La Malle aux Livres

Lire Elena Ferrante. Absolument.

29 mars 2017

« Je n’achète plus de livre avant d’avoir diminué ma montagne à lire de moitié! » Promis, juré. Ha. Ha. Ha.

Ce livre m’appelait depuis longtemps.

« L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante. Sans doute parce que les miennes le sont, prodigieuses.

La couverture. Puis la 4éme de couverture. Et cette résistance (que je savais de toute façon inutile à partir du moment où je l’ai eu en main ce livre) qui s’effondre à la découverte de ce résumé pourtant succinct.

Elena Ferrante

Elena (Lénu) et Lila.

Deux amies qui se découvrent, enfants et qui vont grandir différemment dans le même quartier napolitain, entourées des mêmes amis, connaissant toutes les familles qu’elles côtoient de plus ou moins loin… Deux vies opposées mais deux vies intimement liées. par l’amitié, l’affection, la tendresse, les rêves d’enfants, les espoirs déçus, les désillusions… Toutes ces choses qui font une vie. Leurs vies. Nos vies. Deux amies comme deux sœurs qui s’aiment puis se détestent, ne se quittent pas puis ne se voient plus, qui se félicitent mais se jalousent, qui ont des fous rires complices avant de s’éperonner et de se  blesser, qui se comprennent ou pas… Mais qui sont là. Jamais loin l’une de l’autre. Qui se regardent parfois de loin, froidement, mais ne laissant en aucun cas douter de leur éventuelle présence, de leur affection. Malgré tout.

Une danse à deux. Une valse féminine dans les rues sales et pauvres de Naples la fascinante. Dans les années 50′. Une valse avec la violence comme boîte à rythmes… Celle qui donne la cadence des vies, celle qui rappelle que cette société patriarcale toute puissante ne laissait que peu de libertés à ces femmes soumises et convaincues du peu d’importance de leurs bleus, de leurs traces sur leurs visages, de leurs vies sans fantaisies qui n’étaient pas envisageables autrement. Sans mari, elles n’étaient pas grand chose. Avec, non plus, certes; mais elles avaient au moins un statut social. Elles étaient la femme DE. Lila a le caractère bien trempé de celles qui ne laisseront jamais faire. Elena a le tempérament de celles qui baissent le regard, ne s’imposent pas. Boulimiques de connaissances, de lectures, elles ont des rêves de voyages, d’ailleurs qui les montreraient savantes, brillantes, ayant réussi une émancipation qui ne tentait que très peu de femmes. La condition féminine étant un sujet tabou (extra-terrestre?) dans la société italienne de l’époque, j’accorderai une mention spéciale  aux enseignantEs qui  apportent un espoir rassurant et un souffle d’air frais dans les personnages féminins de ce roman … Lila et Lénu feront ainsi leurs choix de vie, surprenants. Inattendus. Suivant un chemin sur lequel on ne les attendait pas. Et nous entraînant avec elles, forcément, nous prenant à témoins  de leur amitié et de leurs rivalité permanente et ténue, de leurs vies et de leurs choix,

Elena Ferrante, auteur mystérieuse, silencieuse et prodigieusement talentueuse, réussit cette prouesse de nous faire nous asseoir à notre insu au beau milieu d’une rue napolitaine, sur un banc en pierre, et de nous dire « Là, regardez. Ecoutez. » Et nous regardons. Nous écoutons. Suspendus à ces récits de vie, ces scènes de rue remplies de ce dialecte particuliers, de gestes brusques, de regards directs et froids… Des vies qui s’égrainent devant nous. Simplement. Le temps de ces romans nous sommes à Naples. Véritablement. Ou à Ischia, île au charme fabuleux, intensément. Nous assistons à une pièce de théâtre grandiose parce que vraie. Vraie comme ces vies, à ces différentes époques. Vraies comme l’amitié. Vraies comme la dureté régulière de son récit.

Une fois que vous aurez ouvert le premier tome, il sera trop tard. Vous ne le lâcherez plus. Vous serez accros, dépendants. Alors surtout, n’attendez pas! Cette addiction est la meilleure de toutes.

Je viens de terminer «  Le nouveau Nom » (tome 2). Elena et Lila m’appellent déjà: « Celle qui reste, celle qui fuit. » vient de sortir chez Gallimard. Je vais patienter jusqu’à sa sortie en poche, chez Folio.

Promis, juré. Ha. Ha. Ha.

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2 Commentaires

  • Répondre Quand mars bien mouillé sera, beaucoup de lectures tu auras. - Lila sur sa Terrasse 5 avril 2017 à 13 h 52 min

    […] Quand 2 livres vous tiennent en haleine et refusent de vous lâcher! A lire absolument! Chronique, ici! […]

  • Répondre 20 idées de livres pour traverser l'été! - Lila sur sa Terrasse 3 juillet 2017 à 21 h 37 min

    […] sais! Je vous avais dit dans cette chronique des deux premiers tomes, que je ne craquerais pas! Ben figurez vous que je n’ai pas craqué! C’est l’une […]

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