Mes Confidences

Petites confidences du soir… (5)

4 décembre 2015

Hey… Ça va?

Vous savez quoi?

Je viens de me poser devant mon écran et j’ai une terrible envie de discuter. Mais comme je ne sais pas qui déranger à cette heure ci, j’ai décidé de vous parler à vous.

Mais de quoi? Alors là…

Cela ne vous arrive jamais d’avoir envie de parler, à quelqu’un en particuliers et d’être assez bête pour vous taire, une fois face à elle? Si hein? Ben moi souvent. Avec mes ami(e)s. Je crève d’envie de leur parler de tout, de rien, et puis une fois affalée dans leur canapé, ou installée autour d’une table, et bien je ne dis plus rien de ce que j’avais prévu. Parce que leur seule présence me comble, est rassurante.

Et bien là, c’est pareil…

J’ai envie de parler mais je ne sais pas de quoi. Comme si le simple fait de coucher des mots simples, sans envergure, me suffisait. Juste permettre à mes mains pleines de mots de voler un peu…

Bien, bien , bien… De quoi va-t-on parler? Enfin… Non… De quoi vais-je parler. Parce que mine de rien, dans la série « monologue », je ne me débrouille pas trop mal.

Vous avez une idée, vous? Allez… Faites un effort! Bon… Vous ne m’aidez pas non plus!

Ah ça y est! Je vais essayer un petit jeu! Je prends des livres au hasard sur mon bureau et je vous dis ce que m’inspire le titre ok? Pardon? Je dois vraiment me faire chier? Et bien non figurez vous! Je ne m’ennuie jamais! Ma vie est trop riche pour cela! J’ai envie d’écrire, mais je ne sais pas sur quoi, c’est tout! C’est dingue qu’il puisse y avoir autant d’esprits négatifs.

Voici donc mes livres en attente… Enfin… Une partie seulement…confidences du soir

Là, à cet instant précis, je me dis que mis à part vivre 258 ans, voire plus, je ne vois pas comment je pourrais faire pour lire ces livres et les milliers d’autres dont je rêve.

Ou alors je me trouve un vieux plein de fric qui va bientôt claquer, me laissant seule héritière de son immense fortune et hop, fini le boulot, à moi la lecture! Oui mais non. Pas possible. Déjà parce que je connais pas de vieux plein de fric. Et deux, parce que même pas en rêve, je ne saurais mentir et faire croire des choses, ou même les faire tout court tiens! Beurk!

Ou alors je pactise avec le Diable. Je lui donne quelques âmes et il me fait don de quelques décennies, voire siècles. Tentant cela. Mais pas possible non plus. Parce qu’il voudra des âmes pures et non des âmes déjà corrompues. Et que je ne peux pas lui donner de belles âmes, elles sont si rares de nos jours. En revanche, s’il est d’accord pour que je lui refile des âmes noires, infectes, menteuses, dégueulasses, j’en ai une sacrée liste. Et puis non. Je ne les lui refilerai pas non plus. Je vais lui pourrir son Enfer sinon. Donc NON.

Ah tiens! Edwy Plenel « Dire non »

Pas simple de dire « Non », vous ne trouvez pas? Moi j’ai toujours eu beaucoup de mal à dire « Non ». Parce que je suis trop bonne (trop conne, oui je sais, merci!). Jusqu’à ce que je comprenne que dire « non » est aussi une façon de dire « Oui ». Mais à moi même. Parce que c’est cela le plus important: être en accord avec soi même. Tant pis si cela déplaît, si cela froisse, si cela dérange. « Non » est un simple mot. Un mot que mes gamins à l’école emploient souvent et en les regardant évoluer je me dis que ce sont eux qui ont raison. Ils sont naturels. Ils ne tergiversent pas. Leur « Non » est souvent inattendu, sec, et vrai. Et moi j’adore! Parce qu’une fois que je l’ai entendu, je leur demande « Pourquoi non? » et qu’ils me l’expliquent, à leur façon, dans une discussion maîtresse/élève. Et j’avoue que parfois, ce sont eux les maîtresses/maîtres et moi l’élève. Nous avons beaucoup à apprendre des enfants; chaque jour qui passe m’en apporte des preuves irréfutables. Et il faut vraiment que notre société soit tordue pour vouloir à tout prix les faire rentrer dans des rails, « penser ça » « ne pas dire ci ». Les faire rentrer dans un moule. Moi je rêve souvent d’une école qui les laisserait dire « Non » et qui les encouragerait à rester eux mêmes, à affirmer leurs différences et leurs points de vue. Sans chercher à en faire des automates. Et qui redonnerait au « NON » ses lettres de noblesse. Franchement? Vous ne pensez pas aussi que nous acceptons trop? Dans notre vie privée, dans notre boulot, dans nos relations diverses? Par crainte. Par facilité souvent. Pour éviter les conflits? Mais en fait, en évitant les conflits, nous rentrons souvent en conflit avec nous mêmes. Essaimant en nous ces petites graines de ce qui a de plus laid dans ce monde: la peur, la haine, la colère, l’injustice. Il faut apprendre à dire « Non » avec bienveillance, avec cette certitude que ce simple mot peut engendre des discussions et un début de solution. Edwy Plenel, dans sa belle dédicace m’a écrit « Dans l’attente d’un oui à inventer tous ensemble ». Le contexte n’est pas le même, mais cette phrase est terriblement juste et vraie.

