Mes Confidences

Petites confidences du matin… (8)

25 novembre 2015

Hey… Bonjour…

Vous êtes en forme?

Je ne sais pas ce que vous faites quand vous vous levez, mais moi, la première chose est de tirer les tentures opaques, coller mon nez contre la vitre de la fenêtre de ma chambre et de regarder dehors… Sauf que là, on ne voit pas grand chose… Trop de brouillard. Ma rue est une rue fantôme, vous savez comme dans les westerns, quand la rue principale est vide et que les boules de poussière, herbe, paille, roulent au milieu de la route et que l’harmonica et la guitare annoncent une arrivée qui va tout bouleverser…Sauf que moi ma rue est en pente, donc cela limite le passage des boules, et qui plus est, la seule musique est celle des voitures qui passent et il n’y a rien de bouleversant là dedans… Ah tiens, mon voisin sort déjà son chien… Il est aussi matinal que moi. Un petit signe! Oui! Bonjour! Il est gentil mon voisin… Il n’a même pas eu l’air effrayé en me voyant. Ou alors il est vraiment myope. Ouaip… Cela doit être ça, forcément… L’autre jour, il m’a dit alors que je le saluais et lui demandais comment il allait « Mais très bien quand je vous vois! Vous êtes aussi lumineuse que le soleil! » Passée l’envie de lui rouler une pelle monumentale (mais non, beaucoup trop vieux, pas mon genre), je l’ai remercié en lui faisant remarquer que ce n’était pas difficile de l’être puisque cet astre semblait alors avoir déserté notre belle région. Je me suis retenue de lui demander le nom de son ophtalmo et ses disponibilités pour un RV. Je l’aime bien lui… Nous échangeons des banalités mais toujours avec le sourire. Dans une rue comme la mienne. en ville, où il y a beaucoup de passage, ce n’est pas évident de discuter avec ses voisins. Les cadences infernales de nos vies ne nous laissent que peu de temps pour nous poser sur le perron et discuter. Ah oui! Il y a ce couple qui habite un peu plus haut… Des bikers, des vrais, cheveux longs, barbe et tatouages, toujours de noir vêtus…mais doux comme des agneaux avec de la gentillesse qui déborde du regard. Nous nous sommes tutoyés naturellement. Lui fait un peu bourru mais il lui est déjà arrivé de me demander « Ça va? », les yeux froncés et graves, en voyant les miens, pas joyeux ni rieurs. Nous discutons motos quand il bricole les siennes dans le garage à côté du mien. Elle est douce et avenante. Des gens bien. Discrets. Pas envahissants. J’aime ces rencontres qui resteront distantes ou pas, des amitiés naissantes, des beaux moments. Des vrais moments.

Ces vrais moments que nous devons vivre absolument. Ceux palpables. Ceux qui nous procurent de vraies émotions. Ceux qui nous donnent envie de regarder les choses autrement. Ceux qui nous donnent envie de nous déconnecter du monde virtuel et de nous reconnecter à la réalité. La vraie. Celle qui nous prend aux tripes et qui nous fait avancer. Le monde virtuel… Je suppose que des thèses ont déjà été écrites la dessus. Les réseaux sociaux… Notre accoutumance à ces likes et commentaires d’images, de statuts; cette habitude de cliquer sur l’icône bleue et blanche de notre téléphone sans même nous en rendre compte… Lila est sur FB. Grâce à cette page, vous êtes de plus en plus nombreux à nous découvrir. J’aime partager avec vous ces sourires quotidiens, ces images qui font rire ou réfléchir… Instagram car j’aime les belles images, les jolies photos… Vanda s’occupe de Twitter auquel je ne comprends rien! J’ai un compte Fb personnel aussi. Et je mesure souvent combien ces réseaux sociaux galvaudent les choses que nous voulons dire, que nous essayons de dire, que nous comprenons ou que nous voulons bien comprendre. Lire certaines choses puis lâcher le téléphone comme s’il était brûlant. Allez boire un grand verre d’eau. Se mettre à la fenêtre et réfléchir. Réaliser que tout cela n’est qu’apparences. Que la perfidie n’a d’égale que le mensonge chez certains. Que la méchanceté et la bêtise se véhiculent aussi bien que les bons sentiments. Et cela me navre.

Et puis prendre cette décision.  Me déconnecter. Arrêter de tout vouloir savoir tout de suite. Trop vite.

