Mes Confidences

Petites confidences du soir… (4).

6 novembre 2015

Il est tard.

Très tard.

Je rentre d’une soirée avec ma chère et lumineuse Denise. Elle a 68 ans mais est sans doute plus jeune que la plupart d’entre nous. Une femme rare.

Un petit resto gastro sur Metz… (oui bon les faiseurs de blagues douteuses… GastroNOMIQUE…)

Une ambiance feutrée. Calme et douce.

Un patron pétillant. Délicat et souriant. C’est rare de nos jours… Sans doute dû à la passion qu’il met à faire son métier. Avec son épouse, cambodgienne, qui assortit les saveurs de son pays avec celles des nôtres.

De longues discussions sur la vie en général et les nôtres en particuliers…

Et ces phrases, entendues… Qui me laissent penser que la nature humaine est parfois désespérante.

Pardon? Souvent? Ouais…. Souvent…

Petit florilège?

« Tu ne trouves pas qu’Obama est moins noir qu’avant? «  (Il suffit de régler la luminosité de ta télé, connasse…)

« Il y a de plus en plus d’immigrés, on va en faire quoi? » (Les remettre à la mer?)

« La belle fille de mes copains vit avec un arabe, tu te rends compte? » (Valait mieux qu’elle ait la peste non? Au moins cela se soigne!)

« J’ai pris une grande décision: je me fais teindre les sourcils! » (Tu n’en seras pas moins laide, intérieurement)

Nous avons eu des fous rires. Jaunes, je vous l’accorde. La brochette en bois qui soutenait mes gambas et mes noix de St Jacques au gingembre et ananas (une tuerie ce truc! Avec des légumes grillés… Allez… Avouez… Vous rêvez que je vous y entraîne un de ces jours… Ok… Vous me dites et je réserve!) a fini en morceaux dans mon assiette. C’était cela ou un plantage dans un des yeux aux sourcils non teints…

Des couples sages, aussi. Qui comme nous (Enfin non, Denise et moi ne formons pas un couple, nous sommes bien d’accord? Juste un duo hors du commun) ont dégusté ces mets succulents en appréciant chaque saveur.

Des tables d’amis qui ont ri toute la soirée, se racontant leurs souvenirs de jeunesse. Ouais, je saaaaiiiis… Je ne suis pas curieuse mais ils parlaient fort… Et j’aime écouter les vies autour de moi.

Et au milieu de ces tables, le patron qui passe, a un petit mot amusant pour chacun et une bonhomie qui m’a donné envie de lui claquer un gros baiser sur ses joues rasées de près quand nous sommes parties, en le remerciant pour ce plaisir qu’il nous a donné en nous ouvrant des horizons culinaires différents.

Quelques pas dans un Metz illuminé, magnifique. Deux amies, bouche bée, devant le temple protestant et  la cathédrale, imposants et chargés d’histoire(s)… et qui se disent que la vie est belle, malgré tout.

Qu’elle est courte, alors profitons en.

Que tout ce que nous vivons, traversons, trouvera une explication. Un jour.

Que de toutes les beautés de ce monde, la conscience de cela est sans doute la plus émouvante.

Que je vais partir avec elle, d’ici quelques mois, dans ce pays dont je rêve. Me mettre à genoux devant des enfants dénués de tout, sauf de l’amour de leurs mères, violées, répudiées, seules et abandonnées de tous. Les regarder sourire. Leur parler même s’ils ne comprennent pas notre langue. Pas grave… Ils sauront mes regards. Et mes sourires. Mes larmes aussi sans doute. Emmener cette terrasse, un temps, loin d’ici. Le temps d’une belle réflexion. Le temps de tendre la main à ceux qui en ont tant besoin. Ou le temps que eux, me tendent les leurs, pour la même raison. Quelques jours hors de ce temps, justement. Je vous prendrai avec moi, ok?

Metz la nuit à travers les vitres de sa voiture. Nous arrêtons de parler quand elle me dépose devant chez moi.

Je monte les escaliers dans ce silence de la nuit, rempli de belles paroles. Et je souris.

Mon ordi n’est pas éteint. Je scrute ma terrasse… Tout va bien. Vous êtes là…

Ma boîte mail indique que plusieurs messages m’attendent. « Marie Claire Idées », je m’en bats les couettes. Des réponses d’un auteur aussi beau que drôle (dans ses réponses) et parfois terrifiant. Chouette! « Promo Sarenza », je m’en bats les couettes encore plus…

Et puis…

Un passage d’un roman. Un passage que je relis 5 fois. Qui a osé m’envoyer ces mots bouleversants? Je ne vous le dirai pas! (Et c’est moi la curieuse, non mais je rêve!) Ces mots qui résument beaucoup de choses. Ces mots que j’ai pas su trouver. Que je n’ai pas su poser. Ces mots qui me sautent au visage, à la gorge, aux yeux. Qui parviennent malgré tout à m’arracher un sourire. Parce qu’ils sont beaux. Tout simplement beaux. Comment a-t-il su? Deviné? Je l’ignore. Je ne sais pas quoi répondre. « Merci. Merci ». Cela suffira? Oui. (Je suis en manque de mots parfois… Dingue hein?)

Il est 00h35.

Demain, mes monstres m’attendent. Je me dois d’être en forme et présente. Bon… Je serai présente. Quant à la forme… Je ne sais pas pourquoi mais je sens que je vais regretter ce temps passé devant mon écran, dès la première alerte à la gastro (ENTERITE, ce coup ci!) d’un de mes loulous. Nous allons voir un « pestacle » demain. 20 mns à pied, de notre école. Donc si vous voyez passer, dans ma ville, deux koalas géants portant chacune deux mini-koalas, trop fatigués pour marcher, vous saurez que c’est Laura et moi… Et que rien ne vous empêche de vous arrêter et de nous aider dans cette transhumance culturelle, ok?

Et merde! Il est 00h45!

Je file!

Merci d’être là. Et de sourire.

Love. Infiniment.

Nath

(Arggggggghhhhh…. Réglages… Corrections de ces confidences tardives … Il est 01h07. C’est con… Nous aurions dû faire Halloween demain finalement. J’aurais eu la tête de circonstance… Sans maquillage en plus!!!! C’te classe!

Oui maman!!!! Ok! Je vais dormir!!!!!!!!)

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2 Commentaires

  • Répondre Yannick 10 novembre 2015 à 0 h 27 min

    Des confidences comme on les aime… Alors merci.

    • Répondre Lila sur sa Terrasse 10 novembre 2015 à 8 h 01 min

      Merci à toi…

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