu…

30 novembre 2015

Mathias Malzieu » Très cher Mathias,

Il est de certaines personnes, comme toi, que j’ai envie de tutoyer tout de suite. Sans hésitation. Avec affection.

Pour des raisons que je peux expliquer ou pas.

Alors, j’ai décidé de te tutoyer. Tu ne m’en voudras pas…

Je voulais juste t’écrire pour te remercier.

Quelques mots pour te dire ma gratitude pour écrire ce que tu écris. Pour nous offrir ces rêves, cette petite poésie quotidienne qui semble échapper à de  trop nombreux d’entre nous.

« La Mécanique du cœur » est un véritable régal.

« Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi » devrait être obligatoire pour tous ceux qui vivent un deuil douloureux…

 Cet été, au bord d’une rivière froide, sous des nuages défilant, poussés par un vent capricieux, et sous un soleil jouant à cache cache, j’ai lu « Métamorphose en bord de ciel. »

Oui, je sais, il n’est pas tout récent mais j’ai du retard dans mes lectures… Et dans mes chroniques.

Et là, allongée, assise, debout, statique ou en marchant,  j’ai souri de ton premier mot à ton dernier.

Oui.

J’ai souri.

Vraiment.

Un sourire amusé. Un sourire triste. Un souris surpris. Un sourire ému. Un sourire rêveur. Un sourire complice…

Tu sais, ce genre de sourire inexplicable. Incontrôlable.

Les rares marcheurs au bord de cette rivière ont dû me prendre pour une niaise de la plus belle espèce. Souriant à tout va. Les yeux à peine levés pour les saluer.

J’ai plongé dans un univers onirique. Presque féerique.

Cet univers que tu sais si bien créer, décrire, faire vivre, au point où on aimerait en faire partie.

Et pourtant, le sujet ne prête pas à sourire.

Un homme condamné par une grosse « betterave » qui lui pousse dans le dos… Cette saloperie que j’ai déjà trop souvent  rencontrée.

Tes mots parviennent presque à nous faire oublier où il est, ce qu’il vit. Parce qu’en rencontrant cette « femme oiseau », il apprend l’Amour. Il apprend à regarder les choses autrement. Et qu’il va accepter sa proposition: le transformer en oiseau, seule façon d’échapper à la mort… A condition de lui faire un enfant…

Et là, ta poésie opère. Fait des miracles. On se plait à croire que c’est possible… Et étrangement, au fil des pages, oui! Cela devient possible….

On suit la transformation de Tom avec le plus grand intérêt. On s’inquiète, on espère, on a envie de l’encourager.

Mais surtout, surtout, moi, j’avais envie de lui dire qu’il avait raison.

Qu’il avait raison de croire en ce rêve. En ce pacte magnifique.

Qu’à partir du moment où il avait commencé à y croire, il avait été sauvé.

Et j’étais là, ton livre entre les mains. Aux derniers mots, j’ai relevé la tête. Au bord des larmes.

Mais pas des larmes de tristesse. Non. Des larmes de soulagement. D’apaisement.

Parce que tu as su poser des mots sur cette angoisse de la mort qui terrifie la majorité d’entre nous. Et sur ce qu’on aimerait faire pour y échapper.

Mathias, ta poésie est apaisante, rayonnante, salvatrice.

Elle nous fait voir les choses différemment.

Tu as ce don rare, donc précieux: apporter du rêve à ceux qui te lisent..

Une fois le livre refermé, je me suis allongée dans l’herbe. Tenant ton livre contre moi. Le nez dans les nuages.

Et en entendant un oiseau chanter dans l’arbre près de moi… J’ai souri. Je ne l’ai pas vu cet oiseau. Etait-il rouge? Je l’ignore… Après tout, il était là. En écoutant son chant, je me suis demandé si c’était Tom, ou une autre belle personne qui nous a quittée, enveloppée par des bouffées d’amour, qui venait me saluer gaiement…

Voilà Mathias…

Je voulais juste te dire merci pour tout cela…

Et s’il te plait, s’il te plait… Continue à distiller tes rivières de génie poétique dans l’océan de nos quotidiens parfois trop ternes…

Parce que cela fait du bien… Vraiment du bien…

Je t’embrasse.

Nath »

[ssba]

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