Réapprendre la patience. Ne plus répondre instantanément. Apprendre à poser les mots avec prudence pour ne pas blesser, pour ne pas laisser croire des choses qui n’ont pas lieu d’être. Regarder les vraies choses avec toute l’attention qu’elles méritent. Accepter que rien ne remplacera jamais un regard, un geste, une petite attention. Laisser le temps faire son ouvrage. Ne pas se focaliser sur LA phrase qui vous a fait mal. Et se dire que les lettres manuscrites avaient cet avantage: on réfléchissait longtemps avant d’écrire: pas de touche « del » ou « back space », pas d’icône « envoi » qui fait partir un message que l’on a à peine relu. Prendre une feuille et écrire, posément, avec réflexion et une certaine forme de sérénité. Bon, je vous l’accorde, écrire cet article en plusieurs centaines d’exemplaires est infaisable, (des photocopies mais quelle horreur!) cela me coûterait un rein en timbres, donc je continuerai à vous écrire ici, avec la certitude, malgré tout, que nos échanges virtuels m’apportent énormément et que je ne peux m’en passer. Et puis, comme diraient certains « Il faut vivre avec son temps »: je vais vivre avec le mien, à ma façon, en jonglant avec le virtuel qui fait que je partage ce que j’aime, ou pas, et la réalité qui fait ce que je suis, sans apparences, sans cette image que je renvoie, parfois à tort. Et cette phrase de mon ami Romain, sous une de mes photos FB: « Je t’aime, en vrai » est à elle seule, un bien beau résumé non? Et sans doute le déclencheur involontaire de cette décision.

Et puis, il faut bien avouer qu’un simple coup de fil est plus touchant qu’un SMS ou qu’un message via Messenger. Plus explicite.

« Tu étais très belle hier soir! 😉 » Que comprendre? En fait tu étais moche, mais  le clin d’oeil dédramatise tout cela, ou que tu étais vraiment belle et le clin d’oeil laisse supposer d’autres choses. Attends, je t’appelle, ce sera plus simple.

Ou alors « Tu viens avec nous ce soir » Absence de ponctuation. Forme interrogative ou impérative? (Excuses pour cette déformation professionnelle….). Attends, je t’appelle, ce sera plus simple.

Ou bien encore « Pk t pa MDR kan tvoi mai foto sur insta » Parce que, mon fils, je vais t’apprendre que massacrer la langue française comme tu le fais va te valoir un coup de pied magistral au derrière si tu continues! Attends, je t’appelle, ce sera plus simple.

Ou aussi ce petit smiley qui sourit gentiment. Euh… T’es content(e)? Tu souris pour quelle raison? J’ai dit ou fait une connerie? Putain, j’me sens débile parfois… Attends, je t’appelle, ce sera plus simple.

Ou ces longs SMS sans ponctuation. Ou écrits en abrégé. Honnêtement? Je ne les finis jamais. Attends, je t’appelle, ce sera plus simple.

Ou ces longues conversations avec vos amies, à plusieurs, Celles qui vont font sourire. Celles qui, quand vous prenez votre téléphone après l’avoir laissé un certain temps, sur une table ou une étagère, indiquent « 32 messages non lus » Arrrrgggghhhhhh….. Et que vous leur dites « J’ai pas suivi mais je suis d’accord! » avec ce petit smiley qui sourit… Attendez je vous appelle, ce sera plus simple.

Et puis il y a ceux que vous ne recevez pas. Parce que rien n’est simple, parfois. Et que comme le dit si bien votre ami Gé, vous êtes « une vraie conne », parce que vous n’osez pas en envoyer un, vous. Parce qu’au delà de ces mots, c’est le sens que vous allez leur accorder qui n’est pas simple. Ou le sens qui va leur être donné. Alors vous ne le faites pas. A tort ou à raison. Il vaut mieux s’appeler, c’est plus simple. Ou pas.

Bon… Le brouillard se lève. La lumière est rentrée doucement dans ma chambre. Nous sommes mercredi. Mes enfants dorment encore. Je vais me faire monter un café. Pardon? Non non! Pas couler: monter; je n’ai que des cafetières italiennes à pression. Ouais je sais, j’suis pas très moderne mais mon café au moins, a du goût. La vie réelle va reprendre son cours. Vous savez, cette vie qui nous apporte tant. Celle qui nous inflige des grands moments de joie ou des immenses gifles. Celle qui nous fait grandir, espérer, aimer, rêver, vivre… Celle que nous devons croquer à pleines dents. Réellement. Sans artifices. Sans mensonges. Sans faux semblants. Pleinement.

Je file… J’arrête là mes petites confidences du matin… De ce matin…

(Ah oui: petit aparté: ceux qui ont décidé d’essayer de démolir, de ternir cette terrasse par des inepties, par tout ce que je peux entendre, lire. Ou que l’on me rapporte. Vous savez quoi? Je vous remercie! Vraiment! Parce qu’en agissant ainsi vous me prouvez qu’elle a de la valeur ma terrasse. Et que vos critiques sont pour moi de beaux compliments. On envie, on jalouse, on critique ce que l’on rêve d’avoir. Quant aux mensonges que vous véhiculez, ils n’entachent que le peu de respect que vous accordez à ceux à qui vous mentez. Votre indifférence eut été une preuve d’intelligence. Mon indifférence à moi commencera donc dès ces 6 derniers mots posés. « Sincèrement: merci. Du fond du coeur.« )

Love. Encore et toujours.

Nath.

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