Anonym'us

Trophée Anonym’us #20 – Noires de Crimée

15 février 2016

Vous ne regarderez plus jamais les tomates « Noires de Crimée » de la même façon…

Une nouvelle noire… Très noire…

Une joyeuse Saint Valentin! Hé hé hé….

15 juillet
Il fait une chaleur à crever et le sang bat à mes tempes. Treize heures s’affichent à ma montre. Écrasées par le soleil, les cigales font un boucan de tous les diables. Toi, tu marches sur la terrasse de long en large, tête baissée, comme un boxeur qui s’apprête à grimper sur le ring. Ta valise est posée dans un coin, avec ton sac à main juste à côté. Je te regarde sans oser te parler. Une mouche bourdonne autour de moi. Le moteur d’une voiture se fait entendre au loin et voilà que tu t’immobilises. Quelques secondes plus tard, le portail s’ouvre dans un grincement sourd et Franck apparaît. Il est là et vous allez repartir ensemble, c’est ce qui a été convenu. Lorsque tu m’en as parlé hier, j’ai même fait semblant d’être d’accord. Les choses sont simples et tu les as formulées à la manière d’un médecin qui annonce à son patient qu’il ne lui reste plus que trois semaines à vivre. Tu ne m’aimes plus, tu en aimes un autre et tu t’en vas. That’s all folks. Fin de la partie.
— C’est qui ?
Quand je t’ai interrogée, ma question t’a mise mal à l’aise et ta voix a tremblé au moment où tu as prononcé son nom : Franck.
Franck, un ami de longue date, notre ami à tous les deux. Le fait que votre liaison dure dans mon dos depuis des mois, c’est, comme on dit par ici, « le pompon sur la pomponette » ! La première fois que je l’ai entendue, l’expression m’a fait rire. Aujourd’hui, j’ai beau la répéter dans ma tête, elle m’arrache à peine un sourire.
Ça y est, on touche au but. Franck marche dans notre direction, la figure longue comme un jour sans pain, pas très fier de lui sans doute. Il porte une barbe de trois jours et une chemise à carreaux dont il a remonté les manches. Il lance un « bonjour » embarrassé et glisse ses mains dans ses poches. Tes yeux brillent, je devine que tu te retiens de lui sauter au cou. L’espace d’un instant, je me dis que vous formez un joli couple tous les deux.
Mon regard tombe alors sur la pelle adossée au mur de la maison et avec laquelle j’ai retourné un carré de terre la veille. Un trait de lumière se reflète sur la surface au métal sali, qui me force à fermer les yeux.
Ça me prend comme un coup de sang. Je saisis le manche de la pelle et frappe Franck à la tête. Il se fige, pétrifié par la surprise et la douleur. Ta voix retentit alors, couvrant la rumeur des cigales.
— ARRÊTE !
Mais je frappe à nouveau, et même de plus belle. Sur le visage, le ventre, le dos. Franck s’effondre sur le sol. Tu te mets à hurler comme une perdue, et plus tu hurles, plus j’ai envie de donner des coups. Quand tu tentes de m’arracher mon arme, je te frappe toi aussi. Par réflexe ou par rage. Tu tombes en arrière, inconsciente. Là-haut, le ciel est d’un bleu de carte postale, pas franchement raccord.    (…)
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