Le Coin des Mecs

Le Chemin… mais quel Chemin ?

Aujourd’hui, j’ai eu envie de prendre la plume, et de vous parler « du Chemin ». Et je remercie Nathalie de m’avoir donné cette possibilité !

« Mais de quel Chemin parles-tu, François ? » Le chemin de Saint Jacques de Compostelle…

Les raisons pour vous en parler sont multiples, entre autres l’envie de vous le faire découvrir (un peu, car on pourrait en parler des heures, et pour le connaître vraiment, il faut marcher …), de partager ce qu’il représente pour moi, et puis de parler de livres sur le sujet (nous sommes quand même sur un blog de lecture !!), mais aussi de DVD.

Je ne suis pas un grand randonneur et j’ai découvert sur le tard cette activité où l’on marche plusieurs jours de suite : jeune, j’ai marché avec mes parents, avec des copains (pour aller dans les Calanques de Marseille ou le massif de la Sainte Baume), avec mon ex femme et mes enfants du côté de Montgenèvre et la vallée de la Clarée, mais ces « randonnées » se faisaient sur une journée. Et puis, il y a 4 ans, sur les conseils d’un ami, je me suis attaqué (pendant une semaine) au chemin de Stevenson. Cette première étape m’a tellement plu que j’ai réalisé l’autre partie du parcours (environ 220 km en tout) en 2017.


A cette époque, le Chemin de Saint Jacques devait inconsciemment me faire peur (parmi ses multiples itinéraires, le plus classique qui part du Puy en Velay fait quand même 1500 km…). Et je me disais aussi que ce devait être un truc réservé aux croyants, voire aux bigots. L’avenir m’a montré que je me trompais totalement.


Mais le Chemin a quelque chose de magique, d’irrationnel, et en 2019, je suis persuadé qu’il m’a « appelé »… J’ai donc entamé, cette année là, mon parcours d’environ 220 km entre Le Puy en Velay et Conques. Et j’ai continué cette année : 260 km entre Conques et Lectoure.


Jean-Christophe Ruffin, écrivain et académicien, a parcouru un des itinéraires espagnols du Chemin (Le Camino Norte, il y en a deux principaux partant de France) et évoque, bien mieux que je ne saurais faire, tous les aspects liés à cette expérience dans «Immortelle randonnée», livre magnifique. Je vais essayer modestement d’en évoquer ici quelques uns.


Pourquoi part-on sur le Chemin ? Les raisons sont innombrables, et j’ai croisé tant de monde avec des objectifs différents qu’il est impossible d’en faire une liste exhaustive. Certains y vont suite à un décès (j’ai rencontré un gars – très sympathique- cette année qui a perdu sa femme il y a 9 mois, et ils avaient le projet de « faire » le Chemin ensemble. Il marche d’une traite sur le trajet Le Puy – Saint Jacques cette année). Sur ce thème, je ne peux que vous conseiller de visionner l’excellent film « The Way » avec Martin Sheen (un père part sur les traces de son fils décédé sur le Chemin. Très émouvant).

Mais il peut y avoir bien sûr des raisons religieuses (certains ont fait ce trajet plusieurs fois, ou en partant de chez eux, ou en réalisant le trajet total entre les 3 grands lieux de pèlerinage chrétien : St Jacques, Rome et Jérusalem), une envie de se retrouver, un défi sportif (j’ai croisé – pas longtemps, ils allaient trop vite pour moi – quelques gars qui traçaient à 6 km /h…), un retour vers la nature, etc …