Voilà… Un second titre?

Joyce Maynard « L’homme de la montagne »

J’ai acheté ce livre suite à une interview magnifique de Joyce Maynard sur France Inter. Et non pas parce que je rêve d’un homme qui vivrait dans la montagne. Quoique…

Quand on y réfléchit… Un homme qui vivrait en dehors du temps, sans se soucier de la fourmilière urbaine à ses pieds, qui se contre-ficherait des apparences, qui saurait apprécier les bonheurs simples et véritables. Un homme pour qui les choses bassement matérielles du quotidien n’auraient aucun intérêt. Un homme qui lirait et avec qui je pourrais parler de mes lectures. Un homme qui me ferait oublier l’envie d’adopter deux chiens… Voir article suivant pour ceux qui n’ont pas suivi! Un homme qui ne mentirait pas ou alors juste sur l’heure pour ne me laisser quitter ses bras trop vite. Ce serait chouette hein? Promis, si un jour je le rencontre, je vous raconterai (j’espère juste que vous êtes patients et que je ne serai pas opérée de la cataracte avant…) Quand j’étais ado, je faisais de la rando avec mon oncle en montagne. J’adorais cela. Des heures de silence, avec pour seuls compagnons mon souffle court et mes rêves toute éveillée. Des montagnes escaladées aux aurores et avoir ce plaisir incroyable de déjeuner assis sur un rocher devant des paysages à couper le souffle. Ces vacances convenaient bien à l’ado rêveuse que j’étais. Un jour, nous avons croisé un berger et son troupeau. Comme tout bon montagnard qui se respecte, il nous a salué gentiment et a continué son chemin avec son troupeau. Plus tard, lors d’une pause, nous l’avons revu. Assis dans l’herbe et lisant. Je me souviens avoir pensé qu’il avait de la chance de lire tranquillement. Perdu au milieu de rien. Mais entouré de tout. Je ne me souviens plus de son visage. S’il était beau ou pas. Grand ou petit. Je me souviens juste d’avoir pensé qu’il avait de la chance. Et je le pense toujours…. Donc, homme de la montagne, qui que tu sois, si tu as un ordi, ou smartphone, une super connexion 4g dans tes vertes collines,  et si tu me lis, n’hésite pas à me laisser un message, ok? (Et si tu ressembles à Adrian Brody, Al Pacino ou Daniel Craig, tu peux en laisser 2!)

Un troisième? Ok, mais vous ne vous plaindrez pas du fait que je sois bavarde après!

Laura Kasischke « Esprit d’hiver »

L’hiver est une saison dont je raffole. Enfin non… Je raffole de toutes les saisons, en fait. Car chacune a un charme incroyable (AH! Vous voyez que je serai bien avec un homme des montagnes!). Chez moi, en Lorraine, les hivers sont rudes. Très rudes. Il faut supporter le froid, la neige, savoir rouler quand il y a du verglas, accepter l’idée que vos soirées sous votre plaid sont looooonnnngues, aimer être emmitouflée en permanence, penser à avoir du bois pour alimenter votre cheminée (je n’en ai pas malheureusement donc un souci en moins), regarder les terrasses vides de vos endroits préférés, se faire à l’idée que vos sorties concerts nécessitent un vestiaire dans la salle pour y déposer votre manteau, vos 3 chèches et vos 2 écharpes, continuer à regarder vos magnifiques forêts, dénudées et paraissant si fragiles, avec cette admiration qui ne se dément pas, essayer de ne pas perdre l’un de vos gants, avoir un second jeu de pneus dans le fond de votre garage, ne pas oublier de nourrir les oiseaux qui viennent sur vos rebords de fenêtres… Il faut être habitué à ces contraintes…

Et puis, il y a aussi ces choses que moi j’aime plus que tout en hiver… Le parfum des mandarines sur mes doigts, le vent glacial qui rosit mes joues et qui me fait parfois pleurer, la douce torpeur qui m’envahit quand je regarde la neige tomber en pleine nuit, les jeux dans la neige avec mes enfants, m’émerveiller devant les formes des flocons de cette même neige, les yeux de mes élèves quand ils jouent dehors dans cette poudre froide, les mugs géants de thé à la cannelle ou de chocolat chaud, les pains d’épices, les heures passées à cuisiner des plats réconfortants, la joie de rester chez moi à ne rien faire d’autre que laisser le temps s’écouler, l’impression que tout est au ralenti et que l’on peut enfin le prendre ce fichu temps… Oui… J’aime cet esprit d’hiver.

Bon… J’ai été assez bavarde ce soir. Non pas que je n’ai plus rien à dire, vous pensez bien… Mais j’ai encore de nombreux titres de livres très inspirants… De quoi bavarder pendant mes longues soirées d’hiver… A bientôt donc?

Je vous embrasse. Avec toute la chaleur d’une fille du froid.

Nath.

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Un commentaire

  • Répondre Au beau milieu de la nuit. - Lila sur sa Terrasse 15 janvier 2016 à 5 h 48 min

    […] rue. J’ai regardé si j’avais un mail d’un éventuel québécois ou d’un homme des montagnes. Mais rien. J’ai écrit. Un peu. Et là, je vais aller essayer de me reposer. Un peu aussi. […]

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