La Malle aux Livres

L’homme idéal existe. Il est Québécois. – Diane Ducret

11 janvier 2016

l-homme-ideal existe. Il est quebecoisDiane, je t’aime.

J’ai presque envie de « te coller » tiens!

Mon amie Vanda m’a offert ton livre un récent triste jour d’hiver pluvieux et froid. Moral en berne, énergies positives au plus bas. Tu sais, quand dès le premier œil ouvert, on comprend qu’on a la gueule des mauvais jours. Limite envie d’envoyer chier le pauvre mec qui me salue gentiment devant chez moi, ou de dire à des parents d’élèves très cons que je comprends quand je les vois, pourquoi leur mioche est comme il est. J’envoie presque promener violemment un de mes essentiels. Il paraît que je suis une tête de mule ces jours là, qu’on ne peut rien me dire. C’est vrai. Je suis imbuvable. Je le sais et je l’assume. Journée de merde que l’était celle ci.

Et puis, écoutant les conseils de Vanda qui a eu cette délicatesse de me déposer ton livre dans ma boîte aux lettres, s’auto-évitant ainsi de croiser la chieuse que je sais être, je décide de te lire. Quand mes mioches à moi sont couchés et que j’ai répondu sèchement à 3/4 SMS: ils vont me laisser tranquille les gens à la fin. J’ai le droit d’être de mauvais poil de temps en temps, non?

C’est amusant comme quelques pages peuvent suffire à faire envoler cette détestable mauvaise humeur.

Parce que oui, ta plume, Diane, fait un bien fou.

L’histoire de cette jeune femme française, célibataire très déçue par ses anciennes histoires et quelque peu désillusionnée, qui part rejoindre Gabriel, un flirt d’une soirée, au fin fond de son Québec, est tout simplement hilarante.

Outre le choc des cultures, du langage, c’est le choc de deux façons de vivre auxquelles nous assistons.

Elle se pose 1001 questions à la seconde, doute et s’interroge. Lui ne s’en pose pas, reste naturel en toute circonstance et se révèle avoir une délicatesse maladroite mais touchante.

Penser vivre une passion torride devant un feu de cheminée, isolés par la neige, en buvant du bon vin,  et se retrouver finalement à faire les courses dans un supermarché dès son arrivée, jouer à cache-cache avec le fils qui ne devait pas être là, faire connaissance de son ex, de ses amis… est un cauchemar auquel notre héroïne ne s’attendait pas.

Et c’est drôle, vraiment.

J’ai souri souvent en pensant à mes séjours dans la Belle Province. Oui, les Québécois ont ce côté naturel déconcertant. Oui, je ne comprenais pas la moitié de leurs phrases. Oui, ils se foutaient de moi parce que je cogitais trop, et oui, ils ont ce don de tout dédramatiser en quelques mots, d’un haussement d’épaule. « Ça ne sert à rien d’être choquée » (énervée…).Oui ils ont cette franchise déstabilisante, parlent de tout même sans nous connaître. Tout semble simple là bas. Je n’ai pas eu envie d’aller y vivre pour rien.

Sauf que… Les relations hommes/femmes, ici ou à l’autre bout du monde, impliquent des émotions identiques. Des questions posées différemment mais pourtant bien présentes. Parce quand Gabriel agace sa « beauté », elle a envie de partir en courant dans la neige, en abandonnant la moitié de sa garde robe, puis un simple geste et la voilà, à nouveau sous le charme… Qu’est ce qu’on peut être quetsche quand on est amoureuse… (être quetsche est une expression lorraine, ok? Pas québécoise.)

Alors Diane, sache que oui, j’ai ri aux éclats. Seule, au fond de mon lit. J’ai mis des dizaines de petits marque-pages fluos pour revenir aux passages tordants. Et OUI j’ai souri à la fin. Et j’ai pensé à cette phrase d’une de mes amies, quand on parle de nos idéaux, de nos mecs, de nos histoires passées ou présentes, de nos désillusions et de nos doutes quotidiens quant à son existence à notre homme idéal: « Toujours garder les yeux ouverts. On ne sait jamais. » Voilà… C’est ça… On ne sait jamais. Il existe peut-être cet homme absolument imparfait mais parfait pour nous. Ou pas.

Certains trouvent que ce livre est très cliché. Caricatural parfois. L’intello française qui se la pète. Un Gabriel aussi pur que l’archange du même nom. Tu sais quoi Diane? On s’en bat les couettes. Ton livre est très  bon. Tout simplement.

J’ignore si nous nous rencontrerons un jour… Que je puisse te remercier de vive voix pour tous ces sourires et ces rires qui font du bien!  Mais sache que ton livre est désormais à portée de main, au cas où une autre crise « me-faites-pas-chier-ou-je-vous-défonce » viendrait pointer le bout de son nez…

Extraits?

 » Attention, ne mettons pas tous les connards dans le même panier ! Traiter un type d’ « espèce de connard », c’est lui faire trop d’honneur. Il est rare qu’il représente une espèce à lui seul, et il y a plusieurs catégories de connards dont il convient de donner une typologie bien précise, classée par potentiel de nuisance. »

 

« Alors? Heureuse?

Oui ça y ressemble.

Quand le boeuf veut pas chier dans la pelle, il chie à côté.

Il est là mon dépaysement. »

 

« Je viens de trouver comment résoudre l’épidémie de femmes célibataires en France: envoyer des Canadiens par charters, les parachuter au-dessus de nos villes! Il descend de la douche en peignoir. On dirait un Dieu grec en toge blanche…

-Désolé. J’aime bien prendre mon temps, je turlute sous la douche.

Il est vraiment détendu celui-là.

-Tu turlutes? Tout seul?

Moment d’inconfort sur mon visage.

-Oui c’est une vieille tradition ici. Mon arrière-grand-père le faisait beaucoup. Puis mon grand-père aussi, c’est lui qui me l’a appris. ça se fait plus beaucoup aujourd’hui.

Tu m’étonnes.

-Tu chantes jamais de vieux airs sous la douche, toi? »

 

« Avant que je ne disparaisse dans la neige, elle me propose que nous dînions un soir tous les quatre. Et puis quoi encore!

-Oui, ce serait sympa.

Je claque la portière, en me sentant bien française d’être aussi faux cul. »

A lire absolument!

De gros becs ma chère Diane!

Et à toi aussi ma Vanda… Merci…

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3 Commentaires

  • Répondre Au beau milieu de la nuit. - Lila sur sa Terrasse 15 janvier 2016 à 5 h 43 min

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