La Malle aux Livres

Quelque temps qu’il fasse en novembre, lis dans ta chambre.

2 décembre 2015
Photo de Marilyn Monroe lisant un script

Véritable dicton: « Quelque temps qu’il fasse en novembre, fais du feu dans ta chambre. »

Code 93 – Olivier Norek

code 93« Code 93 » premier roman d’Olivier Norek,  patientait sur ma pile à lire (Montagne à lire?) depuis un certain temps.  J’avais très envie de lire un bon polar, pour me changer de mes lectures habituelles, donc je l’ai ouvert. Et dévoré.

Tous les ingrédients d’un livre qui vous happe y sont. Personnages, intrigues policières et politiques, scènes de crimes innommables. Quelques notes d’humour bien senties. Oui, J’avoue avoir pouffé de rire à l’allusion: « Dr Maboul » lors du rapport d’une autopsie assez glauque pourtant. Fallait y penser.

Victor Coste et son équipe se retrouvent impliqués dans une série de meurtres violents. Avec juste ces indices: des lettres anonymes et ce « Code 93 » qui revient de façon régulière. Et la conviction  que les flics qui les entourent ne sont pas forcément intègres ni innocents. Un véritable panier de crabes. Des dossiers disparus. Des morts sans véritable identité, que personne ne réclame, sans sépulture décente pour ne pas avoir à les reconnaître. Sauf que… Un homme l’a reconnue, sur cette table d’autopsie. Ce cadavre tuméfié était sa sœur adoptive qu’il aimait plus que tout. Il manquait l’étincelle pour que tout explose? La voici.

Et c’est bon. Véritablement.

A découvrir absolument.

Territoires – Olivier Norek

territoiresAprès avoir lu Code 93, j’ai eu envie d’en savoir plus sur Coste et son équipe. Et puis parce que lire des polars, parfois, cela fait du bien. On se retrouve comme des enfants qui lisent des histoires « qui font peur ». Sauf que là, cela ne fait pas peur, non. C’est pire! Dans Code 93, nous découvrions Coste et ses co-équipiers aux prises avec un tueur effrayant. Ici, dès les premières pages, on plonge dans une histoire glauque, violente. Des mômes de l’âge de mon fils qui commettent des crimes immondes. Des magouilles politiques inconcevables. De la violence à l’état pure. Cette violence que nous ne cotoyons pas forcément. Que nous refusons de voir. Et que j’ai beaucoup de mal à accepter. Parce que si Territoires est un roman, je me doute bien de la véracité de certaines choses.

Des gangs qui se battent pour des bouts de territoires urbains. Ne lésinant sur rien pour parvenir à leurs fins. A cette guerre s’ajoutent des conflits entre les différentes corporations de la police. ce qui donne à ce livre un rythme effréné. Et qui fait qu’on ne peut pas le lâcher avant d’avoir tourné la dernière page.

Code 93 mettait en place les personnages, laissait entrevoir les intrigues de ces quartiers et nous annonçait la naissance d’un écrivain incontournable dans ce domaine. Territoires nous annonce qu’Olivier Norek n’a pas fini de nous surprendre. De nous asséner des heures de lectures haletantes. Parce qu’il maîtrise, et son sujet, et la plume.

Dans ta dédicace, Olivier, tu m’as écrit:  » Installe toi confortablement et regarde la ville brûler. » Je te le confirme. je l’ai regardée brûler. Exploser. Se consumer. Avec un plaisir incroyable. C’est ça le pire.

A lire ABSOLUMENT.

 

Apnée noire – Claire Favan

apnée noireOui, je vous l’accorde, ce mois est plutôt noir. Mais bon, on ne va pas passer une journée à « Seille de crime » à Arraye et Han, rencontrer des auteurs, et sortir les mains vides, sans envie de les lire. Vous plaisantez! Parce que c’est cela qui est terrible: vous les voyez, assis, derrière leurs tables, limite timides et réservés, vous parlant posément, buvant un verre avec vous, en plaisantant… Et puis, quand vous commencez à lire les 4ème de couverture, vous vous dites « C’est elle/lui qui a écrit cela? Naaaan….. ». Et bien si! Et plus que les autres, Claire Favan… D’un calme olympien, zen, souriante…

Et cette même auteur, vous entraîne ici dans une histoire qui a le mérite de vous tenir en haleine de la première à la dernière ligne.

Un cadavre de femme est retrouvé dans une baignoire, mains liées par de la cordelette bleue. Et une mise en scène aux détails troublants. Parce que ce meurtre ne peut être attribué qu’au tueur en série, Vernon Chester. Sans aucun doute. A un détail près: celui ci a été condamné à mort et exécuté voilà plus d’un an.

Megan Halliwell et Vince Sandino vont devoir travailler ensemble sur cette enquête. Car ce meurtre ne restera pas isolé, loin de là. Entre les accusations d’erreur judiciaire, les investigations qui ne mènent nulle part, les suppositions plus ou moins farfelues (Copycat? Envoûtement?…), ils vont devoir apprendre, et d’une, à se supporter, et de deux à oublier qu’ils sont des chevaux  lancés dans une course pour laquelle il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur: police locale ou FBI, s’ils veulent résoudre cette affaire.

