Mes Confidences

Petites confidences du soir… (1)

11 mai 2015

Voilà peu, Sophie vous parlait très justement du passage à la quarantaine…

Moi je viens de souffler ma 34ème bougie… Ah non merde!!! C’est 43! J’inverse souvent les chiffres… Je n’ai jamais été très mathématiques…

Nous sommes le dimanche 10 mai. Il est 20h44… Le soleil embrasse la cime des arbres de la colline en face de mon séjour… Je souris en regardant cette lumière orangée absolument magnifique.

Je repense à la journée que je viens de passer…

Et je souris.

Il nous arrive parfois de se poser des questions sur le sens des choses, de nos actes, de la vie. Des questions qui restent parfois sans réponses. Souvent même. Parce que nous n’avons pas assez de recul pour comprendre, savoir, analyser… Cela nous mine, nous rend perplexes dans certaines situations. Tristes. Amères. En colère…. Et puis…

Le temps… Toujours ce fichu temps…

Cette patience essentielle. Celle qui nous apprend à regarder les choses autrement.

Cette patience que l’on pense souvent ne pas avoir au fond de nous. Mais qui est pourtant présente.

Cette patience que l’on exècre parfois parce que nous aimerions comprendre, obtenir, avoir… Tout de suite. Sans avoir à attendre.

Cette impatience… Néfaste et mauvaise…

Cette impatience qui nous fait faire des choses que l’on regrette après.

Cette impatience qui nous conduit à des actes ou des propos désastreux, dévastateurs.

Cette même impatience que l’on ne voit pas, perdus dans nos pensées négatives, dans ces tourbillons de la vie que nous nous sommes créés… Parfois sans nous en rendre compte. Nos mensonges. Nos choix. Nos mauvais choix. Mais nos choix. Nous les avons faits. Ne les regrettons pas. Les regrets sont des boulets que l’on traîne pendant des années. Et qui nous empêchent de grandir. Ils sont parfois le fruit de cette impatience… « Si j’avais su… »

Mais nous ne savions pas.

Nous ne savions pas que quelques mois, années après, nous comprendrions.

Parce que oui. A un moment donné nous comprenons.

« Comment nous comprenons? »

Quand nous avons lâché prise. Quand nous avons accepté de jeter l’éponge et de nous poser.

Quand nous sommes à genoux. Que nous regardons derrière et que nous constatons l’étendue des dégâts… A ce moment précis, nous savons qu’il faut changer. Quand tout s’est écroulé autour de nous. Quand nous pleurons le soir, la tête enfouie dans nos oreillers. Nous surprenant à détester cette haine et cette colère. En nous demandant pourquoi. Pourquoi on est en colère contre les autres et surtout contre nous-mêmes. C’est à ce moment précis, oui, à ce moment précis, quand nous prenons  conscience de cela, nous savons, au plus profond de nous, que cela doit changer…

Commence alors un long, très long chemin vers l’apaisement… Oh je mentirais si je vous disais qu’il est facile ce chemin… Putain qu’il est difficile! Nous passons par des phases de culpabilité incroyable, de remises en questions, de doutes… Certains soirs, notre apprentissage de la patience nous arrache la gueule, le cœur, les entrailles. Parfois nous « replongeons », en donnant une importance aux choses qui n’en ont pas. Parce que c’est comme cela et que nous avons nos faiblesses d’humains…

Et puis, tout doucement, nous nous relevons. Nous acceptons nos erreurs. Nous acceptons l’idée de ne pas être quelqu’un de mauvais, mais quelqu’un qui a fait des mauvaises choses, des mauvais choix, à un moment donné. Et nous apprenons à grandir autrement.

Nous devenons patients. Tout doucement. Les petites choses du quotidien qui nous semblaient futiles deviennent des petits instants de bonheur. Le sourire d’un inconnu. Un papillon qui se pose près de nous. Les livres dans lesquels nous replongeons. Le sommeil apaisé que nous retrouvons… Et surtout… Surtout… Ce temps que nous apprenons à nous accorder, pour nous. Pour devenir celui ou celle que nous voulons être désormais. Ce temps pendant lequel on ne fait rien d’autre que souffler, penser à soi. Être seul(e) et remarquer que notre regard dans le miroir n’est plus aussi sombre. En sourire. Retrouver le goût des choses simples et belles. Se rendre compte que notre rire fait sourire magnifiquement nos proches. Réapprendre à les regarder dans les yeux et ne plus avoir honte du mal qui a été fait.

Et puis, des années après. Les questions trouvent des réponses. Comme une évidence. Nous n’avons pas vécu ce que nous espérions alors parce que ce n’était pas le moment. Parce que nous n’étions pas prêts. Parce que les choses étaient trop compliquées pour pouvoir donner quelque chose de beau, de sain. Nous avons fait des choix qui nous ont fait avancer et qui nous construisent doucement. Si complexes et excessifs qu’ils étaient, ils ont donné des choses différentes mais avec une autre valeur. Inestimable.

Si nous acceptons de vivre avec cette idée que nos choix furent difficiles, que nous avons été « mauvais » à un moment donné, nous avons gagné. Gagné la sincérité, l’apaisement. Et nous avançons avec la certitude que du plus grand mal peuvent sortir des choses magnifiques. Mais ce chemin est long.

