La Malle aux Livres noirs

Reflex – Maud Mayeras

21 octobre 2016

 

Je referme Reflex de Maud Mayeras.

Sale goût dans la bouche et nœud à l’estomac, je ne me sens pas très bien.

Cela faisait une éternité qu’un polar/thriller/roman noir ne m’avait pas secouée de la sorte…

Pour être parfaitement honnête, j’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire : Maud tisse lentement sa toile. Mais une fois prisonnière, j’ai dévoré les 280 dernières pages et l’addition s’est avérée salée, très salée même !

Pour oublier son rire, j’ai tenté de comprendre ceux qui avaient cherché à l’effacer. Pour oublier son visage, j’en ai cherché d’autres plus abîmés. Pour oublier la douceur de sa peau, je me suis entourée de corps froids. Et pour oublier son odeur, j’ai choisi la puanteur de la mort.

 

ReflexIris, la trentaine, solitaire, bègue est photographe à l’Identité Judiciaire. Elle constitue un personnage principal pour le moins atypique, terriblement humaine, parfois crispante.

Cette femme frêle nous raconte son histoire, qu’elle distille par touches… Et je ne vous en dirai rien : il n’y a qu’elle pour le faire.

Ah ! Si… Peut-être… Elle commence la plupart de ses chapitres par des « Je n’aime pas » – quelques « J’aime » s’y glissant parfois.

En parallèle, nous remontons dans les années 1920, avec Julie et sa famille, dont la vie va tragiquement basculer lors du viol de la jeune fille. Nous suivrons ainsi son histoire et celle de ses descendants, nous demandant souvent où Maud veut nous conduire.

Mais elle sait Maud, elle sait même très bien… Et nous, pauvres lecteurs, ne savons rien, ne voyons rien arriver et restons sonnés, groggy et mal en point.

Je n’aime pas les lueurs vives du matin, celles qui rendent vos peurs moins visibles. Elles les planquent jusqu’à la nuit tombée, où elles vous abandonnent avec délectation à vos terreurs délaissées.

L’écriture est ensorcelante, envoûtante, un vrai régal à chaque ligne.

Les personnages sont finement ciselés, denses, troubles, parfois écœurants, souvent terriblement humains…

On ne posait pas de barrière dans le trou du cul du diable. Quand il avait décidé de semer la merde, il n’attendait pas l’assentiment des hautes sphères. Il fonçait.

Et avec une habileté de dingue, Maud construit une intrigue hallucinante qui nous happe, nous broie, nous laisse chancelants et sonnés…

Pour moi, ce soir, ça sera d’ailleurs un truc un peu fort dans le verre et très doux dans la liseuse…

Histoire de reprendre ma respiration…

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Un commentaire

  • Répondre Octobre à moitié pluvieux rend le lecteur joyeux. - Lila sur sa Terrasse 3 novembre 2016 à 10 h 56 min

    […] Un polar qui laisse le lecteur K.O… A lire absolument […]

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