Le Boudoir des Nanas

Mon combat à moi.

6 avril 2016

Kathy Dorl est une auteur de « Feel Good Books« . Vous savez, ces livres qui vous font sourire du début à la fin. Enfin, non. Vous ne pouvez pas savoir si vous n’en avez jamais lus. Ce qui était mon cas. Jusqu’à ce que les Editions Hélène Jacob me proposent de lire « Fifty-Fifty. Et toujours un grain de folie. » Bon. Pas mon genre de lecture mais pour ne pas mourir idiote, ou du moins essayer, je l’ai lu.

Dire que j’ai ri est au dessous de la réalité. Kathy a une plume pertinente et hilarante. Des mots qui font pouffer de rire; ne jamais lire un de ses livres quand vous lisez ou mangez. Vous risqueriez de vous étouffer.

Oui. J’ai aimé. Beaucoup même.

Et j’ai rencontré Kathy. Entre nous est née une relation d’amitié virtuelle. Surprenante.

Au détour d’une conversation, je lui propose d’écrire sur notre terrasse. Elle accepte.

Prend ce temps. Donne de son temps. Entre sa vie familiale, l’écriture de ses bouquins, elle prend ses aises ici.

Et puis… Au delà de ces activités-là, Kathy en a une autre. Une qui ne lui laisse aucun répit.

Une bataille quotidienne contre cette saloperie. Une bataille qui la laisse parfois exténuée. Mais toujours avec cette bonne humeur et cette rage de vivre, de sourire à la vie, qui ne peut que laisser admirative.

Son humour décapant est son traitement à elle. Sa façon de dire « NON. Je suis là et je le reste! ». Elle a tellement la pêche que vous oubliez souvent de lui demander comment elle va. Parce que de toute façon vous ne pouvez pas vous imaginer qu’elle puisse aller mal….

Elle m’a demandé voilà quelques temps, si elle pouvait écrire sur sa maladie.

Voilà son texte. Une magnifique leçon d’humour et de vie!

C’te classe que t’as ma Kathy!!!!!

(You know my LOVE for you…)

Nath.

 

« Tu as ressurgi un jour de septembre 2013, puissant, terrifiant. J’espérais un répit, pas toi, tu t’en foutais, c’est dans ta nature. Te revoir m’a coupé le souffle. Tu m’as violemment agressée. T’es revenu jouer les mouches à merde autour de ma tête, alors que je ne pensais qu’aux jolis pets de coccinelles.

C’est un jour de septembre 2013 « le premier jour du reste de ma vie » que j’ai décidé de me moquer de toi. Quelques jours plus tard, sortait mon premier livre : « Ce que femme veut… »

J’ai voulu porter plainte pour coups, blessures et harcèlement. « Impossible » m’ont dit les spécialistes. Il faudra désormais compter avec lui. Il y a de regrettables rencontres, mais on fait avec, on n’a pas le choix que d’en accepter les conséquences.

Tu croyais quoi avec tes idées noires ? Que j’allais me morfondre ? Jouer à la roulette russe ? Que nenni, j’ai décidé de rire, m’amuser et t’oublier. Alors j’ai continué à écrire : « Fifty-Fifty… », « Le cœur des femmes bat plus vite », « Déconfitures et pas de pot », « Ctrl + Q ». Tu voulais me stopper dans mon élan, vieille canaille ? Pas de bol pour toi, au contraire, tu m’as boostée !

Tu penses encore me flanquer la trouille avec tes foutus marqueurs qui jouent au yo-yo, ces fichus cocktails qui me rendent malade et cette terrible phrase inscrite sur toutes les poches de perf  : Date de fin du traitement : inconnue ? Eh bien non. Tu vois, au lieu d’être « terrassée » par la peur, j’ai rejoint Lila, sur sa terrasse, et je m’y sens bien.

Pauvre nodocéphale, tu veux ma peau, mais tu n’auras pas ma joie de vivre, ma feel-good attitude, mon vaccin anti-morosité et mes bulles de champagne !

Quoiqu’en réfléchissant bien, il y a des points positifs à t’avoir à mes côtés :

Je n’ai plus de mèches rebelles à discipliner, et Dieu sait si c’est ennuyant quand on est pressé le matin. Je peux me fendre la poire devant mon collègue qui raconte qu’il en a bavé sa race quand on lui a enlevé sa dent de sagesse. Je peux aussi snober la brigade des stups : « Monsieur l’agent, je fume des jolis cônes à des fins thérapeutiques ».

Et puis c’est grâce à toi que la vie, ma famille, mes amis et mes lecteurs me rappellent tous les jours que… mon cœur fait boum.

Tout compte fait, autant profiter de toi : foutu cancer, je n’en aurais peut-être pas d’autre. »

Kathy Dorl

(ci-dessous, clip de Boum de Charles Trénet)

 

 

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3 Commentaires

  • mpbardou@live.fr'
    Répondre Mpi Bardou 8 avril 2016 à 19 h 36 min

    Ma partner est la meilleure <3 Bravo à Lila pour cette chronique, et d'énormes bisous à Cathy

  • boucheragnes@orange.fr'
    Répondre agnesb62 10 avril 2016 à 10 h 35 min

    Cathy, ton récit me rappelle évidemment l’humour de Pierre Desproges, parti trop tôt à une sale époque où la médecine n’avait pas fait tous les progrès actuels, même si de toutes façons, chacun de nous sait que la vie a un terme, dont nous ignorons tout, et qu’il s’agit avant toute chose d’en profiter au maximum, dans le respect de soi-même et des autres… Bravo pour ton courage, ton humour, tes livres et quand même, t’as une foutue chance de pouvoir fumer des joints de manière légale… 😀

  • Angye_54@yahoo.fr'
    Répondre Sinesi 14 juin 2016 à 20 h 54 min

    Juste un mot:magnifique texte ahhhhhhh merde ça fait deux mots!! !mais je suis bavarde….avec lila on a parlé de toi Cathy aujourd’hui. ..toi que je ne connais pas….mais toi qui va M accompagner ce soir avec « DÉCONFITURE ET PAS DE POTS »je pense que si sur cette putain de terre les gens étaient comme toi aussi humble aussi courageuse aussi battante aussi positive que toi…..avec cette dose d humour et d auto dérision. ….la terre tournerait mieux. …sans haine et sans méchanceté. ….respect pour toi et comme dirait lila : »LOVE »😍

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