La Malle aux Livres

Octobre à moitié pluvieux rend le lecteur joyeux.

3 novembre 2016

Véritable dicton « Octobre à moitié pluvieux rend le labour joyeux. »

Les salopes de l’histoire – Agnès Grossmann

les salopes8 destins de femmes.

8 petites biographies romancées sur ces femmes qui ont marqué l’Histoire.

Cléopâtre, Messaline, La Reine Margot, Catherine II de Russie, Jeanne du Barry, Joséphine de Beauharnais, Madame Tallien, Mata-Hari.

Même notre scolarité, aussi médiocre en histoire soit elle, nous a fait rencontrer ces femmes, d’une façon ou d’une autre. Ici, Agnès Grossmann nous apporte une autre vision de ces époques. Des époques avec toutes ce point commun: rien n’était facile pour ces femmes. Elles ont subi le mépris de la société, le mépris des hommes, devant se battre pour ne pas être déchues ou reniées. Avec cette spécificité bien connue.

Toutes avaient une sexualité débridée, assumant complètement ce besoin quasi-insatiable de plaire et d’attirer des hommes dans leur lit. Peu importe leur âge: jusqu’au bout de leur vie, elles se sont offert ce plaisir charnel qu’elle aimait tant ou dont elles avaient besoin.

Même si elles ont aimé profondément, parfois d’un amour fou, elles se permettaient d’assouvir leurs désirs physiques avec d’autres, amants réguliers ou de passage.

Certaines étaient motivées par la politique et la soif de pouvoir, usant sans vergogne de leurs charmes et de leurs corps pour parvenir à leurs fins. D’autres étaient dans les coulisses du pouvoir parce qu’elles étaient devenues des favorites, courtisanes admirées ou décriées. D’autres, comme la Reine Margot (Marguerite de Valois) ont subi la politique, les manipulations, les jeux de chaise royaux, car, en tant que femme, elle n’avait absolument aucun droit de regard sur quoique ce soit. D’autres sont devenues à tort des légendes, comme Mata Hari qui n’a jamais été l’espionne implacable fusillée en 1917, mais juste une femme qui ne prenait pas conscience des conséquences de ses frasques.

8 leçons d’histoire plutôt très attrayantes qui remettent un peu certaines choses à leur place, car comme le dit si bien Agnès Grossmann dans sa préface :

On les a traitées de salopes, c’était le prix à payer pour leur liberté. Elles l’ont payé de bon coeur.

Cléopâtre, Messaline, Marguerite, Catherine, Jeanne, Joséphine, Thérésa et Mata-Hari n’étaient pas des femmes convenables.

Des salopes? Non.

De vraies femmes! Audacieuses et puissantes. »

 

La bibliothèque des cœurs cabossés – Katarina Bivald

1507-1Lorsque j’ai parlé de ce livre sur le mur FB de Lila, une lectrice m’a dit « C’est un livre-doudou ». Et bien voilà. C’est une jolie définition pour ce livre qui fait du bien, qui fait sourire et qui a effectivement un côté rassurant.

Sara, jeune libraire suédoise, et Amy, américaine assez âgée qui vit dans l’Iowa, correspondent, se confient leurs vies, leurs tracas, et échangent sur la lecture, le livre, le plaisir de lire… Au fil des mois, une véritable amitié épistolaire naît entre elles. A tel point que lorsque Sara perd son emploi, Amy l’invite à passer quelques semaines chez elle.

Sara traverse donc l’Atlantique avec une valise remplie de bouquins… Mais personne n’est là pour l’accueillir. parce qu’Amy est décédée. Et personne ne connaissait sa date d’arrivée… Quand elle arrive chez Amy, la maison est pleine: les habitants de la petite ville, venus rendre un dernier hommage à leur amie, après ses obsèques, prennent alors Sara sous leurs ailes. Un rien étranges, un rien envahissantes, un rien amusantes…

Et Sara va se plaire, finalement dans cette ville qui s’éteint lentement. Au point de vouloir lui offrir un cadeau. Une sorte d’hommage à Amy: avec tous les livres de la vieille dame, elle va ouvrir une bibliothèque/librairie… Et découvrir combien cette aventure va tous les transformer.

Katarina Bivald entérine ce que je savais déjà: la littérature scandinave est d’une richesse incroyable…

A lire absolument.

 

Crève-cœur – Nora Ephron

lecteur joyeuxFouinage mensuel chez Emmaüs… En voyant la couverture, je me suis dit « Tiens de la Chick Lit, ça fait longtemps. » Et puis, en lisant la 4ème de couverture, je me suis effectivement laissée tentée. Nora Ephron est la scénariste de « Quand Harry rencontre Sally »! Cultissime chez moi! Donc pourquoi pas… Si les dialogues sont aussi percutants et acides que ceux du film, je risque de bien rire.

Histoire universelle d’une rupture suite à une infidélité.

Rachel, enceinte de 7 mois, découvre que son mari la trompe avec une femme de son entourage. Elle va alors se rappeler leurs souvenirs, bons et moins bons, ponctués de visites à des amis communs en qui elle cherche un soutien, ou des conseils, et aussi ponctués de recettes de cuisine assez tentantes, Rachel, étant une célèbre chroniqueuse culinaire. C’est très drôle par moments. L’humour décapant de Nora Ephron nous arrachant des sourires même quand les situations sont tristes, voire pathétiques. Certaines longueurs alourdissent hélas le récit: certaines descriptions de leurs amitiés passées, ou de leurs situations de couple sont juste un rien inutiles, selon moi… L’ensemble reste cependant plutôt agréable… Un vrai livre pour poulettes, quoi!