La patience est la clef de cette reconstruction longue et douloureuse. Mais le jeu en vaut la chandelle, croyez moi. Je dis souvent que la vie est belle et qu’elle mérite qu’on la vive pleinement. Mais elle peut être laide, dure, violente parfois. Mais il ne tient qu’à nous de changer notre conception des choses pour en tirer le positif.

Aujourd’hui, à 43 ans, je suis apaisée. Sereine. Je sais ce que je veux. Ou presque. Et ce que je ne veux plus. Je ne veux plus cette colère, cette haine en moi. Je les refuse. Même si des zones d’ombre, de doute, de peur persistent de temps en temps, elles ne m’effraient plus. Je laisse le temps et la vie m’offrir ce qu’ils doivent m’offrir.

Je prends les choses comme elles viennent.

Oui je me mets encore en colère. Je râle. Je peste. (Je ne suis pas moine bouddhiste!) Mais je m’apaise vite. Je m’accorde ces pauses pour réfléchir, pour peser les choses. Et je pardonne, si pardon il doit y avoir… Renoncer à la colère est la plus belle preuve de sagesse. Je sais que certains vont sourire en lisant ces mots… Ouiiiiiiiii…. Je saaaiiiiissssss, je suis une râleuse hors pair… Mais cela passe aussi vite que c’est venu… Cela ne mène à rien, ne construit rien… Alors je laisse ces mauvais sentiments de côté et j’avance en souriant.

Si je suis sage? Si je suis forte? Je l’ignore… Je suis une chieuse de la plus belle espèce… Je m’enflamme encore beaucoup pour certaines choses… Je hurle contre les injustices de ce bas monde. Je suis tétanisée quand des mots ou des actes me blessent au plus profond de moi. Je suis capable de faire la sauvage et ne plus répondre au téléphone quand je suis de mauvaise humeur, ou pour éviter d’avoir à dire « Tu me fais chier » à celui qui en aurait pourtant parfois besoin…. Je perds parfois mes mots quand il suffirait de les dire. Je fais encore des erreurs.

Mais…. Parce qu’il y a un mais… J’aime. Au sens littéral du terme. Je ne hais point.

Il m’aura fallu des années pour en arriver là. Ce fut long et douloureux. Mais j’ai gagné l’envie de vivre. Vraiment. Pas survivre hein! VIVRE! Rire, sourire, croire, rêver, aimer, pleurer, douter… Toutes ces émotions qui font que nous sommes des êtres humains. Ces émotions qui nous font nous sentir vivants.

Pourquoi je vous écris tout cela? Pourquoi je vous confie cela ce soir?

Parce qu’autour de moi, j’ai des amis fabuleux. Des amis rares. Qui vivent des moments douloureux. Et  je veux leur dire que tous ces moments ne dureront pas. Que le temps apaisera tout cela… Et qu’ils ne sont pas seuls. Parce que dans ces moments terribles, ils trouveront toujours une main tendue pour les aider à se remettre debout. Sans toutes ses mains autour de moi pendant toutes ces années, que serai-je devenue…  Des mains timides, familières, hésitantes, discrètes, fortes, douces, surprenantes… Des bouées de secours dans une tempête que je ne maîtrisais plus, parce que je n’en étais pas capable… Et des mains qui ont été là aujourd’hui pour trinquer, des bras qui m’ont serrée contre eux, des regards lumineux et ressourçants… Pour tout cela, il faut accepter d’y croire…

Et j’ignore qui je dois remercier pour avoir la chance d’avoir une famille, deux enfants, des amis et des potes aussi extraordinaires… (Ouais bon ça va hein? Profitez car je ne vous le dirai pas tout le temps!)

Il est 22h47. La nuit est noire. Je ne distingue plus la cime des arbres depuis bien longtemps…

Je finis une coupe de champ’… (On n’assure pas les filles! On n’a même pas terminé la seconde bouteille!Enfin si…. Maintenant c’est fait…), puis je vais rejoindre un de mes amants… Ce sera Prévert ce soir…

Mais avant…

Je me permets de vous embrasser tous en vous serrant tout contre moi…

Et surtout… LOVE… Plus que jamais…

Nath

Partager sur…Share on Facebook0Tweet about this on Twitter0Google+0Pin on Pinterest0

Vous aimerez sans doute

4 Commentaires

  • natrado@aol.com'
    Répondre Nath'Nath' 11 mai 2015 à 17 h 54 min

    Toujours aussi touchante, émouvante,pudique … A la tienne ! Quand est ce qu’on trinque f###### bordel ??!

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 15 mai 2015 à 22 h 42 min

      Merci ma Nath…
      Un de ces soirs chez moi: pas trop le droit de bouger…..
      Gros bisous!!!!

  • didier.louvet84@orange.fr'
    Répondre Mouchette 12 mai 2015 à 12 h 00 min

    Avec un peu de retard je te souhaite un merveilleux anniversaire.
    Je me suis bien retrouvée dans tes mots… C’est bon de te sentir ainsi, de te savoir ainsi.
    Je te fais de très gros bisous.
    Amitiés.

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 15 mai 2015 à 22 h 40 min

      Merci ma douce Sophie, ma belle Mouchette…
      Je pense souvent à toi…. toutes ces années et toujours là à notre façon….
      Je t’embrasse très fort…. A bientôt!

    Laisser un commentaire