Apnée noire vous emmène dans cette ambiance typique des petites villes américaines. Ces villes qui regorgent d’histoires cachées, honteuses. Celles dans lesquelles tout se sait mais rien n’est dit. Jusqu’au jour où un flic paumé et alcoolique arrive l’air de rien, avec des questions gênantes… Le début de la fin.

A découvrir absolument.

(J’arrête là pour les romans « noirs », j’en garde pour le mois prochain. Juste pour faire durer le plaisir.)

Comment braquer une banque sans perdre son dentier – Catharina Ingelman- Sundberg

97822662575103 femmes et 2 hommes, pensionnaires d’une maison de retraîte triste à mourir, décident de braquer une banque, pour partir vivre au soleil et mener une vie de pachas. Avec pour seules armes, leurs dentiers, leurs déambulateurs, leurs idées décalées et leur incroyable joie de vivre.

Férue de littérature suédoise, fan absolue ayant manqué de s’étouffer de rire en lisant Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson, je me suis dit que j’allais fondre pour cette histoire.

Et bien non.  J’ai aimé l’idée, les dialogues croustillants. Mais je me suis vite ennuyée. Je ne suis pas arrivée à la page 150. J’ai même essayé de lire en diagonale, pour voir. Même cela, je n’ai pas réussi.

J’ignore comment cela se termine. Je n’essayerai pas de continuer. J’en ai trop qui m’attendent.

Les lectures précédemment citées ont mis la barre haute au niveau lecture haletante; c’est sans doute pour cela. Il faut suivre le rythme… Désolée.

Arrive un vagabond – Robert Goolrick

arrive un vagabondRoman limite jouissif!!!! Si, si! Je vous assure!

Pour plusieurs raisons.

Déjà, l’univers des campagnes ou petites villes américaines de l’après guerre  me fascine toujours… Ne me demandez pas pourquoi… Sans doute le talent narratif de ces auteurs rencontrés au fil de mes lectures…

Et surtout par le talent de Robert Goolrick pour nous plonger dans cette histoire, au goût de cafés dégustés dans les rocking chair sur les terrasses en bois des maisonnettes, dans le vent chaud de l’été, dans la torpeur des journées de repos ou dans la gaieté des fêtes dominicales…

Ah oui…. Aussi… Pour la description de l’élégance de ces femmes qui, à l’époque, prenaient un soin tout particuliers à se vêtir comme des princesses, alors qu’elles étaient  loin de l’être…

Dans une petite ville paisible de Virginie, la vie avance doucement, réglée au son des cloches des différentes églises… Des vies paisibles, « droites » au chemin tout tracé, « dans la crainte de dieu et le respect des convenances »…

Puis arrive Charlie Beale, un « vagabond », qui va éveiller la méfiance de la population avant d’en devenir la coqueluche…

Il se lie d’amitié avec un enfant un peu spécial… Avant de tomber amoureux de Sylvan, femme-enfant sublime mariée de force à un vieux goujat, mais riche…

Et tout doucement, le roman nous entraîne dans une histoire belle mais périlleuse, dans laquelle on se laisse absorber, lisant jusqu’à la dernière syllabe, en étant convaincu d’avoir là, un petit bijou entre les mains… Tout y est abordé: la politique à cette époque, le racisme envers les noirs qui ont leur propre église, vivent à l’écart de la ville  et qui refusent de se mélanger au reste de la population (mais qui ont un rôle à part entière dans ce tourbillon littéraire), l’omniprésence de l’église dans la vie quotidienne, les différences hommes/femmes… Un roman d’une époque pas si lointaine…

Si l’on comprend vite que leur histoire d’amour sera difficile, voire un échec, la fin vous laisse sans voix, émus et bouleversés.

On referme le livre sur les derniers mots du petit garçon, Beebo, devenu vieux et narrateur de cette histoire, en souriant…

« C’est le récit de ce monde, l’album de votre petite vie, et lorsque vous ne serez plus que poussière et ténèbres dans la tombe, il racontera votre histoire. »

A lire AB-SO-LU-MENT!!!

Et aussi…

… Et ils vécurent heureux – Aline Baudry-Scherer

Aline Baudry-SchererPour ceux qui n’ont pas lu cette chronique, c’est ici...

 

 

 

 

 

 

 

Le Mur de Mémoire – Anthony Doerr

le mur de mémoireChronique en partenariat avec Le Livre de Poche; à découvrir ICI

 

 

 

 

 

 

 

Le Sourire du Clair de Lune – Julien Aranda

Le sourire du Clair de LuneUn livre à découvrir absolument… Ici…

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Un commentaire

  • Répondre Surtensions - Olivier Norek - Lila sur sa Terrasse 29 mars 2016 à 21 h 35 min

    […] Code 93 et Territoires, Surtensions ne fait que confirmer ce que nous avions compris en 2 romans. Olivier […]

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