La faim blanche – Aki Ollikainen

la faim blancheEn 1867, une grande famine frappe la Finlande.

Une famine qui décime la population pauvre… Pour survivre, Marja n’a d’autre choix que d’abandonner son mari à l’agonie et sa ferme pour se jeter sur les routes avec ses 2 enfants, Juhani et Mataleena. Des routes glaciales au cœur d’un hiver sans fin. Avec pour seul objectif de rejoindre Saint Petersbourg avant que la famine ne les laisse morts au bord du chemin. Ils deviennent alors des ombres dans ces cortèges de mendiants cherchant un quignon de pain, une assiette de soupe aussi claire que la neige cruelle et omniprésente, dans le désespoir et le plus grand dénuement, ne trouvant le réconfort que dans la chaleur relative d’une nuit passée dans une étable ou au coin d’un feu, à même le sol. Parfois, un acte de bonté éphémère qui laisse transparaître un infime espoir. Aussitôt balayé par un blizzard mortel. Mais il  n’y a pas que le froid qui tue: il y a aussi l’indifférence des notables, des paysans plus aisés qui les regardent avec un mépris certain et parfois une arrogance qui dépasse l’entendement.

« D’un côté il y a les gens des hautes sphères bouleversés face aux hordes de mendiants, craignant pour la tranquillité de leur petite vie molle. Ils tournent sur eux-mêmes comme des chiens chassant leur queue, exigent de l’Etat des fonds et des vivres à mettre sur les routes afin de calmer ces pauvres diables errants et de les faire rentrer chez eux. Et de l’autre, il y a ceux qui partagent votre avis parce qu’ils sont toujours  de votre avis. Ils ne savent pas penser par eux-mêmes, et il faut penser leurs pensées à leur place. »

C’est violent, noir, sans espoir ni concessions mais écrit avec une plume magnifique qui ne fait que confirmer l’importance et le talent des auteurs scandinaves qui savent si bien nous happer dans leurs histoires.

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry – Rachel Joyce

la lettreHarold Fry mène une vie austère et sans joie auprès de sa femme Maureen. Un mardi, alors qu’ils déjeunent en silence, une lettre arrive. Celle de Queenie, une vieille amie d’Harold avec qui il a travaillé voilà de nombreuses années. Elle lui annonce son cancer qui va lui être fatal, et quelques mots d’adieu… Alors qu’il va à la poste pour lui envoyer sa réponse, il prend une décision incroyable. La rejoindre, à pied, malgré les 800 kms qui les séparent. il part sans rien. Juste ce qu’il a sur lui. Traversant les villages, les villes, les campagnes vides, et envoyant à son amie des cartes postales lui disant qu’il arrive, persuadé que cela va l’aider à combattre sa maladie et guérir…

Entre l’incompréhension de son épouse, l’étonnement des gens à qui il explique les raisons de son périple, les difficultés rencontrées et l’espoir qui l’anime de voir Queenie guérir dans l’attente de son arrivée, Harold ne mesure pas ce qu’il a déclenché… Pour lui et pour ceux qui embrassent son projet fou. Alors qu’il est rejoint par des personnes en mal d’objectifs humanistes ou spirituels, il va apprendre, grâce à son périple, beaucoup de choses sur lui, sur sa vie passée, sur ses relations avec sa femme et son fils… Entre considérations « philosophiques » et flashbacks, on rejoint Harold dans cette quête incroyable. On assiste à la transformation d’un homme.

C’est beau, triste, joyeux mais surtout plein d’espoir. Un espoir en la vie, en ce que l’on est. Une forme de pardon envers ce que l’on a été, les erreurs commises et les raisons des échecs qui nous ont menées là où on est…

Un conte initiatique surprenant et d’une originalité indéniable…

Soul of London – Gaëlle Perrin Guillet

soul of londonPour ceux qui aiment les polars historiques et qui veulent découvrir un jeune talent prometteur  c’est ici!

Beaux rivages – Nina Bouraoui

beaux rivagesUn gros coup de cœur de cette rentrée littéraire! A lire absolument, que l’on ait vécu une rupture, ou pas. Ou pas encore… 

 

Les 4 saisons de l’été – Grégoire Delacourt

les quatre saisons de l'étéUn roman surprenant, emmêlant délicieusement plusieurs histoires… Quand un été prend des couleurs différentes…

Là où naissent les étoiles – Stéphanie Blanchard

Stéphanie Blanchard

Un  premier roman en auto-édition. D’une belle originalité et rempli de moments assez étonnants…

N’y descendez jamais! – Fabrice Liégeois

n'y descendez jamaisVous voulez faire comme moi, ne pas écouter et y descendre? Ok. Allez y! Mais faites attention, vous n’êtes pas certains de pouvoir remonter…. Un premier roman percutant et jubilatoire…. 

 

Harry Potter 8 ou l’enfant maudit  – JK Rowling

Harry Potter 8 bisEt vous? Vous avez déjà lu ce phénomène en librairie? Vous en pensez quoi?

Reflex – Maud Mayeras

reflexUn polar qui laisse le lecteur K.O… A lire absolument

 

 

1, rue des Petits-Pas – Nathalie Hug

1 rue des petits pasQuand Nathalie Hug se penche sur la vie dans la campagne lorraine et meurtrie, à la fin de la Grande Guerre, c’est glacial, bouleversant. Et magnifique. A lire absolument.

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