Pour ma part, mes raisons sont multiples et pas forcément toutes conscientes : se retrouver soi-même, éprouver son corps (cœur, muscles, mais aussi ampoules !), avoir la satisfaction de se déplacer sans auxiliaire (vélo, voiture) avec le seul concours de ses jambes, faire corps avec la nature, changer de rythme (un «éloge de la lenteur »), prendre le temps d’admirer un paysage, une fleur, une source, le soleil levant, rencontrer des gens (c’est extrêmement facile, et j’ai noué des liens avec des personnes venant du Québec, de Normandie, de Nouvelle-Zélande, du Nord … mais aussi des gens qui habitent le long de cet itinéraire), se dire que l’on marche dans le pas de milliers de pèlerins passés par ce même Chemin au fil des siècles et qu’on se dirige là-bas au bout vers Saint Jacques, une quête de spiritualité aussi (je ne suis pas pratiquant fervent, mais je crois en Quelque Chose), le plaisir de traverser des villes ou des villages charmants (Espalion, Estaing, Conques, Figeac, Cahors et son pont Valentré), de découvrir des lieux chargés d’histoire (la basilique du Puy, l’abbatiale de Conques et son tympan, le cloître de Moissac), la visite des innombrables églises, etc. Si on part seul, on rencontre plein de gens comme je l’ai déjà dit, mais on n’oublie pas se proches pour autant, et cette année, deux doudous m’ont accompagné !!

Au pont Valentré de Cahors

Alors, si je vous ai donné envie et que le Chemin vous appelle aussi, ALLEZ-Y !!


Et petit conseil pratique : préparez vos pieds !! (chaussures de randonnée déjà utilisées – surtout pas des neuves ! », crèmes tannante et massante NOK…)


Pour finir, quelques autres livres :
– Deux autres livres que l’on m’a conseillés (mais que je n’ai pas encore lus, ils sont dans ma PAL) : « Le vestibule des causes perdues » et « Dis maman, c’est encore loin Compostelle ? » (avec un signe étonnant pour ce dernier : l’auteure a la double nationalité franco-péruvienne, comme moi … Il n’y a pas de hasard…); – Les guides de la Fédération Française de Randonnée (très bien faits) ;
– Le « Miam-Miam Dodo » dont le titre indique clairement ce que vous trouverez à l’intérieur…

Et comme on dit, que l’on soit marcheur ou pas, à un pèlerin : « BUEN CAMINO ! »

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6 commentaires

  1. Sonia-poncet@orange.fr'
    Sonia Poncet a dit :

    Tu as très bien expliqué l’appel du chemin et ses merveilleuses rencontres

  2. lydia.didelot@wanadoo.fr'
    François Didelot a dit :

    Merci beaucoup Sonia ! Bises

  3. didsga8591@orange.fr'
    SEGURA Didier a dit :

    Ton texte nous éclaire un peu sur ce que peuvent être les motivations du marcheur vers Compostelle ou ailleurs sur des chemins au long cours, chacun y trouve quelque chose et surtout comme tu le mentionnes, les rencontres sont riches et diverses, ce qui en plus des paysages traversés apportent leur lot de satisfactions de tout ordre. Alors ton parcours continueras sans doute vers de nouvelles contrées, en mode soft ! Bonne route à toi François.

    1. lydia.didelot@wanadoo.fr'
      François Didelot a dit :

      Merci Didier de ce commentaire,
      J’espère avoir donné l’envie à certains d’enfiler les chaussures de rando !!
      En tout cas, je n’ai qu’une hâte: poursuivre le Chemin !!
      Merci

  4. patrick.petit6201@gmail.com'
    Patrick PETIT a dit :

    Hello François, j’espère que la « lenteur » sur le chemin t’a définitivement reconnecté au rythme du divin à l’oeuvre sur ce chemin très particulier. Bonne continuation jusqu’à son terme, St Jacques

    1. lydia.didelot@wanadoo.fr'
      François Didelot a dit :

      Bonjour Patrick,
      Je ne sais pas si c’est le divin, mais ce qui est à l’œuvre sur le Chemin est de cet ordre: beauté et harmonie de la nature, retour vers un rythme plus humain, etc
      Et je n’oublie pas que c’est toi, lors d’une discussion matinale au boulot, m’a « mis sur le chemin de Stevenson », premier pas vers St Jacques.
      Merci mon ami
      François

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